Les dossiers pédagogiques de
lEducateur Lorganisation
de la classe maternelle |
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SOMMAIRE
Une journée de classe :
- en petite section (M. Meynier)
- en moyenne section (C. Capoul)
- en grande section (C. Capoul)
Une classe enfantine au jour le jour (G.
Hillairet)
Une journée en classe unique maternelle
(M. Giraudeau)
A bâtons rompus... (G. Clément, M.
Pradier, C. Dupont, M. Thomas, J. Dandiné, M.-J Nicolas)
Propos sur le "papillonnage" (S.
Artins)
Quelques aménagements de classes
- une classe de petits (M. Barré)
- une petite section (C. Capoul)
- une section moyens-grands
Organisation pratique des ateliers (H. Maudrin)
Les volumes de rangement (S. Artins)
Comment alimenter les ateliers
Plannings et bilans (M.-J Nicolas, M.
Thomas, C. Capoul, M. Meynieu, S. Artins)
UNE JOURNEE DE CLASSE EN PETITE
SECTION
MATIN
8 h 30 - 10 h :
Ateliers (ouverts à la demande des
enfants)
- peinture
- dessins au tableau noir
- découpage
- collage papiers
- graphisme sur tables au stylo bille
- graphisme sur plan vertical avec gros
stylos feutre
- musique
- jeux sur table (écrous, chevaux, boîte
aux lettres) au sol (cubes, camions) dînette, poupées.
- balance
- jeux de position (cartes)
REALISATIONS :
- 3 peintures (taches de couleur)
- 2 dessins au stylo feutre
- 5 collages papiers
- 1 collage de skaï
- des pesées de pots remplis de bouchons
(ceux-ci sont triés par couleurs), de marrons, de glands: équilibres.
Lorsque nous rangeons les ateliers à 10
heures nous prenons 5 minutes pour regarder les réalisations. Nous reprendrons avec un
petit groupe les tris de bouchons.
10 h 30- 11 h I5:
Danse (Nous sommes dans une école à 6
classes, la salle de jeux nous est attribuée à heures fixes).
a) On apprend tout d'abord à se
déchausser et à mettre seul ses chaussons de danse.
b) Jeux de rythmes, pour cela nous
utilisons des bouteilles de plastique.
Chacun recherche seul, puis nous faisons
comme Bénédicte : marche en tapant avec le plat de la main sur la bouteille, comme
Isabelle: en frappant avec son doigt le fond de la bouteille, comme Nathalie: en frappant
la bouteille au sol.
c) Jeux de position (avec les bouteilles)
devant - placer la bouteille derrière de soi à côté
d) Connaissance de son corps sur la tête
- mettre la bouteille sur l'épaule sur la main sur le pied sur les genoux Pour tout cela,
nous avons 2 temps : un temps de recherche libre (seul) puis je retiens quelques
positions, rythmes et nous les reprenons, tous ou un petit groupe.
e) Danse libre avec des arceaux.
f) Puis nous nous rechaussons et nous
rangeons les chaussons (l'un dans l'autre).
APRES-MIDI
14 h :
Arrivée d'un colis des petits amis ; dans
ce colis il y a :
2 collages - papiers
1 bateau en terre glaise
3 graphismes
1 peinture
2 boîtes de sucre candi
Les enfants décident alors d'aller aux
ateliers pour terminer les graphismes et le collage et pour faire eux aussi des collages,
des peintures, des graphismes pour les correspondants.
D'autres ateliers sont aussi demandés
- jeux d'eau
- jeux sur table
- bibliothèque
après 16 h: Nous mangeons les bonbons
envoyés par les petits amis.
16 h 20: Nous faisons le point sur ce qui
a été fait dans la journée.
16 h 30: Observation d'un petit chien
apporté par la maman d'une petite fille.
Monique MEYNIEU
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UNE JOURNEE DE CLASSE EN MOYENNE SECTION
La classe fait partie d'une école à 6
classes, dans un quartier périphérique de Bordeaux. C'est une moyenne section.
8 h 20 : Les enfants sont accueillis dans
la salle de jeu. Certains étaient à la garderie depuis 7 h 30.
8 h 30 : Passage aux privés, puis entrée
en classe, mais les arrivées s'échelonnent jusqu'à 9 h.
Ces moments favorisent le langage
spontané entre enfants, entre enfants et maîtresse.
Chaque enfant a à sa disposition une
dizaine d'étiquettes avec un signe le représentant.
A l'entrée en classe, pendant un bref
moment d'échanges où la maîtresse rappelle le travail en train et les projets
élaborés en commun, chacun réfléchit au travail qu'il désire faire, puis va chercher
une étiquette qu'il accroche sur le plan de la classe (voir chapitre: planning -
contrôle).
Puis chacun va s'installer. Il n'y a pas
de responsable pour préparer les ateliers. Les premiers enfants qui vont peindre,
installent l'atelier peinture, etc. Le soir, c'est l'inverse qui se produit. Le travail en
ateliers se poursuit jusqu'à 10 h, heure de la récréation.
10 h 30: Nous disposons de la salle de jeu
à ce moment-là. Nous y chantons avec les enfants d'une petite section, puis nous y
dansons (ou faisons du jeu dramatique, etc.) jusqu'à 1 1 h 30.
de 14 h à 15 h 30: A nouveau, travail aux
ateliers. S'il fait beau, la cour est à notre disposition de 15 h à 15 h 30.
de 16 h à 17 h : Regroupement collectif
pour un examen des travaux réalisés, ou un projet à discuter (séance de « coopérative »), ou regroupement
pour conte, cinéma, ou jeux libres.
Des moments collectifs viennent couper les
temps de travail aux ateliers quand:
a) une observation est motivée par
l'apport .d'un enfant (ou de la maîtresse). Ce fut le cas ce 29 janvier ;
b) un enfant
- a préparé une « conférence »
- veut exposer une découverte en
mathématique ou autres
- a inventé un chant, une musique, une
histoire qu'il veut faire connaître au groupe-classe ;
c) un envoi arrive des correspondants ;
d) la classe a besoin de mettre au point
un projet sans attendre le soir.
Bien entendu, pendant ces temps de
regroupement, chaque enfant est libre de rester à un atelier, poursuivre un travail
commencé, à condition que ce soit à un atelier non bruyant.
Donc les activités individuelles
s'articulent avec des travaux de petits groupes (de 2 à 6 enfants travaillant ensemble
seuls ou avec la maîtresse) et la vie du groupe-classet mais le tout de façon très
souple, sans horaire ou programme pré-établi.
Voici maintenant le compte rendu d'une
journée prise au hasard, celle du vendredi 29 janvier 1971.
1) Travaux poursuivis :
a) grande peinture, par Bernard et Pascal
b) crayons-feutres, cartes d'invitations
pour une réunion de parents et amis des groupes scolaires du quartier,
c) histoire de Denis.
Le mercredi, celui-ci avait commencé un
dessin libre ainsi :
c'est moi qui veux attraper le soleil.
c'est la pluie, la neige.
le soleil, il pleure.
il veut qu'il s'en aille.
je vais me promener avec le soleil et
après je le mets dans le ciel.
le soleil pleure plus.
il est content.
Ce jour, il refait le même dessin et je
lis le commentaire à la classe, pensant qu'il pouvait être le point de départ d'une
histoire inventée.
Ce fut le cas - elle sera polycopiée et
illustrée pour le journal scolaire.
2) Travaux nouveaux proposés par la
maîtresse :
a) Véronique fait de très jolis soleils
aux crayons de couleurs. Je lui propose d'en faire un sur un format 30 × 50 cm pour un
texte de lecture. Ce qu'elle fait' j'écris le commentaire en gros :
« le papa rencontre le soleil et la fleur
».
b ) Les anniversaires: nous fêtons les 3
ans d'Isabelle, de la petite section, les 5 ans de Pascal, de chez nous.
A cette occasion nous mettons en service
un panneau ainsi conçu :

Le signe de chaque enfant est dessiné sur
un carton qui est fixé dans la colonne adéquate par un ruban de scotch.
Le jour où nous fêtons l'anniversaire
d'un d'entre eux, l'heureux élu détache son signet le fixe dans la nouvelle colonne et
je trace la flèche indiquant qu'il avait... 4 ans... et maintenant qu'il a ... 5 ans.
3) Travaux nouveaux proposés par les
enfants
a) Nathalie apporte plusieurs étoiles de
mer avec un hippocampe. Elle les observe un moment avec Pascal, puis nous avons un temps
collectif :
Nathalie explique :
« A la plage, à Andernost
il faisait froid,
il faisait plein de vent,
on s'amusait avec Chrystèle et Pascal,
Stéphanie, elle, était en bateau,
on était loin, loin, loin. »
Suit un long entretien.
Une réflexion nous oriente vers un
travail mathématique :
Au tableau bas qui est devant nous, Pascal
dessine le contour de sa main tandis que Bernard dessine le contour d'une étoile, et nous
établissons les correspondances entre chaque doigt et chaque pointe.
« L'étoile a 5 bras comme nous, 5
doigts. »
b ) Corinne me dit: « Isabelle aura 3
mois demain ».
D'habitude, je lui écris « sur le cahier
de sa petite sur » et elle l'illustre.
Aujourd'hui elle me demande: « Je
veux le dire à ma petite amie », Au début de la semaine, en effet, 3 enfants m'ont
demandé un correspondant individuel.
c) En danse, nous faisons tout un ensemble
de jeux de rythme, à partir d'une proposition de Jean-Michel.
Puis nous reprenons le jeu dramatique en
train, d'après une histoire de petit cheval inventée avant Noël.
4) Travaux qui auront des prolongements
les jours suivants
a) A l'atelier calcul, Philippe et
Stéphane ont inventé des figures avec les formes géométriques d'une boîte KLM.

« Le train ». Je leur dis de
montrer leur travail à leurs camarades.
Les jours suivants, plusieurs enfants
inventeront des figures nouvelles.
b) L'histoire de Denis provoquera d'autres
inventions :
- le commentaire d'un dessin de Corinne,
le lendemain,
- un chant libre de Pascale, 8 jours
après.
c} Denis avait terminé son histoire ainsi
:
« Après je rentre à ma maison,
tout seul
il y a mon petit chat ».
Sa maman attend un second bébé et
j'ignorais s'il était informé. Aussi je lui avais dit :
« Mais bientôt tu ne seras pas tout seul
». Ce à quoi il m'avait répondu :
« Et après, il y aura mon bébé ».
Le vendredi suivant, je relis aux enfants
l'histoire de Denis. Celui-ci enchaîna: « Ma maman, elle va avoir un petit bébé ».
Réflexion qui provoquera un long échange sur la naissance des bébés.
d) Durant le jeu dramatique, les enfants
m'ont demandé, ce jour :
« Il faut une musique pour faire danser
les arbres. Peut-être une musique de vent ».
Je leur proposerai « La danse des sylphes
», un extrait de la damnation de Faust, d'Hector Berlioz.
5) Travaux en train, pas repris ce
vendredi
a) Peintures individuelles de grandes
maisons pour le jeu dramatique.
Chrystèle a peint la première en début
de semaine, Denis en commencera une le lundi suivant.
b) Grande tapisserie qui nous servira de
circuit d'autos.
c) Monotypes pour affiches pour la
réunion déjà citée: Yvonne et Jean-Michel en ont fait mercredi, d'autres enfants
viendront à cet atelier le samedi.
Récapitulation du travail aux ateliers
(d'après le plan avec signes)
- dessin: 15 enfants (dont 4, 2 fois)
- écriture: 9 enfants (6 sur classeur, 3
pour les amis: 1 individuel, 2 collectifs)
- lecture: 8 enfants
- calcul: 14 (dont 3, 2 fois et seulement
2 filles)
- peinture: 8 (dont 1 fille, 2 fois et 1
seul garçon)
-jeu d'eau: 4
- tableau bas: 7 (dont 1, 2 fois)
- crayons feutres sur plan vertical: 3
- encre de chine: 6 (dont 1 fille, 2 fois)
- menuiserie: 6 (dont 2, 2 fois)
- collage de bois: 7
- terre glaise: 4
- découpage-collage : 6
- livres bibliothèque: 9
- jeux de cubes et coin poupées: 10.
3 enfants sont allés à 2 ateliers: 1 est
nouveau de la veille, un 2e est resté très longtemps à la peinture, le 3e
avait l'air fatigué.
3 enfants sont allés à 7 ateliers: un
par « papillonnage », un est le plus jeune de ma classe, encore « bébé », le 3e
est très rapide mais ce qu'il fait est bien fait.
4 ateliers n'ont pas été fréquentés :
couture, imprimerie, musique et déguisement.
Claudine CAPOUL
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UNE JOURNEE DE CLASSE EN GRANDE SECTION
8 h 40 : Installation des ateliers.
8 h 50 : La maîtresse a apporté des
jonquilles.
Entretien collectif :
a) On parle des jonquilles (développement
de l'observation, langage)
b) Intérêt né d'un récit de Franck :
« Moi je suis allé au manège je suis
monté sur un cheval qui se balançait toujours. » L'imagination des enfants continue :
« s'il était en vrai ?
- il m'emmènerait chez moi
- il irait au tiercé
- il sauterait la barrière », etc.
9 h 15 : Travail aux ateliers :
- peinture
- encre de chine
- crayons feutre
- découpage
- écriture (copie du texte de Franck ou
travail individuel avec fiches)
- imprimerie: texte du mercredi (plusieurs
dessins représentent des jonquilles, le cheval, le manège).
10 h 30 : Danse en liaison avec
l'entretien : le petit cheval marche, saute, court, galope, puis danse en vue de la
kermesse : le retour des cosmonautes.
Chant.
14 h: Moment collectif de mathématique,
d'après une réflexion de l'entretien :
« il y en a beaucoup des jonquilles,
comme des enfants ».
M. Françoise : « il faut donner chaque
fleur à tous les enfants ».
Dominique: « et comme ça, on verrait
s'il y a plus de fleurs ou plus d'enfants ».
Notions
- de correspondance: à chaque enfant une
fleur,
- de quantité: plus que, moins que,
autant que.
14 h 30: Ateliers: confection d'un album
pour les correspondants avec des jonquilles et le texte issu de l'entretien, et ateliers
déjà cités.
I5 h - 1 5 h 30 : Gymnastique en plein air
I6 h: Observation du travail fait dans la
journée et décision pour le travail à poursuivre.
Cl. CAPOUL
UNE CLASSE ENFANTINE (4 - 6 ans) AU JOUR
LE JOUR
Mardi 7 avril 1970
1. En travail collectif :
- expression corporelle
- mariages (moment de math)
- réunion coopérative pour décider du
travail.
2. Nous avions reçu un texte des
correspondants. Les enfants ont décidé de le lire tout de suite.
3 Emission de télévision « La petite
nigérienne », commentaire ensemble.
4 Ateliers mis en place par les enfants
suivant leurs désirs :
- peinture
- découpage
- collage
- carton
- lecture
- écriture (2 ateliers : texte personnel,
recherches )
- math
- eau
- balance
- craie d'art: atelier réclamé en
revenant de l'émission de télé par ceux qui veulent dessiner Fofo santon la petite
nigérienne (3 ou 4). Il y a eu coupure à la récréation et reprise au retour.
En math, la recherche de 2 enfants sur
notre nouveau tableau, a suscité un moment collectif sans que l'on se dérange de son
atelier.
Critique
Nous étions tous très absorbés. L'heure
des mamans est arrivée sans que nous ayons eu le temps de faire le bilan.
J'étais assez satisfaite, mais je pense
constamment à la critique de notre camarade psychologue: « travailler à côté ne veut
pas dire travailler ensemble).
L'après-midi, nous avons repris ces
ateliers avec en plus :
- encre de chine
- menuiserie
- dessin au tableau
- envoi aux correspondants (notre travail
de math)
- dînette
- poupées.
Remarque: Plusieurs enfants sont allés à
l'atelier lecture-écriture mais pas en math. Si je suis disponible pour la lecture et
l'écriture, en même temps que pour la sollicitation des ateliers artistiques et manuels,
je ne puis l'être pour l'atelier math (j'ai 35 enfants !)
Après la récréation nous nous sommes
regroupés pour faire le bilan: nous en éprouvions le besoin.
Samedi 11 avril
1. Expression corporelle dans la cour :
Recherches individuelles mais souvent à
2.
Un jeu naît, proposé par l'équipe de
Joel : le train. On doit définir les règles, la discussion est animée.
2. Notre album: « Visite à la tannerie
» est terminé. Nous passons un moment ensemble, je lis le commentaire: au passage on
reconnaît son dessin; ceux qui le désirent retrouvent cet album à l'atelier lecture.
3. Nous décidons les activités suivantes
:
- imprimer le texte: atelier imprimerie,
- certains veulent écrire à leur
correspondant : atelier correspondance,
- dessiner le partage des gâteaux :
atelier math,
- écrire le texte: atelier
lecture-écriture,
- dessiner: atelier dessin stylo bille,
- découper: découpage-collage,
- jouer: légo, poupées,
- terminer l'illustration de la lettre
collective.
4. Moment de regroupement pour l'envoi à
Onesse : on choisit de beaux dessins à l'encre de chine.
Après la récréation nous nous
retrouvons pour la projection des vues de la ET sonore sur Vlaminck. Les enfants
commentent les peintures, font des comparaisons, sont impressionnés par les couleurs.
Critique :
Trop de dispersion, j'envisage de proposer
aux enfants des travaux en commun. Ce matin il a manqué « la socialisation du
travail ».
Lundi 13 avril
Il y a peu d'enfants (22) aujourd'hui en
raison de la grève des parents. Quel calme! Je peux mieux m'occuper de chacun. Je note
peu d'enthousiasme pour les ateliers intellectuels, mais beaucoup vont à la
correspondance.
J'abandonne peu à peu l'entretien libre
que je trouvais trop destiné à la maîtresse et j'avoue influencer les enfants en
encourageant le texte individuel qu'on écrit, qu'on lira, qu'on choisira parmi d'autres
pour imprimer.
Dans la crainte d'une trop grande
dispersion, nous nous regroupons vers 11 h I5 pour un bilan des ateliers du matin, une
sorte de mise en commun du travail réalisé. Nous avons envisagé avec les enfants des
dessins et collages à plusieurs, nous essaierons.
Après-midi, nous avons cessé les
ateliers à 15 h 30. A 16 h nous nous sommes retrouvés pour un petit bilan.
Il me semble que c'est nécessaire et les
enfants aiment présenter leur travail.
Mardi 14 avril
Matin
A l'atelier correspondance: beaucoup
d'enthousiasme.
A l'atelier lecture-écriture : travail au
cahier de vie; on relie le texte, on l'illustre; pas de texte individuel.
On va plus volontiers à l'atelier math :
grand travail de Marie-Pierre et de Nadine sur le classement de nos poids, après la
visite médicale.
Ce travail est présenté aux camarades et
la discussion réunit tous les enfants.
L'arrivée d'un paquet des correspondants
nous a réunis à nouveau. Je note que les lettres reçues ont bien sûr motivé plus
profondément l'atelier correspondance.
De belles réalisations à l'atelier
collage : individuel, collectif (grand collage de Christia et Josiane).
La peinture est un peu délaissée pour un
jeu de légo tout neuf.
Après-midi :
Pas de critiques importantes: il n'y a que
26 enfants (malades), à plusieurs reprises au cours de mon papillonnage d'un atelier à
l'autre, je mets en valeur une réalisation, ou je demande l'aide des camarades occupés
ailleurs pour quelqu'un en panne, au lieu de donner, moi, la solution (recherche en
lecture ou math par exemple) .
A 16 h nous nous retrouvons pour faire le
bilan et aussi pour goûter la langoustine que nous a apportée Gilles; elle a été
observée et dessinée par quelques-uns.
Lundi 20 avril
Il me semble que les enfants ont mieux
respecté les décisions prises coopérativement, peut-être parce qu'ils en ressentent la
valeur, le bien fondé.
Ils sont venus spontanément à l'atelier
lecture-écriture, écrire leurs textes.
L'atelier math a été bien fréquenté
avec la réalisation de l'arbre individuel (famille avec branches pour papa-maman,
pépé-mémé).
La recherche sur les moitiés (découverte
de la moitié pendant la recherche des absents: les absents petits, ça fait juste la
moitié des absents grands, a dit Marie-Pierre).
Outre le travail aux ateliers habituels, 4
enfants ont travaillé à tour de rôle à dessiner Séez pour envoyer aux amis du Fayet.
Notre regroupement se fera autour de ce
dessin, plan où les enfants se situeront. Après les ateliers de l'après-midi nous
présentons le travail et je ressens la joie des enfants, heureux de montrer et de
commenter leurs réalisations. Tous ceux qui sont venus écrire leur texte, l'ont
raconté.
J'ai lu un album de la bibliothèque
enfantine et on a rêvé tout fort sur le petit escargot que Nadine héberge.
G. HILLAIRET
UNE JOURNEE EN CLASSE UNIQUE MATERNELLE
J'ai voulu organiser ma journée de classe
de façon assez souple pour que :
- tous, grands ou moyens, puissent
accéder aux différents ateliers au moment des activités libres,
- les petits soient occupés, assis et le
plus silencieusement possible, durant le moment du langage, conversation (ce qui ne veut
pas dire qu'ils en soient exclus) ou de lecture des grands,
- les grands aillent aux activités libres
des coins dînettes, poupées constructions... sans pour cela délaisser les ateliers plus
sérieux de travail individuel de lecture ou calcul,
- la succession des activités ne
nécessite pas trop de déplacements.
Grands et moyens participent aux mêmes
activités sans différence, sauf pour la lecture, écriture, calcul. Les petits ont un
autre rythme de travail mais, en fin d'année, ils se mêlent volontiers aux ateliers des
plus grands.
Voici donc le déroulement de la journee :
9 h-9 h 15: Accueil, passage aux WC appel
pour la cantine (en réalité ce moment se prolonge jusqu'à 9 h 30).
9 h 15 et 9 h 40: Activités libres aux
différents ateliers. Au fur et à mesure de leur arrivée en classe, les enfants
s'installent là où ils veulent et où ils trouvent de la place. Quelques-uns, ont le
temps d'aller à deux ateliers.
9 h 40: Chant et jusqu'à 10 h 10 :
rythmique.
10 h 10 - 10 h 30 : Langage - exploitation
possible du texte. Répartition du travail.
10 h 30- 11 h : Récréation.
11 h- 11 h 40 : Initiation à la lecture
(texte ou celui des correspondants) initiation à l'écriture (grands) exercices
graphiques puis ateliers (moyens) ateliers, peinture, modelage, jeux sensoriels (petits).
13 h 30 - 13 h 45: Accueil.
13 h 45 - 14 h 15: Initiation au calcul.
14 h 16-15 h: Activités manuelles aux
ateliers.
Les petits font la sieste.
15 h-15 h 30: Récréation.
15 h 30- 15 h 50 : Jeux libres dans la
cour.
15 h 5°- 16 h 30 : Bilan de la journée,
critique du travail, conte, marionnettes, film.
Cet emploi du temps n'est pas immuable,
assez souvent, il a été bouleversé par une « trouvaille », un colis, un événement
extérieur...
J'ai partagé ma classe en 2 zones, une
pour les jeux et déplacements libres bruyants, une pour les activités qui nécessitent
particulièrement tables et chaises, coins délimités en plaçant les meubles
perpendiculairement et de façon à limiter les déplacements inutiles.
J'ai organisé ma journée de façon assez
souple pour que les grands, les moyens et les petits puissent accéder aux différents
ateliers sans se gêner.
Au moment du langage, les petits qui ne
sont pas toujours intéressés vont aux ateliers « non bruyants ».
Pas de différence dans l'emploi du temps
entre: grands et moyens, seuls les moments lecture-écriture et calcul sont plus poussés
avec les grands.
Les ateliers sont ouverts à tous. Les
enfants s'installent au fur et à mesure de leur arrivée en classe. Avant la récréation
du matin, nous faisons ensemble une répartition du travail.
Chaque grand et chaque moyen a une place
fixe dans la classe pour ranger son cahier de textes, son cahier de correspondance, son
carnet de graphismes libres, l'étiquette de son prénom (qui lui sert à marquer tous ses
travaux), son dictionnaire et une chemise de travaux individuels de calcul.
Les enfants rangent leurs travaux dans une
boîte disposée dans un coin de la classe.
A la récréation ou le soir je reprends
les feuilles, vois ce qui peut être agrandi, repris, exploité.
Au moment de la sieste des petits nous
faisons du calcul ou nous reprenons le thème du matin.
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UN MOMENT EN CLASSE UNIQUE
En circulant dans la classe, un matin, je
vois que Thierry (Moyen) griffonne avec ardeur sur son carnet de croquis.
- Qu'as-tu fait ?
- Un soleil, et il perd ses plumes, parce
qu'il s'énerve.
- Pourquoi?
- Parce que...
(Le soleil est tout petit dans un coin de
sa page à côté de beaucoup de dessins, bonhomme, fleurs, animaux, chaises... sans
composition aucune.)
Lorsque nous changeons d'activités, une
fois que chacun est à sa place je montre le dessin de Thierry (l'angle de sa page) et je
dis: « Le soleil s'énerve, il perd ses plumes. » Les grands s'intéressent vite et
posent des questions: « Pourquoi ? Comment ?
Quand ? Répète... »
Thierry répond, invente, crée une
histoire au fur et à mesure des questions posées.
Puis je dis l'histoire toute entière :
« La maman du soleil va faire les courses
Elle enferme à clé le petit soleil Le petit soleil voulait aller se promener Alors, il
s'énerve, il perd ses plumes Quand sa maman reviendra, le petit soleil s'échappera il
ira se cacher dans lherbe. »
La belle histoire! Si nous faisions un
album.
Chacun, grands, moyens, prend une feuille
et les stylos et dessine ce qui lui plaît le plus. Les petits n'ont pas paru
intéressés.
Le soir, je reprends les feuilles :
beaucoup de soleils, et une maman soleil avec un sac à provisions. Je découpe les
soleils, j'écris l'histoire, je colle les dessins. Voilà l'album, non terminé... il me
reste beaucoup de soleils inutilisés.
Le lendemain, au moment conversation, je
montre l'album, relis l'histoire, montre les soleils restants.
- Qu'en faire ?
- Les coller sur une feuille.
J'écris le texte, colle une ronde de
soleils, les petits sont maintenant intéressés :
- Moi aussi, je sais dessiner des soleils
!
Ils se mettent au travail. Une nouvelle
page avec texte au centre se compose, c'est la page des petits (un soleil des petits sera
mis dans l'album).
On décide d'écrire l'histoire sur le
journal. Thierry, aidé par 2 grands ira à l'imprimerie composer ses lignes.
Dans l'après-midi, il me fera un gros
soleil qu'on reproduira au texticroche au-dessus du texte imprimé.
Laprès-midi, aux ateliers de
peinture, encres de chine, alu, craies, drawing-gum, de nombreux soleils vont naître, ils
complèteront l'album (couverture et dernière page).
Ainsi à partir de l'idée d'un enfant de
moyenne section, chacun a pu, selon ses capacités participer aux activités qui se
présentaient. La réalisation des petits était aussi jolie que celle des grands et des
moyens.
Michèle GIRAUDEAU

A BATONS ROMPUS
Geneviève Clément, 28 - Pontgouin.
Texte libre... français ou langage ou
lecture... pour moi, c'est tout cela. Ces textes, nous les appelons des histoires.
Certains en ont à raconter ou à dessiner chaque jour, d'autres se taisent
délibérément...
Fatiguée par les éternels bavards -
pourquoi ? Parce qu'ils veulent faire plaisir à la maîtresse ou pour être imprimés
ou... - j'ai décidé de ne plus les écouter pour n'entendre que ceux qui ont réellement
quelque chose à dire. Au lieu de commencer la classe par un moment collectif, une
discussion, j'ai installé les ateliers et demandé que l'on se mette au travail tout de
suite. S'ils ont quelque chose à me dire ils viennent très naturellement me parler ou
bien je les entends discuter entre eux. Je relève ce qui me semble intéressant sur un
carnet: conversation sur l'automne, le soleil sur les cheveux...
- Je demanderai aux enfants de redire leur
histoire aux camarades ou je la redirai moi-même pour le choix.
Ainsi avant, en entrant en classe, nous
nous regroupions tous et nous bavardions; c'était le moment choisi par les bavards pour
nous raconter n'importe quoi. Et pourquoi écouter les uns et faire taire les autres ?
Ensuite, nous choisissions l'histoire à
imprimer. Il fallait donc arriver à l'école avec quelque chose à dire. L'organisation
du travail était mauvaise ; je la crois meilleure maintenant.
Le soir, après la récréation, ceux qui
ont quelque chose à communiquer à la classe demandent la parole et nous les écoutons.
Nous appelons ces communications « conférences », mot appris près des grands frères.
Ce sont en réalité des petites
observations, des exercices de vocabulaire ou d'élocution.
Telle celle de Catherine - 406 - sur le
hérisson. Quand l'enfant a fini son exposé les autres posent des questions. Ce jour-là,
elle avait son hérisson dans une boîte à chaussures et chacun avait pu l'observer
durant toute la journée. En effet, pendant la conférence, chacun est assis et écoute;
il ne s'agit pas d'observation ; les enfants sont auditeurs.
Demain, Dominique - 503 - doit nous parler
de vitraux et son papa lui prêtera des photos. Je suis surprise du sérieux des enfants
et de l'intérêt qu'ils portent à ces séances. Ils ont presque toujours un support
matériel : objet, cailloux, feuilles, graines ou bien ils proposent une poésie ou un
chant libre. Je voudrais aussi des communications d'expériences, des découvertes
personnelles; cela viendra peut-être.
Martine Pradier, Bourges.
Cette année, j'ai remarqué que c'est au
moment des ateliers qu'ils parlent le plus spontanément. Si je m'installe près d'eux,
ils se racontent en toute simplicité. Comme ils sont en petits groupes, les plus timides
ne sont pas effrayés. Les histoires les plus intéressantes sont notées dans un cahier
que l'on illustre ou reproduites au limographe pour le journal.
Christiane Duport, Vierzon
Ainsi, le matin, les enfants entrent
directement dans la classe. Il n'y a pas, comme chez nous, ce moment d'accueil bruyant,
excitant, dans une salle de jeu, puis le passage collectif aux privés? C'est très bien.
Mais ce qui me paraît étonnant, c'est que les enfants n'aient pas plaisir à se
retrouver, à se regarder, à faire la liaison avec le jour passé ? Car il y a pour eux
une grande séparation. Est-ce que cela vient de moi ou des tout petits (2 à 3 ans) ?
Chez nous, après cet accueil dont je viens de parler, on aime à se regrouper autour du
tapis, à se voir, c'est un peu une redécouverte; ceux qui sont là, ceux qui n'y sont
pas c'est là notre moment conversation-entretien, parfois observation. On se regarde et
on regarde ce qui a été apporté, on parle de ce qui vient de l'extérieur et aussi des
correspondants. Le soir aussi, après la récréation j'ai un moment de regroupement
collectif.
G. Clément
Le fait de ne pas se regrouper pour un
moment collectif n'empêche pas les contacts; certains sont contents de retrouver leur
copain. A 5 ans, ils ont presque tous un camarade préféré. Des groupes se forment qui
discutent et quand on a repris contact, on se met au travail. Il m'arrive de discuter
moi-même avec un groupe d'enfants et si je pense que toute la classe pourrait être
intéressée, nous décidons de relancer le sujet à un moment collectif. Pendant les
ateliers du matin, les petits (4 à 5 ans) viennent souvent me dire ce qu'ils ont fait ou
mangé ou vu; je note leurs remarques intéressantes, les grands le font moins parce
qu'ils ont le dessin pour sexprimer.
A 9 h 40 les ateliers sont terminés, en 5
minutes le matériel des ateliers volants est rangé. Les grands s'asseyent à leur place,
à une table, les petits par terre; devant le tableau : c'est un moment collectif. Ce
n'est pas souvent une discussion qui s'engage, c'est parfois du calcul, le plus souvent le
texte libre.
J'avais pensé que puisque l'entretien du
matin était supprimé, le premier moment collectif serait cet entretien ; or, lorsque les
enfants viennent s'asseoir ils n'ont plus rien à dire. Je crois comprendre, comme le dit
Christiane, les enfants ont plaisir à se retrouver, à se regarder, à se parler; ils le
font dans l'enthousiasme et nous avons du mal à les modérer. Lorsqu'ils ont pu librement
communiquer entre eux et avec moi pendant 3/4 d'heure, qu'ils ont agi et raconté, bougé,
lorsqu'ils s'asseyent ils ont envie d'être auditeurs, je n'ai aucun mal à obtenir le
silence à ce moment-là. Je le mets à profit pour le choix du texte. Les grands ont
dessiné leur histoire la veille, j'ai recueilli quelques propos des petits; c'est ce que
je soumets à leur choix. Les titres écrits au tableau, on vote à main levée; le texte
choisi est écrit au tableau, lu en commun. Certains font des découvertes et les
signalent. Chacun ira ensuite dessiner une histoire; il n'y a plus d'ateliers, la classe
est silencieuse - le seul moment de la journée.
Je passe près de chacun pour écrire la
légende; très vite, ils la reproduisent. Ceux qui n'ont pas d'histoire dessinent celle
du tableau ou une histoire non choisie. En rentrant de récréation, discussion
collective, souvent calcul. La dernière demi-heure, nous dansons, faisons de la
gymnastique ou un jeu dramatique. L'après-midi s'ouvre par un moment collectif -
discussion, poésie, chant -, puis ateliers. Après la récréation, conférences donc. Il
ne restera plus qu'un moment pour vérifier si chacun a bien noté avec des cartons
illustrés sur les plannings muraux toutes ses activités de la journée. Parfois il reste
assez; de temps pour lire un journal d'une autre école ou une BTJ.
Mes temps d'ateliers peuvent paraître
courts. L'an dernier ils duraient plus longtemps et certains de mes gosses s'ennuyaient et
couraient dans la classe... J'avais remarqué que ce va-et-vient commençait au bout d'une
heure maximum. Cette année, ceux qui veulent poursuivre un travail plus long peuvent le
faire pendant un moment collectif.
M. Thomas
Le matin, les enfants viennent parler avec
moi ou dessinent au stylo à bille (il y a d'ailleurs un va-et-vient entre eux pour
quelques-uns). Jusqu'à présent c'est de l'expression orale que partait le travail de la
journée: textes, discussions mathématiques, et aussi bien sûr la correspondance, mais
je me demande si je ne devrais pas laisser chaque enfant aller plus à fond dans ses
productions individuelles : ainsi par exemple, lorsque l'enfant qui est resté dessiner a
terminé, lui écrire ce qu'il raconte, en faire vraiment un travail fini et lorsque tout
ce petit monde a terminé soit de parler soit de dessiner soit d'écrire sa propre
histoire pour son dossier ... alors seulement remettre tout cela dans le creuset collectif
et si l'étincelle jaillit en tirer une idée de travail collectif. Il n'arrive pas
toujours en effet que la majorité soit intéressée par la même idée !
Cependant, je crois quand même à la
nécessité de moments semi-collectifs car c'est par la discussion qu'on avance, même
quand on a 5 ans, par un désir commun de réaliser quelque chose ensemble.
Josette Dandine
Les enfants ont un cahier pour écrire à
papa et maman, c'est très commode, parce que facile à emporter et à ramener. Je les ai
faits avec une feuille glacée intercalée dans celles d'un petit cahier à dessin. On
écrit sur une page et on le décore sur l'autre, on est téméraire, on y fait du
script-gum, de l'encre... Il y aura des accidents, mais on prend des précautions, et
après tout c'est cela être grand !
Dans l'ensemble on écrit les nouvelles de
la classe, la date, (modèle au tableau), ceux qui veulent écrire autre chose me portent
un carnet et je fais le modèle. Il yen a qui écrivent une page entière de lettres
apprises chez; eux ou... Prennent le cahier pour y travailler ceux qui veulent. Ils
l'emportent chez; eux quand ils veulent, mais je le veux « beau » et propre (on a des
pochettes pour l'emporter sans le salir et un protège-cahier à grand rabat pour
protéger la page écrite quand on décore l'autre.
- Le bloc est pour eux. Ils me le montrent
s'ils le désirent, j'y écris leurs histoires.
- On met la lettre individuelle pour les
correspondants dans une boîte aux lettres.
- A l'imprimerie, chacun imprime son texte
sur une bande (essai) puis après correction sur une feuille perforée qu'il illustre
(script-gum, monotype). La feuille va se loger dans le « livre » en papier tapisserie
avec deux attaches parisiennes. Chacun a son livre.
Marie- Jeanne Nicolas
- Les enfants savent dès la rentrée
(rotation de deux ans) que « les idées de calcul » seront exploitées à deux
heures.
- Lorsque, eux ou moi, repèrent une idée
de calcul à exploiter, quel que soit le moment de la journée, aussitôt, j'écris, sur
une grande feuille affiche qui restera punaisée au tableau « de calcul »
jusqu'à l'après-midi comme un pense-bête - la réflexion toute brute et l'exploitation
y prendra la suite à deux heures pour être envoyée à nos correspondants.
- A deux heures chacun choisit sa placet
installe, aide ou attend, ensuite, tous participent de leur place au démarrage, à la
discussion, viennent vivre la situation (trains, ensembles...)
Par contre, pour la traduction écrite
(parfois avant) seuls les volontaires viennent devant le tableau de « calcul ».
Je les coche sur le grand bilan mural et
on continue alors que les autres démarrent leurs ateliers.
- L'intensité de notre correspondance
interscolaire incite les enfants à chercher une traduction écrite des situations vécues
(pas seulement mathématiques d'ailleurs) pour pouvoir les envoyer à nos correspondants.
- Inversement cela les amène à
déchiffrer les « feuilles de calcul » de nos corres, feuilles qui joueraient
éventuellement le rôle de bouche-trou si nous étions à cours d'idées.
- Enfin, et c'est là mon tranquillisant
individuel et inoffensif, dans le coin en haut du tableau, sur un bristol, je note en deux
mots et au fur et à mesure, les idées à exploiter le cas échéant (pas exploité est
faute de temps)t c'est donc notre seconde réserve...
PROPOS SUR LE « PAPILLONNAGE »
Voici le village, l'école, la vieille
cour bordée de vieux bâtiments, le chai à bois, le préau avec sa porte qui ouvre
directement sur les prés, les champs, la nature. De hautes fenêtres, une porte étroite,
un plafond inaccessible... la vieille classe, quoi...
Mais tu montes trois marches, et tu crois
rêver... Ici, une maîtresse qui a un mot pour chacun, un sourire.
Là, une jeune femme dans un coin, un peu
comme une maman, toute douce, toute silencieuse, toute souriante. Et, allant de l'une à
l'autre, des tas de petits (les jours de classe, ils sont 5° de 2 à 6 ans) qui viennent
vers elles, offrant leur uvre du moment; un dessin, un mot écrit en tirant la
langue, un bout de ficelle à nouer, une joue à embrasser...
... Tu montes trois marches et tu as
devant toi une grande ruche où chaque rayon offre ses merveilles et où les tiroirs (en
l'occurrence de multiples cageots plats, superposés parfois) offrent les outils
nécessaires.
Pour le moment, les questions fusent :
« Et quand lis-tu le texte ? Et, tu n'as
pas de moment commun. ... et ceci... et cela... » Car chacun attend la « recette
».
Mais ici, chacun grandit à son rythme, le
thème n'est jamais épuisé. Il est présent à chaque instant, car il est la Vie. Et la
Vie, elle est partout, ici et là, dans ce coin où naît une chanson qui accompagne ce
dessin, dans cet autre où naît une peinture, et encore là, dans les mains de cet autre
qui crée son bonhomme d'argile.
Et toi, Nicole, tu es heureuse au milieu
de tes petits, et on te comprend.
Mais, ma chère, sais-tu comment se nomme
cette forme de pédagogie (car il faut bien prononcer ce mot) : du papillonnage. Tu es
« celle qui n'a pas de thème ». Tu te rends compte de ce trou terrible dans ta vie
? Sans thème, tu ne peux rien faire de bon.
Mais toi, tu sais. Il te suffit de les
regarder, de les écouter, de leur prendre la main, et d'aller avec eux.
Toi tu sais, que se rouler par terre,
remuer du sable, se parler, se sourire, toi, tu sais que tout cela prépare quelque chose.
Tu sais que lorsqu'ils s'enferment dans leur monde, une porte s'ouvre, un chemin se crée,
une uvre se prépare. Ils partent en quête. Ils mesurent le monde.
Et le monde naît en eux, merveilleux,
comme nous le montrent leurs dessins, leurs histoires, leurs peintures, leurs chants,
leurs danses.
Et c'est bien là le difficile: les suivre
sur leurs chemins, si variés, si ténus, si riches. Pour toi, comme pour beaucoup d'entre
nous, ce sont 50 chemins qui s'offrent.
Seulement, yoilà, d'autres viennent avec
leur « moment-lecture », « moment-écriture », « moment-calcul » et on
pourrait, bien sûr, ajouter le moment à la mode: le « moment mathématiques modernes
»... J'étais heureuse de te voir répondre: « Ça vient comme ça »... Ton geste
suivait ta parole. Tu étais dans le texte et tes doigts allaient chercher au plus loin de
la classe les yeux de ceux qui peignaient, qui cousaient, de tous ceux qui s'affairaient
aux divers ateliers. Même ceux-là qui avaient choisi un « travail manuel »,
pouvaient suivre le travail de lecture. Les partisans des « moments »
comprendront-elles que ce texte, vu d'ailleurs, est tellement plus présent ainsi ? Un
jour, on s'aperçoit que ces secondes pendant lesquelles les esprits lancés ailleurs ont
accroché, ont permis un travail en profondeur. Alors, ils se mettent à remarquer des tas
de choses et la lecture est en marche. Tous ensemble ils cherchent, pour eux-mêmes et
pour tous. Là encore tu dois, aux yeux de certains, passer ton temps à papillonner.
Mais, peut-être, après tout, tout l'art d'enseigner est-il de savoir papillonner ? Toi,
tu butines de l'un à l'autre, et tu étales sous leurs yeux ce que chacun a découvert.
Avec les remarques de chacun, tu as
construit un « exercice collectif ».
Peut-être est-ce grâce à ce
papillonnage que tu es si heureuse avec eux.
Regarder vivre tous ces chemins ; admirer
les fleurs qui poussent au bord de chacun; accueillir les bouquets que l'on t'offre: alors
la moisson est grande et belle, et il t'est donné de voir s'ouvrir de nouvelles voies.
J'espère qu'en voyant ta classe beaucoup
auront compris : se recueillir, se taire, savoir se taire, mais penser intensément, pour,
à chaque éclair, à chaque nouvelle route, les voir, y faire écho aussitôt, par un
sourire, ce lien qui lie en un éclair et qui est comme un pacte signé entre l'enfant et
nous - qui signifie: « oui, tu peux aller, je serai là », et le petit démarre.
Comme dit Delbasty, il y a eu échange,
ça a fonctionné de nous à lui et ça va marcher. Il n'y a pas besoin de mots pour
comprendre cela. Mais c'est un engagement, et c'est aussi cela « être disponible
», et c'est aussi la merveilleuse part du maître, la plus silencieuse, la plus intime,
la plus sûre.
Ensuite, ce papillon qu'est la maîtresse
peut faire la synthèse, et rassembler autour d'elle. Eux et elle savent où ils vont
puisque là est le point commun, l'instant commun où chacun va faire sa halte. Après, il
peut tout y avoir: le jeu dramatique construit, repris et fignolé, les ensembles, le
thème... Mais tout est venu d'eux. Car, le thème, qu'est-ce au fond, sinon un apport de
chacun autour d'une discussion d'un instant?
... Vous qui refusez le papillonnage,
refusez-vous aussi la vie ? Et pourquoi faites-vous du « travail libre » ? et pour
quoi est-il libre? Voilà ce qu'il nous faut bien méditer.
La vie n'est jamais pareille et pourtant
toujours semblable à elle-même. Et nous devons l'accepter ainsi. Et nous le savons bien,
nous qui laissons aller librement l'enfant, que cette ouverture d'esprit, toujours plus
grande, toujours plus simple, toujours plus « une », nous conduit loin, et que nous en
sommes parfois effrayées.
... Toi, Nicole, tu as fait ton chemin, tu
nous l'as gentiment montré, et avoir vu ta classe nous permet de remettre les choses à
leur vrai niveau, au seul et unique problème de nos classes maternelles: savoir
s'organiser pour entendre chacun.
Simone ARTINS
Quelques aménagements : UNE CLASSE DE
PETITS
Accueillir 45 élèves dans une classe de
6 rn sur 8 et leur permettre des activités libres indépendantes impose une utilisation
maximum de l'espace. J'ai cherché à isoler des « coins » où les enfants se
sentiraient plus en sécurité que dans le cadre inhabituel et impressionnant d'une grande
salle.
Il va sans dire que cette recherche a
été faite avec beaucoup de tâtonnements, de déménagements. Le plan que vous trouverez
plus loin est un moment de ce tâtonnement perpétuel car la classe est vivante, ses
besoins évoluent sans cesse mais tel qu'il est, il a représenté un équilibre et a
permis pendant près de deux ans à une section de petits de travailler librement sans se
gêner mutuellement.
|
Il est à noter que le coin réservé aux
activités collectives n'est pas très grand car en section de petits, les activités
individuelles ou en petits groupes sont primordiales. Pendant les moments d'échanges
collectifs, les enfants repoussent quelques tables légères - que nous avons seulement
esquissées pour la clarté du plan - et approchent leurs chaises réparties dans tous les
ateliers.
Le reste du temps, les enfants travaillent
dans les différents coins. Quand un atelier est déjà plein, ils doivent attendre
calmement ou choisir une autre activité.

Faisons le tour des ateliers :
1. Coin de création musicale, avec, bien
entendu, l'Ariel, des clochettes, un triangle, un tam-tam, des maracas, le tout réalisé
d'après la BT Musique Naturelle.
2. Dessins au tableau, c'est simple mais
important.
3. Coin d'observation avec l'aquarium, des
graines en germination, les animaux pensionnaires, les curiosités apportées par les
enfants et une loupe pour tout observer.
4. Tapis de jeu avec de gros jeux de
construction et de petits chariots.
5. Coin peinture avec six places, sur
chevalets posés sur les tables. La réserve de peinture se trouve dessous.
L'enfant choisit son papier dans le meuble
voisin sur lequel il trouve aussi marqueurs, encre de Chine, crayons.
6. Jeux avec l'ea