Chapitre 3

Bordeaux Mérignac,

résidence des Lilas,

chez Monsieur et Madame Folchard Henri

14-12-2001, 7 h

Le réveil sonne, Christine Folchard se lève. Elle essaye de faire le moins de bruit possible, pour ne pas réveiller Henri, qui dort dans la chambre d’amis. Comme à chaque fois qu’il est d’équipe de nuit, à l’aéroport de Mérignac, lorsqu’il rentre à 1 heure, il a l’habitude de s’y coucher pour ne pas la réveiller.

Christine prépare le petit déjeuner pour ses enfants et pour elle: deux chocolats chauds pour eux et son café. Ils déjeunent et elle emmène ses enfants à l’école. Lorsqu’elle revient chez elle, elle ne se soucie de rien, elle va dans la salle de bain, comme chaque matin, pour ramasser le linge sale et faire tourner la machine. En râlant, elle constate que le bleu de travail de son mari n’est pas à sa place, sur le dessus du panier. Elle se dit: " Où a-t’il encore fourré sa cotte, je vais encore la retrouver roulée en boule sous le lit avec ses chaussures pleines de terre. " Elle s’attaque à la pile de repassage en chantant sa chanson habituelle: Too much " des Space Girls, au bout d’un moment, elle se rend compte qu’il manque l’accompagnement habituel de la batterie (les ronflements de son mari). Elle pense alors que son mari a dû remplacer un de ses collègues et enchaîner deux services de suite, elle regarde la pendule, il est 10 h 30. Normalement il devrait être rentré. Elle vérifie dans la chambre d’amis, personne.

Elle téléphone alors à Madame Braton, la femme d’un des collègues de son mari.

-Bonjour, je suis bien chez Claire Braton?

-Oui, c’est pourquoi ?

-Je suis la femme d’Henri, mon mari n’est pas rentré, est-ce que le vôtre est chez vous?

-Non, il n’est pas encore arrivé, je commence à être inquiète.

-Bon, alors je téléphone à Madame Clairon.

Elle raccroche le téléphone et compose le numéro de Madame Clairon.

-Bonjour, je suis bien chez Clarisse Clairon ?

-Oui.

-Mon mari, Henri Folchard, n’est pas rentré. Est-ce que le vôtre est chez vous ?

-Non, il n’est pas encore là, je commence à être inquiète.

-Bon, je vais appeler l’aéroport.

Elle raccroche et compose le numéro de l’aéroport.

-Allo ! Je suis bien à l’aéroport de Mérignac?

-Oui, c’est à quel sujet ?

-Mon mari, Henri Folchard, n’est pas rentré à la maison, ses collègues non plus, est-ce qu’ils sont toujours là.

-Attendez, Madame, je regarde leur planning. Ils ont terminé leur service à 1 heure cette nuit, après avoir vérifié le vol AF-309… Bon sang de bonsoir, c’est l’avion qui s’est écrasé sur le Feldberg…

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