Le samedi 28 mai 2005
Rencontre avec des collègues du mouvement Freinet flamand

à midi : repas coopératif

de 14 à 16 h

Comment gérer des classes hétérogènes ?

à l’Autre école
place Govaert, 1
1160 Bruxelles


Le samedi 24 avril 2004
Rencontre avec Bernard Collot :

Vers une école du troisième type
ou La pédagogie de la mouche

à l’Autre école
place Govaert, 1
1160 Bruxelles

Qui est Bernard Collot ?

Instituteur Freinet, maintenant retraité, Bernard Collot a enseigné longtemps en classe unique et a toujours défendu l’existence des « petite structures ». Fondateur du réseau Marelle et des CREPSC (Centres de recherches des petites structures et de la communication) il n’a cessé de s’intéresser à ce qui interagit dans les groupes peu nombreux.
Confronté à l'hétérogénéité, il a été amené à développer des pratiques, issues de la pédagogie Freinet et des pédagogies actives, basées essentiellement sur la communication, à reconsidérer un certain nombre de conceptions sur la construction des personnes et des groupes, des compétences,... à théoriser sur ses propres pratiques autour de cinq grands axes : hétérogénéité, petites structures, communication, environnement, espace et temps.
www.marelle.org

Une école du 3ème type ou "La pédagogie de la Mouche"

Ce livre ne peut que donner des boutons à Luc Ferry : l'école qu'évoque Bernard Collot est à la fois centrée sur l'enfant, coopérative et ouverte sur le monde. Elle s'oppose donc à la sacralisation des contenus, à la logique de compétition et au recroquevillement sur la culture classique qu'a choisi d'incarner l'actuel ministre en charge de l'éducation. Mais cette " école du troisième type " se démarque également des " méthodes dites actives ", qui cherchent à concilier démarche de projet et respect des programmes. À l'inverse des modèles qui prétendent tout prévoir puis tout contrôler, la " pédagogie de la Mouche " préconisée par Bernard Collot est en permanence ouverte aux multiples opportunités éducatives que peut offrir l'irruption inopinée d'un diptère dans la salle de classe.
Le fantasme "ferryen" d'un retour à des alignées d'élèves écoutant, les bras croisés et en silence, la leçon d'un maitre craint et admiré souffre d'être tout simplement irréaliste. L'intérêt de cette pédagogie de la mouche est que Bernard Collot l'a réellement mise en œuvre, notamment pendant les vingt ans qu'il a passés dans l'école à classe unique de Moussac, un village de cinq cents habitants des confins de la Vienne. Mieux : cette pédagogie, que Célestin Freinet a initiée dans les années 1920, inspire également le fonctionnement de dizaines d'écoles, situées pour la plupart en milieu rural et qui communiquent entre elles au sein du réseau Marelle (site Internet : www.marelle.org). Au regard des grilles d'évaluation de l'Éducation nationale, les résultats des élèves concernés sont tout à fait satisfaisants. Et pourtant ces grilles n'accordent aucun bonus au plaisir de la découverte, au sens de la solidarité ou à la qualité de la relation avec l'adulte.
Ceux qui ont vu Être et avoir, le très beau film que Nicolas Philibert a consacré à la classe unique de Saint-Étienne-sur-Usson (Puy-de-Dôme), ont peut-être en mémoire le rituel de début de journée qui voit les élèves entrer puis s'assoir tous en même temps, au commandement du maitre. Jusqu'à ce qu'il parte en retraite, en 1996, Bernard Collot faisait au contraire vivre à ses élèves une " entrée individuelle " dans la journée. Certains étaient déjà là à 8 h 15, quand lui-même arrivait. Les plus petits, ou celui que le père avait oublié de réveiller avant de partir au travail, ne pointaient le bout du nez qu'à 9 h 15 ou 9 h 30. Une fois dans l'école, chacun était libre de sa première activité : bricoler dans l'atelier son, prendre des nouvelles des copains, peaufiner un programme informatique, inspecter le jardin, relever la messagerie électronique… " Cela n'a l'air de rien, et pourtant, ce simple fait a des conséquences immenses, sur la façon dont les enfants perçoivent l'école comme sur l'engagement de la journée, la disponibilité du maitre, la quiétude, les relations entre enfants… " Ce " simple fait " illustre par ailleurs le refus d'une école privilégiant le dressage et la normalisation, au profit d'une organisation collectivement construite. Face à une telle subversion, Luc Ferry ne sera surement pas le seul à faire des cauchemars ! De son côté, Bernard Collot continue à travailler sur ces pratiques "qui n'ont l'air de rien" dans le cadre du Centre de recherche sur les petites structures et la communication (Crepsc), dont il a été un des cofondateurs en 1985. Son livre est riche des expériences et des réflexions que lui-même et bien d'autres ont développées. Dommage simplement qu'il ne soit pas diffusé gratuitement à 800 000 enseignants. Il faudra en parler au prochain ministre de l'Éducation…

Éditions L'Harmattan - décembre 2002 - 330 pages - 26,50 €.
(texte repris du site internet www.ruralinfos.org)

Ce texte est écrit en orthographe nouvelle (www.renouvo.org)













Voir aussi "Formations"