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Trois sortes de sorcières

 

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La poubelle mécanique

Il y a longtemps, sur les bords du Nil, des égyptologues ont découvert une pyramide qui ne renfermait aucun trésor, mis à part une chose énigmatique qui ressemblait vaguement à une poubelle. Celle-ci était constituée d’une matière inconnue. Après des analyses approfondies, ils en conclurent que c’était bien une poubelle mais qui était dotée de toutes les capacités : voler, parler tous les dialectes connus dans l’univers, écrire, conduire, se transformer... Un seul indice permettait de l’identifier à tout moment, c’était une espèce de ceinture métallique douée de pouvoirs magiques.

La poubelle bénéficiait jusque-là du sommeil éternel mais la profanation des égyptologues réveilla les esprits maléfiques de Toutencamion et elle utilisa sa ceinture pour se rendre cruelle. Les découvreurs étaient algériens et ils transportèrent la mystérieuse poubelle dans leur pays, à Civilville, la ville des gens civilisés. Ils voulaient mieux l’analyser avec du matériel sophistiqué. Mais un matin, en entrant dans leur laboratoire, ils découvrirent avec consternation que la poubelle s’était volatilisée.

Roger et Gertrude, deux retraités, qui cherchent à rédiger un article pour le journal associatif de leur club du troisième âge, découvrent à la une du journal " Chapeau Léon et Botte de cuir " : " Disparition d’une poubelle fantastique dans un laboratoire de Civilville ".
Ils plongent illico dans leur coccinelle rose ornée d’étoiles vertes, leur automobile toute déglinguée qui dégage des étincelles et de la fumée noire. Ils sont munis d’un fusil tire-bouchon, de pièges à loup, d’un pistolet à glu et de deux rouleaux de papier-toilette en cas de besoin pressant.Après une journée de recherches effrénées, ils finissent par se rendre au fameux laboratoire à l’entrée duquel ils relèvent un filet d’huile verte qui coule sous la porte. En le suivant, celui-ci les conduit jusqu'à la frontière lybienne où les douaniers les stoppent.

 

Au moment de présenter leurs papiers d’identité, Roger et Gertrude se rendirent compte qu’ils les avaient oubliés. Espérant berner les garde-frontières, ils leur montrèrent la carte d’adhérent à leur association. Mais les douaniers ne se laissèrent pas enjôler et ne goûtèrent point la plaisanterie.
- Vous ne pensiez quand même pas nous blouser avec ces bouts de papier ?
- Non, mais avec ça oui ! menacèrent Roger et Gertrude en dégainant chacun leur pistolet à glu à prise ultra-rapide.
- Mais qu’est-ce que ces engins ?
A peine avaient-ils eu le temps de manifester leur étonnement que les fonctionnaires se trouvaient figés sur place, mains collées sur leur étui à pistolet et chaussures rivées au sol. Après avoir franchi cet écueil et réalisé le pétrin dans lequel ils s’étaient fourrés, nos deux débutants du journalisme sautèrent dans leur vieille berline et écrasèrent la pédale d’accélérateur. Non sans avoir pris auparavant la précaution de lever la barrière de la douane pour ne pas abîmer un peu plus leur vieux tacot déjà bien mal en point.

Cependant, fière de sa ruse, la poubelle s’est échappée pour s’immerger dans la Méditerranée en se transformant en sous-marin ultra-polluant. Elle souille ce sublime paradis bleu en rejetant des tonnes de déchets.
Surpris par ce désastre, les touristes désertent les stations balnéaires bordant la Méditerranée. Il n’y a jamais eu une aussi forte pollution, sans que l’on en sache la cause.
Chaque jour, plus d’une tonne de déchets est ramassée sur les plages. Les pays concernés, devant l’ampleur de la catastrophe, sont obligés de se concerter pour lancer un plan de dépollution. Mais le coût de l’opération contraint les gouvernements à augmenter les impôts. Les pays européens et africains finissent par se renvoyer la balle les uns vers les autres. Les pays africains réclament des aides financières à la communauté économique européenne (CEE), insinuant que le problème vient des pays européens. Les pays européens non frontaliers de la Méditerranée protestent vigoureusement. On frôle la guerre. Bref ! La poubelle maléfique a réussi son coup. Elle décide poursuivre sa vengeance en filant vers le pôle nord, avec l’idée de faire fondre les glaces pour provoquer une montée des eaux océaniques qui serait fatale à certaines régions littorales.

Pendant ce temps, Roger et Gertrude, qui avaient perdu le traces de l’huile verte, allaient de ville en ville pour tenter de retrouver les scientifiques. Le téléphone arabe vint à leur secours. Dans un village, au cœur du Sahara libyen, ils allèrent s’approvisionner en boisson. Au moment de régler leurs achats, ils surprirent la conversation dans le jargon local, entre la marchande et une cliente. Heureusement que Roger, qui avait beaucoup voyagé, avait des connaissances linguistiques suffisantes pour comprendre ce qu’elles disaient.
" Vous avez t’y entendu, y’a des p’tits innocents qui sont entrain de moisir dans une cave. Ah ! C’est y pas malheureux.
- Mais, qui c’est ? Où ça ? intervint Roger.
- Avant d’ vous l’ dire, qui êtes-vous d’abord ?
- Nous sommes des retraités qui préparons un article pour notre journal associatif.
- Ah ! Ben, ce sont des chercheurs qui ont été retrouvés emprisonnés dans un hôtel d’Alger.
Roger et Gertrude s ‘acquittèrent au plus vite de leur dette, oubliant même leur monnaie. Ils s’engouffrèrent dans leur vieille carcasse qui ne démarra pas du premier coup et que Roger dut pousser. Pied au plancher ils reprirent la direction de la frontière algéro-libyenne. Ils empruntèrent une piste au milieu du désert pour éviter de rencontrer à nouveau les douaniers qui leur avaient causé quelques difficultés à l’aller. Manque d’essence ! Ils tombèrent en panne. Obstiné, Roger se résolut à pousser la voiture. Il commençait à s’épuiser quand ils rencontrèrent une caravane de nomades. Ils troquèrent avec ceux-ci leur attirail de défense contre deux chameaux qui les tractèrent jusqu'à la station-service la plus proche. Là, ils échangèrent à nouveau les chameaux conte des réserves suffisantes de carburant afin de parvenir sans encombre à Alger. Le lendemain, après une nuit blanche, tout fourbus, ils atteignirent enfin la capitale algérienne. Ils téléphonèrent dans au hasard dans différents hôpitaux algérois et retrouvèrent la trace des égyptologues dès le troisième appel. Sans tarder, ils allèrent les consulter.
Une fois à l’hôpital, il y a foule de journalistes. Fatigués par leurs péripéties de voyage, nos deux reporters décident d’aller piquer un bon somme et de revenir pendant la nuit. Ils atterrissent dans un hôtel qui leur coûte la peau des fesses. La nuit tombée, après un repos mérité mais interrompu par leur mission, ils s’emparent d’une échelle qu’ils vont poser sous la fenêtre des égyptologues. Surpris, ceux-ci n’ont pas le temps de crier car Roger et Gertrude leur font inhaler du chloroforme. Ils vont dénicher des habits d’infirmier dans la lingerie, empruntent deux brancards pour passer inaperçus jusqu’au parking où les attend leur fidèle tacot.
Parvenus au laboratoire, les égyptologues ne se réveillent pas tout de suite. Ils dorment toujours comme des loirs. A leur réveil, Roger et Gertrude les rassurent aussitôt sur leurs intentions. Les deux égyptologues comprennent très vite et acceptent de les aider. Les deux retraités leur demandent comment ils se sont retrouvés dans une cave à vin.

" Au cours de nos recherches, nous avons découvert que la poubelle avait des capacités surprenantes. Ainsi elle s’est constitué une armée à qui elle a ordonné de nous empêcher de la retrouver. C’est comme ça que nous avons été abandonnés dans ce trou. Ils leur livrent aussi certaines de leurs hypothèses : " Premièrement, nous supposons que c’est la poubelle qui a causé la pollution de la Méditerranée. Deuxièmement, nous pensons qu’elle ne va pas s’arrêter là et qu’elle va poursuivre sa vengeance en accomplissant de nouvelles catastrophes. "

A suivre ...

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Les feuilles

Les feuilles jouent de l'harmonica

Qui a l'air un peu fada.

Puis elles enlèvent leur pantoufles de cristal

Et s'allongent sur une plate-forme animale

Vous les verriez

Dormir sans se réveiller

Pensant tantôt aux devoirs,

Tantôt à boire.

Mais maintenant, sans les réveiller,

Nous allons les laisser rêver.

Emmanuelle K

Le vent

Le vent souffle dans mes cheveux.
Les fait s'élancer vers le ciel bleu.

Le vent fait voler les feuilles mortes.
Qui sont de toutes sortes.

Pourquoi le vent est-il transparent ?
Ca on ne le sait pas.

C'est une histoire de l'au-delà.

Amélie

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Trois sortes de sorcières

Il n’y a pas si longtemps, dans la rue Bidochon, aux numéros seize, dix-huit et vingt, vivaient en mauvais voisinage trois sorcières aux caractères très différents.

Sorcière n°1 : Mademoiselle Georgette Dugrosnez, sorcière traditionnelle, trois cent quarante-quatre ans. Caractère : vantarde. Sorcière n°2 : Mademoiselle Marie-Diable Tripleverrues, sorcière d’autrefois, soixante-deux ans. Caractère : maniaque. Sorcière n°3 : Mademoiselle Jennifer Delabros, sorcière moderne, vingt-quatre ans. Caractère : branchée. Elles étaient toujours en conflit car elles voulaient savoir qui était la meilleure. Mademoiselle Dugrosnez se vantait de tout savoir après avoir englouti un mélange de sang de chauve-souris et de vers de terre qui lui avait donné un esprit surhumain et même " sursorcier ". Mademoiselle Tripleverrues, très près de son corps mais aussi très maniaque, passait son temps libre dans son salon de beauté personnel et quand elle n’y était pas, elle rangeait sa cuisine. Mademoiselle Delabros était punk. Quand elle ne concoctait pas ses potions, elle passait son temps devant la télévision à s’empiffrer de pop-corns.

Un jour, en lisant le magazine " Sorcières de tous temps ", nos trois sorcières virent crit en gros caractères : "  CONCOURS DE SORCELLERIE ". La réactionde la sorcière n°1 fut : " Foi de chauve-souris décapitée ! Que vais-je bien pouvoir préparer dans mon chaudron ? " Celle de la sorcière n°2 fut : "  Foi de cuisine mal rangée ! Que vais-je bien pouvoir mijoter dans ma marmite ? " Enfin la sorcière n°3 s’écria : " Foi de télé mal branchée ! Que vais-je bien pouvoir décongeler dans mon micro-ondes ? "

 

Dans sa cuisine, Mademoiselle Dugrosnez mitonna une potion pour changer les princes en crapauds. De son côté, Mademoiselle Tripleverrues concocta un mélange pour avoir des cheveux plus brillants. Quant à Mademoiselle Delabros, elle fit bouillir une huile spéciale pour réparer son scooter en quatre secondes.Quelques temps après, elles se rendirent ensemble au concours de sorcellerie, tout en s’insultant. Après avoir fait chacune leur démonstration, elles allèrent dans les coulisses pour attendre de savoir qui serait la gagnante...

Enfin on annonça : " Mademoiselle Dugrosnez, première, gagne trois millions et un superbe chaudron en or massif ! Mademoiselle Delabros, deuxième, gagne deux millions et un chaudron en argent ! Mademoiselle Tripleverrues, troisième, gagne un million et un chaudron en bronze ! "

Maintenant qu’elles avaient trouvé qui était la meilleure, elles pouvaient se réconcilier et partirent toutes les trois en Norvège grâce à leur récompense.

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