Pourquoi ? Comment ? LES CLASSES DE DECOUVERTE Synthèse d'un travail collectif
Supplément au Nouvel Educateur n°10 - juin 89 |
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Sommaire
Classes transplantées et classes de découverte.
POURQUOI partir
ensemble, découvrir un ailleurs ?
C'est « un plus » dans le domaine
pédagogique
C'est la possibilité de créer un autre lieu de
socialisation plus authentique
C'est permettre aux enfants d'accéder à une plus grande
autonomie
Le plus souvent, tout est à gagner au plan santé
En conclusion
COMMENT réussir sa classe ailleurs ?
Avant le départ
- Quel type de séjour choisir ?
- Quel lieu d'accueil ?
- Quelle durée peut avoir le séjour ?
- La préparation matérielle du séjour
- La préparation pédagogique du
séjour
- La préparation psychologique
- L'arrivée
- La vie collective
- Les activités pédagogiques
- Les activités sportives
- Les activités dites de contre effort
- Le corps, la santé, l'hygiène
- Le rôle des parents
- L'argent de poche
COMMENT vivre
l'après séjour ?
- Les prolongements de la classe de découverte
Classes « transplantées » et classes de
découverte
Les
instructions officielles de septembre 1982 intitulent « classes de découverte » ce qui
s'appelait précédemment « classes transplantées ». La différence
d'appellation est fondamentale.
Une classe
« transplantée », cela risque de donner l'image de quelque chose de figé. Il
semblerait qu'il s'agisse de reconstruire, dans un autre cadre, une classe semblable, de
faire la même chose, ailleurs.
L'expression
« classe de découverte » peut laisser sous-entendre que la découverte n'existe pas en
milieu scolaire habituel. Il semblerait souhaitable d'ajouter « découverte en milieu
différent », appellation qui implique un changement des contenus, une ouverture de la
classe sur le monde extérieur, à partir d'un projet coopératif susceptible de
modifications selon les réalités rencontrées.
L'expression
« classe de découverte » permet également d'élargir le champ des investigations et
concerne des découvertes multiples. Outre les classiques classes de mer, de neige et de
nature, on trouve des classes péniche, des classes- patrimoine, des classes musique, des
classes randonnée, des classes arc-en-ciel, des classes villette, des classes de ville,
des classes musée, des classes d'initiation à l'archéologie, à la spéléologie et
même des classes rencontres d'enfants avec des personnes âgées, chacune de ces formules
offrant des moyens différents pour permettre un certain type de découverte du milieu.
Notons que
le voyage échange qui s'établit entre des classes qui correspondent est une autre forme
de découverte du milieu, privilégiant surtout la découverte de l'autre, l'échange
affectif, la prise de conscience de valeurs différentes.
Beaucoup
d'enseignants et, parmi eux, les enseignants du Mouvement Freinet, n'ont pas attendu le
changement d'appellation de ce type de classe pour organiser des séjours qui ne
constituent en aucune manière une rupture avec les activités pratiquées en classe toute
l'année et dont les acquisitions sont basées sur le désir de découvrir un nouveau
milieu de vie, de le comprendre, de l'expliciter, mais basées aussi sur la richesse des
moments de vie communautaires qui permettent la découverte des autres dans des conditions
de vie différentes.
POURQUOI
partir ensemble, découvrir un ailleurs?
Au début est la joie...
Magie des mots : mer, neige, forêt, campagne, voyage,
étranger...
Même si l'essor de la télévision et du
cinéma, la popularisation des sports d'hiver et l'augmentation des temps de loisirs ont
permis à de nombreux enfants de mieux connaître ces domaines souvent étrangers à leur
vie quotidienne, il n'en reste pas moins que ces mots prestigieux continuent d'éveiller
en chacun d'eux des visions féeriques d'immensité, de pureté, d'aventure, de rencontre
avec la nature
Joie de partir ensemble... ailleurs... de rompre avec la routine
quotidienne de l'école, de découvrir des horizons nouveaux, de passer des journées
complètes avec ses amis, même la nuit !
Ainsi naît la joie.
LES ENFANTS, NATURELLEMENT
CURIEUX, TROUVENT LÀ UN CHAMP D'EXPLORATION PRIVILÉGIÉ
Discussion entre un marin pêcheur, capitaine du chalutier Le
Macareux et les enfants sur le port de Dahouet:
- Depuis quel âge êtes vous pêcheur ?
- Pêcheur? eh bien ce n'est pas si vieux que ça; depuis une
douzaine d'années, mais comme marin, je suis marin depuis l'âge de quinze ans.
Auparavant, je naviguais dans la marine marchande, j'ai commencé en 195 1.
- Est-ce que le matériel coûte cher ?
- Ah ! Ah oui! Ça c'est une question très intéressante
Du matin au soir, la curiosité des enfants est aiguisée et
constamment en éveil : hébergement dans de nouveaux locaux, dans un nouvel
environnement, avec des adultes qu'ils ne connaissaient pas auparavant, en compagnie,
souvent, d'enfants d'autres classes ; les apprentissages scolaires sont basés sur la
découverte d'un milieu différent. La plupart du temps, enfin, dans le cas de classes de
découverte à dominante sportive, le sport pratiqué est nouveau pour les enfants.
Dans un contexte aussi riche, les interrogations motivées
naissent, alimentées par des observations tous azimuts.
DANS CETTE SITUATION DE
DÉCOUVERTE NATURELLE, LE TRAVAIL PÉDAGOGIQUE GAGNE EN COHÉRENCE ET EN MOTIVATION
Il n'y a pas de rupture entre la vie de la classe et les
autres moments de la journée. Il n'y a pas le temps de classe et le reste, il y a la vie
avec des moments de travail qui ne se situent pas obligatoirement pendant les six heures
habituelles. Tous, adultes et enfants vivent dans les mêmes lieux pendant plusieurs
jours, voire plusieurs semaines, ce qui donne aux activités scolaires une homogénéité,
une cohérence, une motivation presque irréalisables dans la classe d'origine.
Le milieu naturel et le milieu humain constituent la source des
activités de découverte qui s'intègrent tout naturellement dans les disciplines dites
de base : lors des recherches on est amené à travailler le français et les
mathématiques (lectures multiples, comptes rendus d'enquêtes, textes libres,
correspondance, calculs de budget, de distances, de statistiques ... ).
Ces disciplines trouvent là, mieux qu'ailleurs, leur rôle
d'outils conceptuels, dans la nécessité de procéder à des investigations nouvelles et
multiples ou celle de préparer la communication des découvertes.
Le changement de milieu crée « le choc ». Les enfants
ne voient plus ce qui leur est habituellement familier et deviennent soudain sensibles à
ce qui est différent dans un autre milieu : d'où intérêt, curiosité,
questionnement, comparaison avec leur milieu d'origine qu'ils voient alors d'un «
autre regard ».
La vie commune multiplie les situations de communication,
d'expression, les occasions d'échanges vrais
S'exprimer, se faire comprendre, deviennent des nécessités.
Les enfants racontent et se parlent. Pour
certains enfants défavorisés, la coupure avec le milieu linguistique familial peut les
aider à améliorer leur aptitude à structurer la langue.
Les
occasions de lire et d'écrire sont nombreuses et authentiques :
- avant le séjour : correspondance écrite ou orale
(téléphonée par exemple) ayant trait à son organisation, recherche de documentation ;
- pendant le séjour : nouvelles à envoyer et lecture de celles
qu'on reçoit, acquisitions à fixer par écrit (la méthode naturelle de lecture trouve
là un terrain de choix) ;
- après le séjour : traces du vécu commun à garder pour en
faire part aux autres classes, aux parents, au village, documentation à utiliser pour
prolonger ce travail.
Les enfants ont vécu une aventure si intense qu'ils ont envie de
la raconter, de la communiquer, de la fixer.
Dans certains cas, la classe partage le séjour avec les «
corres » (la classe avec laquelle les enfants correspondaient régulièrement avant le
départ).
Le séjour devient alors un merveilleux prolongement des
échanges commencés dans l'anonymat. Si le séjour se situe en début d'année scolaire,
les échanges qui suivent en sont d'autant plus riches.
Notre classe de mer
Du 2 1 février au 1er mars, nous sommes allés pour la
première fois en classe de mer à Val-André en Bretagne avec nos correspondants de
Champigny.
Nous avons passé
ensemble une semaine formidable. Que de joie ! Que de rires ! Que de découvertes ! Que de
souvenirs ! Nous avons fait des films, des photos, des diapositives, ainsi qu'un grand
album et des livres de vie.
Nous avons présenté tout cela à nos parents.
L'utilisation de techniques de base telles que : enquêtes,
expériences-observations, journal scolaire, réunions de coopérative, renforce la
cohérence des travaux effectués.
LES
ENQUÊTES
Les enfants pratiquent les enquêtes bien avant le séjour. Du
fait d'un milieu nouveau, elles deviennent le prolongement d'une démarche naturelle, en
situation de découverte, et ceci, dans toutes les matières.
Les activités dites « d'éveil » prennent la première place,
les activités dites « instrumentales » servent d'outils au service des activités
d'éveil.
Les enquêtes sont soutenues par l'utilisation des techniques
audiovisuelles de production (enregistrement de documents pour une exploitation
ultérieure). Leur usage suppose une familiarisation et une pratique bien avant le
séjour. La photo, la vidéo, l'enregistrement de bandes-son, la caméra super 8 trouvent
dans ce nouveau contexte une raison d'être supplémentaire.
LES
EXPÉRIENCES - OBSERVATIONS
C'est presque vital de connaître le nouvel élément dans lequel
on se trouve quel que soit le milieu. La référence aux manuels scolaires se justifie
quand elle peut aider « le comprendre en agissant ». Il est indispensable que
l'enseignant se débarrasse de ses réflexes d'adulte chargé d'apprendre et se mette au
niveau des enfants pour expérimenter avec eux sur le milieu :
En jouant sur la grève, les enfants ont construit deux bassins.
Le bassin amont ayant très peu d'eau, ils décident de construire un canal pour
l'alimenter avec l'eau du bassin aval et découvrent... avec surprise... que le bassin
amont se vide ! Le lendemain, je les aide à construire tout un chantier de bassins,
canaux... nous cherchons toutes les alimentations possibles, remplissons, vidons les
bassins... Les uns posent des questions, d'autres essaient d'y répondre. Si un doute
persiste, on reprend les constructions pour vérifier nos hypothèses.
Jacqueline Bizet (CE2)
LE JOURNAL
SCOLAIRE
Pour la première fois, sans doute, tout ce qui paraît (textes, poèmes, comptes rendus, dessins) a la même référence pour tous .
La production d'un enfant n'est pas seulement ressentie par lui
seul. Elle rencontre un écho en chacun. Et le journal devient alors, en même temps qu'un
témoignage de la vie commune, le fil d'Ariane reliant les diverses disciplines scolaires.
LE CONSEIL
COOPÉRATIF
La réunion de coopérative trouve sa justification la plus forte
comme moteur du travail pédagogique.
Elle permet d'organiser et de réguler le travail projeté par
tous, de l'évaluer semaine après semaine, ou jour après jour. Le plan de travail s'en
trouve justifié. La réunion de coopérative est aussi le garant de la cohérence des
activités.
Celles-ci ne sont pas déterminées par un adulte qui, seul, en
connaît l'intérêt et l'opportunité, mais par le groupe classe, enfants adultes,
élargi c'est souhaitable, aux autres adultes du centre. Ensemble, en réunion, on débat
des travaux à faire, de l'importance et de la place à leur donner dans la journée ou
dans la semaine et, expérience unique, toutes ces activités naissent d'un même
intérêt collectif.
Une sortie « boulangerie » a été programmée pour les deux
classes (Auray-Conflans). Pour des raisons de transport, il n'est pas possible d'emmener
plus de vingt enfants, en deux sorties à la boulangerie. La classe demande, en conseil,
d'aller discuter avec Auray pour décider de ceux qui iront voir le boulanger. Des
délégués volontaires vont discuter avec la classe dAuray. Après discussion, sur les
vingt places disponibles, il ne reste effectivement que quinze enfants qui ont vraiment
envie d'aller voir le boulanger.
Si les techniques de base renforcent la cohérence des travaux
effectués, il est à remarquer que la situation de
découverte renforce ces techniques parce qu'il y a travail en situation.
Au niveau de la méthode
En travaillant en situation, les enfants comprennent mieux le but
de ce qu'ils entreprennent et arrivent à des résultats « vrais », ce qui leur permet
de ne pas ressentir leurs activités comme des devoirs ou des corvées. Le travail n'est
pas tâche rébarbative, il est la vie avec ses questionnements et le besoin d'obtenir des
réponses.
Au niveau des contenus
Les travaux entrepris engendrent des comparaisons enrichissantes
avec le milieu d'origine, des confrontations avec les hypothèses antérieures.
Le volume des acquis nouveaux devient un référent commun à
tous les enfants dans toutes les disciplines et a des prolongements après le séjour pour
les travaux non terminés sur place. Ce référent commun constitue, en quelque sorte, le
patrimoine du groupe. Enfin, les contenus se fixent mieux du fait que ce qui est vécu
n'est plus conforme au vécu ordinaire mais s'est enrichi de multiples sensations qui
renforcent le souvenir.
A l'illusion que peuvent donner le cinéma et
la télévision qui permettent aux enfants de se trouver dans un nouveau milieu mais sans
se l'approprier, le comprendre, ordonner leurs impressions et dominer leurs
apprentissages, succède une découverte socialisée bien supérieure en efficacité du
fait de la préparation des échanges et de la réalisation des comptes rendus.
C'est
la possibilité de créer un autre lieu de socialisation plus
authentique
Pour beaucoup d'enfants, la classe de découverte représente une
première expérience de vie communautaire.
C'est le moment de prendre conscience des autres et de s'assumer
dans un environnement qui, pour faciliter cette prise de conscience, doit être
accueillant. On pourrait résumer ceci par une formule simple :
Vivre et
s'organiser ensemble.
VIVRE ENSEMBLE
Pour le groupe classe, la vie en collectivité dans un contexte
autre que celui de la classe habituelle permet une meilleure connaissance des uns et des
autres. Il y a modification des relations habituelles entre enfants ou enfants
enseignants, dans des situations tout à fait différentes. A certains moments de la
journée, les enfants voient l'enseignant dans des situations autres que celles qu'ils
connaissent habituellement (par exemple, au moment des repas, des soirées, du coucher). A
noter que voir l'enseignant(e) en robe de chambre ou en pyjama quand il (elle) intervient
en pleine nuit est un choc bénéfique, pour les enfants, dans le sens d'une
désacralisation. La relation enfant adulte se substitue à celle du maître élève.
Quant aux enfants, entre eux, les occasions de relations différentes sont multiples :
les moments de la toilette, des repas et du coucher par exemple, qui permettent la
rencontre, la communication entre certains enfants qui n'avaient pas de contacts
auparavant.
Le soir quand nous nous sommes couchées, j'imaginais que nous
étions toutes des surs dans une grande chambre.
Nous nous donnions des bonbons et toutes sortes de choses.
On s'aidait pour faire les lits.
Le soir, on s'embrassait avant de s'endormir.
On se sentait bien, on a découvert l'amitié.
La qualité des relations
donne de la cohésion au groupe, crée des liens nouveaux et ceci persiste au-delà du
retour dans la classe d'origine.
Mais le séjour peut être partagé avec un ou plusieurs autres
groupes classes. Or, chaque collectivité a une façon bien spécifique d'être, de
penser, de communiquer et d'agir.
Accepter la diversité de
ces processus facilite l'ouverture, l'intégration, la socialisation, l'acceptation des
différences.
Cette diversité, facteur
de richesse, doit apporter aux uns et aux autres, et non pas disparaître au profit d'une pensée dominante, que ce
soit d'enfant à enfant ou d'adulte à enfant.
Une classe de découverte ayant vécu en compagnie d'enfants
d'immigrés ne connaissant pas du tout notre langue s'était donnée pour but:
« Les connaître, se faire reconnaître, et créer des liens d'amitié. »
La Rémuscade de Marseille est un groupe d'enfants malentendants
âgés de quatorze à dix-sept ans. Ils sont handicapés de naissance ou par maladie ou
accident. Ils ont passé deux semaines en classe de neige au Chadenas avec des classes
d'enfants « normaux ».
« Les éducateurs nous apprenaient leur langage. »
D'autre part, des relations nouvelles s'établissent avec des
adultes nouveaux, animateurs, moniteurs, sportifs, personnel d'encadrement du centre dans
certains cas, personnes-ressources du terroir durant les enquêtes. Pour permettre une
meilleure socialisation des enfants, chacun de ces adultes vit sa relation avec eux dans
une perspective d'échange et non pas dans le but d'imposer ses idées. Il sait donner
mais aussi recevoir. C'est pourquoi il est important que le personnel du centre et/ou les
parents accompagnateurs soient totalement impliqués et clairs dans leur démarche. Les
rencontres et les réunions préparatoires avec les enseignants et les enfants revêtent
une grande importance.
Enfin, pour la première fois sans doute, ces enfants qui
viennent de milieux sociaux et familiaux différents partagent leur vie avec d'autres.
Chacun d'eux découvre des modes de vie qui lui permettront de faire des comparaisons avec
le sien.
S'ORGANISER ENSEMBLE
Organiser sa vie quotidienne avec les autres ne peut se faire
sans l'institutionnalisation de règles de vie mises au point dès le départ.
C'est toute la vie journalière du groupe qui est à gérer y
compris les conflits qui naissent en dehors des heures de classe. La réunion de coopé,
ou conseil, est au cur de cette vie coopérative.
Les enfants et les adultes y participent en interaction. La
structure de vie coopérative mise en place bien avant le séjour aide à mieux
appréhender le nouveau milieu et l'utilise à ses fins.
Les repas, le coucher, la toilette, le rangement, le soin de ses
affaires personnelles et du matériel collectif, impliquent l'institutionnalisation de
règles de vie. On n'est pas seul, mais l'élément d'un groupe: des grands de dix ans,
treize ans ; des petits de sept ans, huit ans et des adultes. Si les adultes (parents,
enseignants) assurent l'encadrement en permanence et avec vigilance, nul n'est au service
exclusif d'un seul: chacun a des devoirs envers tous les autres. Tel peut être un
élément authentique de l'apprentissage de la vie sociale.
J.-F. Planchet
C'est permettre aux
enfants d'accéder à une plus grande autonomie, c'est les rendre
davantage responsables
Se séparer de la mère, de la famille, vivre et s'organiser hors
du milieu quotidien école-famille développe l'autonomie des enfants.
Les cadres habituels sont rompus et cela pose de nombreux
problèmes qu'il faut résoudre seuls.
Viviane, en CM2, n'avait aucune autonomie, très couvée
par la maman (ne sachant pas éplucher un fruit, par exemple).
Au retour de classe transplantée, elle prend davantage sa vie en main: décide de se
faire couper les cheveux, demande à rester à la cantine, fête son anniversaire chez
elle avec des copains. .. au grand étonnement de la famille.
Quotidiennement, il faut gérer ses affaires personnelles (linge,
objets, argent de poche), il faut choisir ses habits, ne pas les perdre, en prendre soin
sans la vigilance de sa famille.
Il n'y a pas de recours
non plus à la famille en cas de conflits ou de problèmes intimes. Il n'y a plus non plus
à s'opposer à elle. Il faut se coucher le soir sans ses parents.
Thierry. C'est celui qui nous a causé le plus d'étonnement et
pour qui ce séjour fut le plus bénéfique.
Après une première journée où il est un peu désemparé et toujours en retard sur les
autres, il se montre brusquement le plus décidé en tout.
Séparé de sa mère, il a pu être enfin lui-même. Lui qui, à la maison et en classe,
ne peut pas dire une phrase ou faire un geste sans regarder sa mère ou les éducatrices,
lui qui est inactif dès qu'il est laissé à lui-même, il n'a presque plus jamais besoin
de nous pour aucune activité.
La différence du chalet et de la maison.
C'est drôle quand on quitte nos parents et notre sur. Là-bas, on trouve d'autres
choses. Les lits ne sont pas comme ceux de la maison. Moi, je l'ai trouvé moins douillet,
moins chaud, moins confortable. Là-bas, on faisait du ski, et c'était super! A la
maison, on travaille, pas de ski.
Le dimanche, là-bas, il y avait des films, à la maison
il n'y en a pas des tas. Il y avait des moments mieux au chalet qu'à la maison.
Mais il n'y a pas de bisou quand on va se coucher et quand on est malade, on n'a pas un
plateau avec de quoi manger et un gros câlin en plus.
Le champ des activités délimitant celui des responsabilités,
tout séjour comporte automatiquement plus de responsabilités que la classe habituelle.
Le matin, on devait aérer nos lits. En remontant du petit
déjeuner, on devait les faire. Pendant ce temps, une équipe faisait la vaisselle et une
autre équipe aidait les mamans à la cuisine. C'était bien.
Plus
d'autonomie entraîne obligatoirement plus de responsabilité.
Si l'on écarte quelques
cas particuliers d'enfants qui subissent en classe de découverte les effets d'une
épidémie saisonnière (rougeole, varicelle, etc.) ou qui sont victimes d'un accident,
dans la majorité des cas, le séjour est bénéfique au plan santé et ceci pour diverses
raisons.
LES RYTHMES DE VIE DEVIENNENT PLUS NATURELS
A l'exception peut-être des classes de découvertes qui se
déroulent en ville (cas des enfants de classes rurales qui désirent connaître une autre
forme de vie), pour tous les autres types de séjour de durée assez longue, les rythmes
de vie deviennent plus réguliers, plus adaptés aux besoins des enfants :
- horaires réguliers pour toutes les activités de la journée y
compris le coucher ;
- possibilité de prendre
en compte les rythmes personnels, l'étalement des activités dans le temps permettant à
un enfant momentanément fatigué de se reposer et de reprendre plus tard ce qu'il a à
faire dans quelque domaine que ce soit : travail scolaire, activités sportives, services
;
- la durée des activités physiques s'équilibre avec celle des
autres activités ;
- les
enfants redécouvrent souvent la marche lors des visites.
C'EST
SOUVENT, ÉGALEMENT, UNE PÉRIODE DE DÉSINTOXICATION AUDIOVISUELLE: PAS DE RADIO, NI DE
TÉLÉ, NI DE MAGNÉTOSCOPE OU L'OCCASION DE VIVRE UNE EXPÉRIENCE AUDIOVISUELLE
DIFFÉRENTE
Dans le milieu où je travaille, les enfants, souvent seuls le
soir et le mercredi, passent au moins trente heures par semaine devant la télé. Pendant
trois semaines, ils découvrent qu'on peut faire autre chose. Une balade le soir, pour
observer les étoiles ou les phares de nuit, remplace le Disney Channel.
Nous avons pu constater des améliorations chez certains enfants.
Plusieurs garçons extrêmement nerveux se sont calmés au contact de la nature. La
capture de lézards verts et de vers luisants a occupé une partie de leur temps libre.
Au contraire, cela peut
être l'occasion de vivre une expérience audiovisuelle enrichissante, par exemple avec le
tournage d'un film vidéo dont la réalisation permettra d'avoir une vue différente de
l'image filmée.
LA NOURRITURE EST ADAPTÉE AUX BESOINS DES
ENFANTS TOUT AU LONG DE LA JOURNÉE
Les menus sont établis en
fonction de l'âge et de l'activité physique des enfants. Les menus sont également
l'objet de découvertes. Leur variété permet à chacun de faire de nouvelles
expériences.
Le déjeuner
12 h 15, nous allons déjeuner à la salle à manger. Nous
prenons nos assiettes à l'entrée dans des casiers vernis.
Nous sommes six par table, quelquefois la monitrice s'installe
à côté de nous. Les menus sont variés, les mets savoureux. Je n'avais jamais goûté
de pamplemousse, de couscous ni de maquereau.
L'HYGIÈNE CORPORELLE EST ÉDUQUÉE EN PERMANENCE
Il est très stimulant et éducatif pour les enfants de faire
leur toilette ensemble à heures et jours fixes, selon des rites respectés par tous :
brossage des dents, douches régulières avec changement de linge, déshabillage complet,
pour se coucher par exemple.
Le tout placé sous la
vigilance de l'enseignant et/ou des animateurs qui ont assez de doigté pour ne pas
imposer ces règles mais les faire accepter aux enfants en prenant à part ceux d'entre
eux qui ont un blocage particulier.
LES
ACTIVITÉS DE PLEINE NATURE SONT DES ACTIVITÉS PHYSIQUES VRAIES. EN CE SENS, ELLES ONT
DES RÉPERCUSSIONS SUR LA BONNE SANTÉ DES ENFANTS
Si elles ne sont pas
vécues dans un but de performance ou de compétition mais comme moyen de découverte du
milieu, les activités physiques participent à l'équilibre général de la vie des
enfants et, par voie de conséquence, à leur bonne santé.
L'adaptation à un nouveau milieu et
l'obligation de surmonter des difficultés physiques et morales fait appel aux ressources
profondes de chacun et, par conséquent, développe les facultés d'adaptation.
C'est, en conclusion, une possibilité supplémentaire d'épanouissement
pour la plupart des enfants
Certains enfants, surprotégés chez eux, trouvent là l'occasion
de faire des expériences qu'ils ne feraient pas dans le milieu familial :
* Participer à des
tâches ménagères diverses -. repas, nettoyage, rangement. L'ambiance de vie
coopérative fait que chacun se dépasse pour tenir ses engagements vis-à-vis du groupe.
Transporter une soupière
pleine, pour Pascal qui tremble sans cesse et à qui on refuse tout effort à la maison a
été pour lui un immense effort et une victoire.
* Découvrir le camping, les baignades, un sport nouveau.
* Utiliser des moyens de transport inhabituels (train, bateau, métro, avion dans certains
cas).
Pour beaucoup cette approche du risque nécessite une maîtrise
de soi d'autant plus forte que le milieu familial est sur protecteur.
L'élargissement de
l'éventail des situations à vivre permet également à certains de révéler une
aptitude jusque là cachée.
Quelle joie pour un
enfant habituellement en difficulté dans des disciplines bien scolaires d'être plus fort
que les copains et que la maîtresse au ski (Chadenas).
Gaëlle en CE2 est extrêmement lente (à la suite d'une
méningite, elle a dû réapprendre à marcher, parler...). Au retour de classe de mer,
ses parents notent qu'elle parle beaucoup plus rapidement. Pendant le séjour , elle a
vaincu plusieurs appréhensions: monter sur un bateau, monter à cheval, marcher sur les
rochers, dans la vase... Elle a pris conscience qu'elle était capable de faire comme les
autres.
J. Bizet
- de
s'épanouir aux plans affectif, culturel, intellectuel, social,
- d'apprendre à apprendre, à partir du monde tel qu'il est et pas seulement dans
l'environnement immédiat, dans les livres et à la télévision,
- de développer leur curiosité, leur attention, leur aptitude à saisir toutes les
opportunités, leur esprit critique, leur sens logique et leur capacité à s'adapter à
diverses situations,
- de poser de vraies questions et d'amorcer des réponses dans un contexte complètement
nouveau et motivant,
- de nourrir leur imaginaire,
tous ces acquis leur permettront de mieux comprendre leur temps et de ne pas être à
l'écart dans un monde en constante évolution, que ce soit sur le plan des techniques qui
entrent très rapidement dans la vie quotidienne, sur le plan social où les modes de vie
évoluent sans cesse, sur le plan culturel enfin où les médias et la rencontre des races
et des civilisations ont une influence de plus en plus grande.
En vivant l'expérience des classes de découverte avec leurs
élèves, les enseignants sont conscients qu'ils participent à la modification de l'idée
que les générations passées se font de l'école (immobilisme ou sclérose) et savent
qu'ils sont partie prenante d'une recherche fondamentale sur les moyens de répondre aux
enjeux du monde de demain.
En cela, ils remplissent leur rôle le plus important celui
d'adultes médiateurs entre l'enfant et le monde.
De plus, il faut avoir présent à l'esprit que cette
génération d'enfants, de jeunes, est la première « télévisuelle » et qu'en cela,
elle est la première à qui la réalité est présentée sinon incolore mais du moins
inodore, à plat, sans repères spatiaux, ni temporels.
L'école publique a un devoir qui s'impose avec force : confronter
les enfants avec la RÉALITÉ.
La classe de découverte est un des outils de l'école ouverte
que notre époque nous impose... d'imposer.
L'expérience de classe de découverte
contribue au développement de la personnalité globale de chaque enfant et le prépare à
mieux appréhender le monde de demain.
COMMENT
réussir sa classe ailleurs?
AVANT LE DÉPART
Classes vertes, blanches, rousses, noires ou bleues, qu'elles
soient colorées ou pas, il reste à faire un choix judicieux.
Depuis les instructions de novembre 1964, qui concernaient
uniquement les séjours en classe de neige « pour une durée de quatre semaines au moins
», les choses ont beaucoup évolué.
Les types de séjour se sont multipliés et leur cadre temporel
en est souvent beaucoup plus souple.
Ce sont les circonstances de la vie de la classe qui amènent
l'adulte et les enfants, les jeunes, à décider du choix de tel ou tel type de séjour.
Dès le début de l'année scolaire, une correspondance
s'établit entre le CM2 de Kérédern et la classe du Drennec. Échanges de lettres, de
cadeaux, deux rencontres (une au Drennec, l'autre à Brest) fortifient cette
correspondance... et au cours du deuxième trimestre les gosses s'interrogent: « Allez
vous en classe de mer cette année ? Où ?... Quand ? »
Les deux classes partaient régulièrement, mais séparément,
tous les ans en classe de mer.
Et un beau jour, sur les lettres : « Et si on partait en classe
de mer ensemble ? » L'idée fait son chemin et, dès avant Pâques, nous arrêtons le
projet d'une classe de mer commune.
Quelquefois cependant, et en particulier lorsque les élèves
changent tous les ans de classe, c'est l'enseignant seul (au départ) qui propose le
séjour avec le souci de faire adhérer très rapidement les enfants au projet.
LA CLASSE DE NEIGE OU CLASSE BLANCHE
Un nombre
important de classes fait le choix de partir en classe de neige.
Historiquement, ce sont les séjours les plus anciens (ils ont
commencé au début des années 1950). Leur création fut intimement liée à une
politique générale des loisirs. L'erreur consisterait à vivre la neige et le ski
uniquement comme des plaisirs consommables en oubliant que ce sont également des moyens
de découverte du milieu.
Il n'en reste pas moins qu'il s'agit quelquefois de séjours «
chers », pour les classes désireuses de partir, étant donné l'équipement spécial
qu'ils nécessitent, le prix de l'encadrement, de l'accès aux pistes et du local à
louer, situé, en général, dans une région touristique.
Le désir
commun permet de surmonter la plupart des difficultés. Sur place, elles sont vite
oubliées.
LA CLASSE DE NATURE OU CLASSE VERTE, ROUSSE EN AUTOMNE
C'est
certainement la classe de nature qui réclame le plus petit budget pour des activités de
découverte tout aussi enrichissantes qu'ailleurs. Elle peut se dérouler à la campagne
ou à la montagne, à l'époque où elle n'est pas enneigée. On peut y adjoindre, selon
les moyens, de l'équitation, des randonnées en vélo, du camping sous tente, du kayak,
de l'escalade en montagne. Toutefois, toute activité spécialisée réclame une
infrastructure plus complexe nécessitant, la plupart du temps, un encadrement permanent.
La formule
la plus simple qui consiste à occuper, à la campagne ou à la montagne, des locaux non
gérés par un organisme et à entreprendre, sans aide particulière, la découverte du
milieu, est la formule que choisissent souvent les groupes classe désirant entièrement
autogérer leur séjour. La nature livre ses richesses à qui sait les explorer.
LA CLASSE DE MER OU CLASSE BLEUE
Au séjour
en classe de mer est souvent associée une activité de voile. Comme pour le ski en classe
de neige, il s'agit de considérer cette activité comme un moyen de découverte du milieu
et non comme un entraînement à la compétition. (lui dit voile dit séjour en centre
nautique spécialisé avec des animateurs compétents et par conséquent séjour
relativement cher. Nombreuses sont les classes qui vont découvrir la mer, ses merveilles
et ses ressources sans forcément pratiquer la voile.
Des classes moins classiques mais tout aussi passionnantes
LA CLASSE SPÉLÉO OU CLASSE NOIRE
La spéléologie peut être une activité « d'appoint » dans le
cours d'une classe de découverte. C'est ce que nous conseillons au niveau du cycle
élémentaire car c'est une activité extrêmement intense et éprouvante. Lorsqu'elle
devient la motivation principale, rien n'empêche alors d'organiser une « classe noire
», avec toutes les précautions que cela implique.
La spéléologie est une activité dont la difficulté dans une
classe ou un camp d'une certaine durée est très vite... la saleté. Eh oui ! c'est un
plaisir de ramper dans la boue, mais au bout de quelques jours, ça pose des problèmes
d'hygiène. Donc, sauf en plein été, on préférera toujours avoir une base « en dur »
avec douches chaudes et séchoir à linge. Il existe certains refuges spécialisés ou
certains centres de plein air, particulièrement dans le Vercors et en Ardèche.
L'intérêt de cette activité est sportif, scientifique (étude karstique, hydrologie, paléontologie, etc.) et, n'hésitons pas à le dire, thérapeutique (prise de confiance en soi, vie d'équipe intense et sécurisante, voyage symbolique ... ). On ne s'improvise pas guide spéléo. S'adresser, si l'on ne connaît pas de guides sûrs, à la Fédération française de spéléologie, 130, rue Saint-Maur 75011 Paris, qui vous donnera la liste des délégués départementaux ou des clubs de votre région.
Et enfin... pensez que
sous terre le moindre incident peut être très lourd de conséquence : la spéléo en
camp de jeunes est une activité dangereuse... lorsqu'elle est encadrée par des « guides
» inexpérimentés.
LA CLASSE-PATRIMOINE
Lancées officiellement en 1982 sous l'impulsion du ministère de
la Culture, les classes patrimoine s'appelaient, au départ, « classes de monuments
historiques ». L'objectif en était : initiation au patrimoine et intervention sur
celui-ci. Dans ce type de séjour, il s'agit d'étudier la nature avec l'idée d'observer
l'empreinte de l'homme sur elle, la façon dont les monuments et les sites s'intègrent au
paysage et quelle était leur destination. Il est conseillé également de faire
participer les enfants, les jeunes, à la restauration de monuments anciens afin de leur
permettre une approche sensible de la réalité historique. Bien que l'objectif de ces
classes soit limité, on comprend tout l'intérêt qu'il y a à faire sentir aux enfants,
aux jeunes, le lent travail des siècles et à leur donner le goût de la « belle ouvrage
».
Chaque fois que la durée du séjour le permet, il est utile
d'élargir les objectifs de ce type de classe à la découverte de l'ensemble du
milieu :
- le
paysage naturel est transformé par l'homme
- l'homme
et ses activités sont conditionnés par le milieu.
LA CLASSE-MUSÉE
Les thèmes des classes musée, sans évacuer les domaines des
classes patrimoine, offrent de plus aux élèves un large panorama du patrimoine dans le
temps, l'espace et les techniques, de la préhistoire à nos jours, de la machine à
papier à la BD ou à l'art contemporain, par exemple. En général, à un travail
théorique au musée, succèdent des visites et des rencontres avec des professionnels du
patrimoine : archéologues, conservateurs de musée, directeur d'une galerie d'exposition,
d'une artothèque, président de société archéologique, ethnographe, muséographe qui
dialoguent avec les enfants. Des activités de détente : canoë, escalade, natation, sont
prévues pendant le séjour.
C'est un type de classe de découverte qui concerne les jeunes à
partir du CM.
LA CLASSE-PÉNICHE
Dans les régions sillonnées par de nombreux canaux, certains
organismes mettent des péniches à la disposition des classes. C'est une formule
originale et intéressante de découverte du milieu.
Pendant quelques jours, le
groupe étudie non seulement la région traversée mais également ce mode de transport
très spécifique (écluses et éclusiers, marchandises, évolution du métier de
batelier).
LA CLASSE-RANDONNÉE
La classe randonnée, pour
des grands, est une classe très mobile qui se déplace à pied ou à vélo. Elle utilise
les campements, les refuges, les gîtes d'étape pour son hébergement.
LA CLASSE-RIVIÈRE
Vivre une classe rivière consiste à étudier une portion de
rivière tout en la descendant en bateau, en kayak ou en canoë. Les enfants sont
répartis dans plusieurs embarcations et hébergés chaque soir à l'étape.
LA CLASSE DE NATURE MUSICALE
En classe de nature musicale, l'activité musique est une
activité quotidienne étroitement imbriquée dans l'emploi du temps avec les autres
activités de découverte.
L'enseignement musical est dispensé par des professeurs
animateurs qui peuvent appartenir par exemple à la Fédération des centres musicaux
ruraux. Il est adapté en durée et tient compte de l'âge et du niveau musical des
enfants.
LA CLASSE « ARC-EN-CIEL »
C'est une classe de découverte qui place la création artistique
au centre de ses activités. Le groupe classe élabore un projet artistique qu'il réalise
avec le concours de professionnels de l'art : peintres, sculpteurs, décorateurs,
directeurs de galeries de tableaux, dessinateurs. A la manière du « bain
linguistique » pour l'apprentissage d'une langue étrangère, l'objectif des classes «
Arc-en-ciel » consiste à immerger le groupe classe dans une activité intense de
création plastique.
LES CLASSES-VILLETTE
Les classes-Villette intéressent tous les niveaux d'élèves et
s'articulent autour d'un thème scientifique ou technologique structurant. Elles peuvent
durer une à deux semaines. Elles font appel, de façon complémentaire, à d'autres lieux
ressources de Paris et s'adressent aussi bien aux élèves de province qu'à ceux de
Paris et banlieue.
LA CLASSE-RENCONTRE
Non seulement les classes de découverte peuvent permettre la
rencontre de groupes classes se connaissant par la correspondance, mais il existe des
possibilités de rencontres d'un tout autre type.
Tel ce projet désirant s'articuler autour d'un programme
d'ouverture de l'école vers les personnes du troisième âge. L'objectif est de faire
vivre ensemble, dans un même lieu, des enfants et des personnes du troisième âge
partageant des activités communes (découverte du milieu, travaux manuels, activités
sportives, musicales, théâtrales), échangeant au moyen de débats et réalisant comptes
rendus, exposés, montages, fêtes, etc.
LA CLASSE DE DÉCOUVERTE A
L'ÉTRANGER
Quitter son pays pour partir à la découverte d'une région, à
l'étranger, semble une expérience difficile à réaliser. Même si cela reste
exceptionnel, cela existe pourtant, des témoignages le prouvent et c'est passionnant
LA CLASSE DE VILLE
La découverte d'une ville concerne d'abord les groupes classes
vivant dans les campagnes isolées. Mais il ne s'agit pas de découvrir n'importe quelle
ville. Souvent, il s'agit du chef-lieu de l'arrondissement ou du département, ou la
capitale régionale, pour que, au-delà du paysage urbain, on s'intéresse aux fonctions
qui retentissent sur l'arrondissement, le département de la classe d'origine.
LA CLASSE-LECTURE
Le Centre national des
classes lecture piloté par l'INRP et l'AFL vient d'être implanté à Bessines (Gard).
C'est un lieu d'accueil, de formation et de travail aménagé autour d'une BCD, d'une
salle informatique, d'une radio locale et d'une station de publication assistée par
ordinateur. Outre les activités de classe, les enfants bénéficient d'activités
sportives et de découverte du milieu. Ce qui fait la spécificité du CNCL c'est qu'il
permet la prise en charge par les adultes (enseignants, bibliothécaires, animateurs) et
par les enfants, d'une politique de lecture en grandeur réelle : gestion et animation
d'une bibliothèque publique, travail avec les écoles et le collège, radio,
manifestations régulières autour de l'écrit, du livre...
LA CLASSE DE DÉCOUVERTE... A 20 KM DE CHEZ SOI !
ou en guise de conclusion :
DÉCOUVERTES MULTIPLES,
MAIS DE QUOI ?
Nous venions d'un village, nous arrivons dans un autre village à
vingt kilomètres de chez nous, quel intérêt ?
Vie du groupe, repas, coopération bien sûr!
Mais aussi: étude du milieu.
Nous n'étions pas au zoo mais presque chez des amis: nous avons notamment visité des
fermes... alors qu'il y en a chez nous... fils de cultivateurs, d'ouvriers agricoles, ou
voisins, neveux de... Quel intérêt ? Eh bien, tout simplement, les différences
prenaient un sens
- Comment vous trayez?
- Chez nous c'est pas pareil, nous...
- Alors le laitier passe deux fois par jour ?
C'était l'époque de l'installation, par les laiteries, de tanks réfrigérés, de la
concentration des entreprises laitières.
- Oui vous ramasse le lait ?
- Mais, l'autre ferme, c'est pas là qu'ils vendent le leur ? - Chez nous...
- Vous trayez à quelle heure ?
- On ne fait plus de vaches laitières.
- Comme X, chez nous! (la plus grosse ferme). Et suivent les comparaisons de rythmes de
vie.
- Oui fait vêler les vaches ? Oui travaille à la ferme ? A y faire quoi ?
Là, on comprend les conséquences humaines, sur le travail quotidien des parents, du fils
aîné. On était /à de plain-pied. En arrivant, on disait fièrement: « On vient d'un
village de cent habitants. » Et les visages s'ouvraient ! Et les portes aussi.
Quel lieu
d'accueil?
Le choix du lieu d'accueil est
lié au type de structure souhaité
SÉJOUR ENTIÈREMENT AUTOGÉRÉ EN MILIEU NON INSTITUÉ
Si le choix fait par le groupe classe est, pour diverses raisons,
d'autogérer entièrement son séjour, il prend complètement en charge :
- les démarches de financement du séjour ;
- la recherche d'un lieu à louer sans personnel permanent
- la constitution d'une équipe éducative d'encadrement.
Pour ce qui est des
locaux, il faut savoir que certaines municipalités, des associations, comme les Pupilles
de l'école publique, ou des comités d'entreprises, des parcs nationaux, des foyers
ruraux peuvent mettre à la disposition des groupes, des colonies de vacances inutilisées
en période scolaire, des maisons de village, des fermes ou des chalets.
Bien entendu, à la belle saison, le camping sous tente, pour les
grands, reste la formule la plus simple et la moins onéreuse.
Ce type de séjour est celui qui demande à un groupe le plus
d'investissement en énergie.
Pendant la période
d'investigation, en plus des activités pédagogiques et sportives à prévoir,
l'enseignant est souvent dans l'obligation de frapper à plusieurs portes, supporter un
abondant courrier et étudier minutieusement l'équipement, le matériel et les denrées
alimentaires à emporter. Il faut tout prévoir, la préparation des repas, l'organisation
des menus, les tâches ménagères, le nettoyage général des locaux. Mais quelle
richesse pour le groupe, sur le plan éducatif et sur le plan des relations mutuelles. La
découverte du milieu va de pair avec une meilleure connaissance des uns et des autres, à
condition que les préoccupations matérielles soient suffisamment dosées pour qu'elles
n'envahissent pas l'emploi du temps.
Bien préparée, cette formule est vraisemblablement la plus
éducative : se prendre en charge totalement et assumer les avantages et les
inconvénients de ce que l'on a mis en place.
SÉJOUR EN CENTRE SPÉCIALISÉ
Les centres
spécialisés sont de deux types :
- soit ils comportent un directeur (trice) de centre assurant
seulement la gestion, entouré d'un personnel pour l'entretien, mais il n'existe pas, sur
place, d'encadrement permanent de moniteurs ou autres éducateurs ;
- soit ils sont formés d'une équipe d'encadrement permanente et spécialisée qui gère
à la fois le centre, les activités de découverte et les activités sportives. Ces
centres sont parfois dotés d'un(e) enseignant(e) détaché(e) chargé(e) de l'accueil des
classes.
Dans le premier cas, le groupe classe arrive dans un
centre qui le libère complètement des tâches matérielles. Si la précaution a été
prise d'entrer en relation, bien avant le séjour, avec l'équipe de gestion, pour
définir ensemble les rôles de chacun et s'entendre sur les règlements dans le but de
respecter les acquis de chaque partie, il s'agit là d'un type de séjour qui permet au
groupe de se consacrer complètement à la découverte du milieu. C'est le groupe qui
prend tous les contacts pour les visites et pour les activités physiques si besoin est.
Dans le second cas, le
groupe classe arrive dans un centre où tout est pris en charge par l'équipe permanente,
jusque et y compris les activités de découverte. Avant l'arrivée, le directeur adresse
au groupe, la plupart du temps, un recueil comportant un projet pédagogique précis.
Sur place,
l'enseignant(e), animateur(trice) permanente(e), s'il y en a un(e), fait équipe avec
l'enseignant de la classe et dirige les activités de découverte. Des animateurs,
permanents également, encadrent les activités physiques de voile, de ski, d'équitation,
etc.
C'est un type de structure complètement différent de la
structure autogestionnaire sauf si l'on parvient à instaurer une concertation
enfant/adultes intégrant tous les partenaires du centre.
Je me souviens d'une classe de neige, dans un centre
spécialisé, où tous les adultes du centre, moniteurs, administrateurs et touristes qui
se joignaient souvent à notre groupe, préférèrent rater une journée de ski pour vivre
avec nous le moment du départ tant les relations avec mon groupe d'ados avaient été
riches.
Quelle
durée peut avoir le séjour ?
Y a-t-il une période de
l'année particulièrement favorable ?
Pour pouvoir parler de
classe de découverte et non de sortie ou de voyage scolaire, il faut compter un minimum
de dix jours de séjour selon les instructions officielles.
LA DURÉE VARIE SELON L'ÂGE DES ENFANTS
Le choix de la durée d'un séjour se fait, évidemment, en
fonction de l'âge des enfants. Les « petits » ont plus vite des problèmes affectifs
dus à l'absence des parents.
La durée « souhaitable » de vingt jours, au niveau primaire,
semble représenter une durée maximum.
LA DURÉE VARIE SELON LE TYPE DE SÉJOUR CHOISI
S'il s'agit de camping ou d'installation en dur entièrement
autogérée, il est souhaitable que la durée du séjour ne soit pas trop longue, compte
tenu des contraintes matérielles, plus difficiles à gérer avec une équipe
d'encadrement occasionnelle, et des enfants peu habitués à ce type de fonctionnement. Ce
sont des séjours qui n'excèdent guère huit à dix jours en général.
Dans les centres
spécialisés, le séjour peut durer jusqu'à trois semaines (les instructions officielles
parlent de durée « souhaitable » de vingt jours).
C'est le centre lui-même qui en détermine la durée du fait
qu'il tient, la plupart du temps, le planning des groupes à accueillir.
De ce fait, certaines classes optent pour des séjours de sept
jours (du mercredi au mardi suivant) dans la mesure où cela leur permet d'échapper au
statut de classe de découverte (ça correspond à quatre jours et demi de classe, donc
moins de cinq jours). Elles se placent ainsi dans le cadre d'une « sortie pédagogique »
organisée à l'initiative et sous la seule responsabilité du directeur d'école. Cela
simplifie les démarches sur le plan administratif.
ELLE VARIE SELON LES POSSIBILITÉS DE FINANCEMENT.
Des groupes « pauvres » ne peuvent s'offrir des séjours longs.
A l'inverse, certaines municipalités et conseils généraux ont les moyens d'aider au
financement de séjours importants.
Dans ce domaine,
l'inégalité la plus complète règne au niveau de toute la France.
Les périodes favorables
Il faut noter que l'automne est une époque particulièrement
intéressante :
- pour souder, si possible, le groupe classe en début d'année
scolaire
- pour glaner une documentation que l'on aura le temps
d'exploiter.
Si on laisse passer octobre - après, c'est l'hiver avec ses
intempéries et ses journées plus courtes - il faut attendre avril-mai pour partir,
excepté bien entendu pour les classes de neige.
Les séjours en fin
d'année scolaire permettent rarement une exploitation valable, sauf dans le cas où les
élèves et leur enseignant(e) restent ensemble deux ans de suite.
Malgré ces réserves, bien souvent, les séjours se déroulent
à tout moment de l'année scolaire, les circonstances du vécu des classes faisant
naître des motivations indépendantes des raisons évoquées ci-dessus.
QUEL RÔLE LE NOMBRE DE CLASSES
REGROUPÉES DANS UN MÊME LIEU PEUT-IL JOUER DANS LA RÉUSSITE DU SÉJOUR ?
Selon les centres, la capacité d'accueil peut aller de une à
six ou sept classes accueillies en même temps.
Les instructions officielles de septembre 1982 conseillent
d'éviter les centres réunissant un trop grand nombre de classes et recommandent aux I.A.
de veiller à ce que la capacité des centres en création ne dépasse pas quatre ou cinq
classes. Si bien équipés soient-ils, les lieux à forte concentration d'enfants
ressemblent plus à des usines à loisirs qu'à des endroits propices à la recherche et
à la découverte motivées.
Avant le départ, le groupe classe s'interroge sur le nombre de
classes qu'il souhaite côtoyer durant le séjour.
Une classe unique peut souhaiter vivre quelques semaines avec une
ou plusieurs autres classes très différentes.
Une classe d'enfants handicapés peut voir là une possibilité
intéressante de cohabiter avec d'autres enfants et vice versa : une classe d'enfants non
handicapés peut souhaiter vivre avec des enfants différents.
La classe qui a des correspondants trouve là une occasion de
vivre quelque temps ensemble et de prolonger ainsi les échanges et les contacts
antérieurs dans le but de les conforter et de les solidifier. Dans ce dernier cas, la
mise en route des travaux communs en est grandement facilitée et sa durée écourtée. On
peut songer aussi à partir avec deux classes de la même école : occasion d'élargir les
groupes classes souvent très cloisonnés. Cela présente un avantage matériel : un grand
car peut suffire pour deux classes, les frais de transport se trouvent répartis sur un
plus grand nombre d'enfants.
Restent les classes qui préfèrent partir en solitaire, soit
parce qu'elles n'ont pas le choix, compte tenu des difficultés de financement, soit que
l'activité choisie nécessite un nombre limité d'enfants ou de jeunes (c'est le cas par
exemple d'une classe péniche). Quelquefois, elles ont besoin de ce choix pour se faire
une unité, souder leurs éléments. Par exemple dans le cas de classes appartenant à des
groupes scolaires chargés en effectif toute l'année ou de classes de collèges
d'enseignement secondaire.
En conclusion, il apparaît que le nombre des classes regroupées
dans un même lieu soit un facteur important de la réussite du séjour et qu'il s'agisse
d'un aspect à ne pas négliger.
Nous étions seulement deux classes dans le centre, ne nous
connaissant pas préalablement.
Toutes les activités : ski, veillées, promenades, enquêtes... étaient discutées
coopérativement puis pratiquées en commun.
Nous nous sommes revus après le séjour pour visionner diapos, films... pour goûter,
pour jouer ensemble...
L'année suivante, je pars avec une collègue de mon école dans un centre à grosse
concentration humaine (six classes !) Nos deux classes avaient prévu de se retrouver pour
vivre ensemble certains moments. Hélas, les structures du centre sont tellement
contraignantes qu'il ne sera possible d'avoir des échanges que pendant nos heures de
classes. Adieu veillées collectives ! Il faudra attendre le retour pour jouer avec les
copains de l'autre classe, ceux avec qui on
avait l'habitude de jouer avant t le départ. ...
La
préparation matérielle du séjour
LES DÉMARCHES ADMINISTRATIVES
Elles sont
relativement simples :
- information de l'IDEN
(Inspecteur départemental de l'Éducation nationale) de son propre département (appelé
département d'origine). Il s'agit de lui présenter le projet ;
- demande d'autorisation à l'Inspecteur d'académie par la
voie hiérarchique à l'aide d'un formulaire d'autorisation de séjour à remplir (voir en
annexe) ;
- information des familles qui doivent remplir une autorisation de départ.
Pour tout ce qui concerne la réglementation des centres, les
assurances et le contrôle médical, lire les instructions officielles.
A noter que pour les séjours de moins de cinq jours, lorsque
c'est le directeur d'école qui est responsable, celui-ci n'a pas à demander
d'autorisation mais il doit seulement informer son inspecteur.
Les dépenses
Les
dépenses occasionnées sont de plusieurs ordres :
- l'hébergement et la nourriture d'abord. Ce qui représente
environ 65 % des dépenses ;
- le prix du voyage aller-retour sans oublier les sorties sur place
- les salaires de certaines catégories de personnel selon les cas (lorsqu'il faut
utiliser les compétences d'éducateurs de plein air) ;
- location de matériel spécial pour le ski, la voile, le cyclotourisme, la spéléo,
l'équitation, etc. ;
- l'achat ou la location de matériel pédagogique : matériel photo, film, matériel
d'exposition, d'impression (photocopie...).
Les ressources, les aides et les subventions
En ce qui concerne les recettes, plusieurs possibilités :
- le budget de fonctionnement de l'école ;
- les participations des collectivités locales votées par le conseil municipal et le
conseil général. Il faut donc penser à les demander plusieurs mois avant le départ
- les subventions de l'État ; ces subventions dites « d'incitation » sont d'un montant
peu élevé ;
- les participations des familles (celles-ci peuvent, le cas échéant, faire appel à
leurs comités d'entreprises ou aux services sociaux des employeurs)
- la coopérative scolaire ;
- la Caisse nationale des monuments historiques et des sites (classe patrimoine et classe
musée).
Des subventions diverses peuvent être obtenues de différents
organismes mutuelles, oeuvres sociales, comités d'entreprises, caisses d'épargne et de
prévoyance, associations de parents.
La Caisse d'allocations familiales, les Pupilles de
l'enseignement public, la Direction départementale de l'action sanitaire et sociale
(DDASS), le Secours populaire français (aide individualisée) aident également les
enfants les plus défavorisés. Il peut être utile pour ces enfants là d'entrer en
contact avec les assistantes sociales du secteur.
Toutefois, la plus grande
inégalité règne dans ce domaine, comme nous le disions dans un chapitre précédent,
toutes ces subventions étant étroitement liées aux ressources locales et régionales.
Beaucoup plus souvent, en préparant le budget, le groupe classe
s'aperçoit qu'il est déficitaire. Plus ou moins d'argent manque pour équilibrer les
comptes, il faut alors déployer des trésors d'imagination pour trouver des solutions et
tâcher de constituer des fonds propres.
Des pistes, des idées pour constituer des ressources propres
L'éventail des idées pour constituer un fonds de ressources
propres est très large mais il est indispensable d'adapter ces idées au contexte de la
classe ou de l'école. Selon les possibilités, on peut organiser :
- une kermesse, une tombola
- une fête ;
- un spectacle auquel sera convié un chanteur régional
- un loto (pendant la période autorisée par la loi)
- un concours de belote et tarots ;
- la cueillette de plantes, de fleurs, de champignons à revendre au marché
- la récupération de vieux papiers, de vieux métaux et batteries hors d'usage, de
livres d'occasion
- la vente de pâtisseries ;
- un grand repas collectif (mais si, mais si) un couscous, par exemple - des petits «
boulots » (lavage de voitures ... ).
A noter l'initiative d'un enseignant de l'Oise qui, ne voyant pas
venir la subvention promise, n'hésita pas à fabriquer des assignats qu'il remit à
diverses personnes de la localité, volontaires, pour avancer des parts de la somme
attendue.
Et quand la situation financière semble désespérée ?
En voici un témoignage :
Le
séjour apparaît maintenant beaucoup plus réel, on s'attache désormais à la
préparation matérielle. Chacun s'y voit déjà ! Mais l'optimisme est vite éteint: les
prix qu'on nous demande à présent annulent toute espérance de départ vers ce lieu ! (4
000 F de location + 1 000 F par jour de chauffage). Nous sommes maintenant coincés par le
temps et je fais moi-même d'autres démarches pour un autre lieu. On s'arrête à
l'unique possibilité qui nous est offerte : une école désaffectée dans le Parc naturel
du Morvan.
A Saint-Jean-Saint-Maurice (42)
Afin de ne pas pénaliser les familles qui comprenaient plusieurs
enfants, familles souvent peu aisées, une maman a proposé non pas un prix par enfant,
mais par famille. Calcul fait, cela augmentait la participation de chacun de... 2 0 F.
Et cela permettait à six enfants qui auraient été exclus pour raison financière de venir.
L'esprit coopératif peut exister aussi chez les parents
Il est très important que les familles participent au
financement.
Des bons « classes transplantées » sont alloués par certaines
caisses d'allocations familiales et par certains comités d'entreprise.
L'étalement du règlement sur plusieurs mois peut être une
façon d'aider les plus défavorisés et ceci est d'autant plus facile à organiser que le
nombre des familles concernées est en général peu élevé.
Nous verrons plus loin comment sensibiliser les parents à tous
les problèmes matériels. Il existe également des aides possibles en matériel, skis et
chaussures, par exemple, pour la neige, et des aides en équipement et trousseau ;
anoraks, pull-overs, pantalons, linge de corps. On peut organiser une « bourse aux
vêtements » dans l'école.
Se renseigner auprès des services de Jeunesse et Sport, de la
FOL pour le prêt de matériel.
L'ÉQUIPEMENT DES ENFANTS
Du trousseau de chacun au matériel à emporter pour le voyage et
les loisirs en passant par l'argent de poche, l'équipement des enfants, des jeunes,
relève à la fois de la préparation matérielle du séjour, de sa préparation
pédagogique et, même, de sa préparation psychologique. Une seule règle préside à
l'ensemble de ces besoins : la simplicité afin d'éviter l'exagération et l'étalage des
richesses et des moyens.
Le trousseau
Il faut souvent beaucoup
de persuasion pour convaincre certaines familles de ne pas acheter les vêtements les plus
chers. On présente aux parents non pas un trousseau type mais un trousseau pensé en
fonction de leurs ressources, des activités à effectuer et du climat du lieu d'accueil.
La tenue de ski, pantalon et anorak en est un exemple type. Elle
peut ne pas occasionner de nouvelles dépenses : en hiver, les enfants ont souvent deux
pantalons en velours et un anorak ordinaire qui font bien l'affaire. C'est un conseil à
donner aux familles défavorisées. Les familles aisées n'ont besoin d'aucune consigne
particulière pour effectuer des dépenses supplémentaires. Pour la classe de découverte
ordinaire : des bottes, un k-way et les vêtements de tous les jours.
S'il s'agit d'une classe-spéléo, il faut prévoir un trousseau
particulier : les habits utilisés sous terre ne pourront plus resservir à un autre
usage, même, la plupart du temps, au niveau des sous-vêtements.
L'argent de poche
Dans ce
domaine également, l'enseignant essaie d'aider les parents à garder la mesure. Sans
cette précaution les différences risqueraient d'être considérables. Certains enfants
emporteraient des sommes importantes résultant des cadeaux des mamies, tonton, marraine
et amis, tandis que d'autres perdraient dans un recoin de leur bagage les quelques pièces
remises au départ. Une des solutions consiste à décider collectivement, en réunion de
coopérative par exemple, le montant de la somme à emporter, la même pour tous. C'est
là l'occasion d'un échange dont chacun comprend la portée éducative, mais le procédé
ne met pas pour autant l'enseignant à l'abri des surprises :
Bien que la somme à emporter (50 F) ait été décidée par les
enfants et approuvée lors d'une réunion où tous les parents étaient présents, quelle
ne fut pas ma stupéfaction de découvrir, à l'arrivée, que certains enfants disposaient
du double, voire du triple de la somme retenue
Pour occuper le voyage et les loisirs sur place
Selon la durée du voyage et du séjour sur place, les enfants
peuvent être tentés d'emporter boissons, bonbons ou autres friandises, jeux et journaux
divers.
Là encore, pour éviter les différences trop marquées, on
établit quelques règles avant le départ.
Il peut être décidé ensemble que, dans ce domaine, tout sera
mis en commun, cette décision devant être prise avant le départ pour que les familles
en aient connaissance avant le partage. Il devient alors plus difficile pour un enfant
d'ingurgiter tout seul dans un coin du car six colliers de bonbons de couleur qui le
feront sans doute vomir. Et il n'est rien de plus agréable, pendant le séjour, que de
recevoir un gros paquet collectif d'oreillettes ou « bugnes » confectionnées par une
maman à l'intention de toute la classe. Il en est de même pour les jeux et les journaux
qui peuvent servir à tous durant les siestes ou les veillées selon des tours de rôle à
établir ensemble.
La classe de découverte est souvent l'occasion de vivre quelques
jours sans bonbons et sans sucreries, ce qui ne peut apporter que des bienfaits. On peut,
par contre, amener des fruits secs.
EN SÉJOUR AUTOGÉRÉ: PRÉVOIR LE RAVITAILLEMENT, LES MENUS
Il est rarement possible d'emporter tout le ravitaillement utile
à toute une classe pendant plusieurs jours. Cela ne se fait que dans quelques cas :
effectifs peu nombreux et séjours très courts. La plupart du temps le groupe classe
prévoit à l'avance, pour tout le séjour autogéré, ce qu'il aime manger et comment
s'effectue le ravitaillement. Certaines classes établissent les menus avant le départ,
même si une fois sur place, les aléas de l'approvisionnement obligent à les modifier,
à les aménager.
LE MOYEN DE TRANSPORT
Il est souvent nécessaire de prévoir longtemps à l'avance le
moyen de transport vers le lieu de séjour. Le déplacement peut se faire selon la
distance et l'effectif :
- à l'aide de voitures individuelles ou camping-cars
(appartenant à l'enseignant et aux parents) dans ce cas on organise bien avant le départ
la répartition des enfants dans les voitures, on prévoit les défections de dernières
minutes et on effectue les démarches concernant les assurances,
- en car : c'est le moyen le plus couramment utilisé. Il a
l'avantage de prendre les enfants devant la porte de l'école pour les amener devant celle
du lieu de séjour.
Si le séjour a lieu en automne, les transporteurs ont des cars et du personnel disponibles et on peut obtenir de meilleurs prix. On peut aussi garder le car pendant la durée du séjour ce qui facilite considérablement les déplacements dans la région à découvrir.
Penser à réserver le car plusieurs mois à l'avance surtout en
période touristique (de mai à juin par exemple),
- en train : pour certains enseignants, il offre des garanties de
sécurité supérieures au car et permet aux enfants d'être moins fatigués à
l'arrivée, le transport étant moins long. Cela devient plus complexe quand il faut
amener les enfants au train et les transporter du train au lieu de séjour. Si c'est le
mode de transport choisi, veiller à demander les tarifs de groupe,
- en avion ou en bateau, ce qui reste plus exceptionnel, dans le
cas de voyages à l'étranger par exemple.
Quel que soit le mode de transport choisi, sans oublier les
déplacements à bicyclette, en classe de randonnée, veiller d'abord :
aux normes de sécurité spécifiques à chacun d'eux
aux réductions dont on peut bénéficier pour
déplacement en groupe. (Pour l'avion, ne pas hésiter à faire jouer la concurrence des
agences en demandant des devis six mois à l'avance.)
Les élèves de l'école
Le
.
Orvaux
77190 Conches
Tél. : 32.30.03.06
Monsieur,
Recevez mes salutations distinguées.
Le secrétaire :
La classe de découverte n'est pas un cadeau qui arrive par
hasard. Il nous paraît important que les élèves participent à sa préparation
matérielle et, selon les âges, soient plus ou moins confrontés aux difficultés
qu'implique un tel départ.
Il est bon que les enfants, les jeunes maîtrisent certaines
données et qu'ils soient en mesure d'évaluer les conséquences de certains actes. La
préparation de la classe de découverte est l'une des conditions de sa réussite. Sans
elle il n'y aurait plus qu'un changement de lieu qui risquerait d'être plus proche du
tourisme que d'une entreprise éducative.
C'est d'abord autour de l'enseignant une équipe d'adultes
volontaires pour tenter l'expérience. On l'appelle l'équipe éducative. Il importe que
ces adultes sachent à quoi ils s'engagent en acceptant leur participation.
Les enfants, les jeunes sont associés à la préparation
pédagogique. Nous allons voir que si, avant le départ, certains groupes ont un projet
pédagogique précis, ce n'est pas le cas pour tous.
SE FAIT-ELLE AVEC OU SANS PROJET PÉDAGOGIQUE PRÉCIS ?
· Certains groupes définissent des objectifs mais n'ont pas de
projet pédagogique précis. Ils préfèrent que les projets s'élaborent au fur et à
mesure de la durée du séjour et à partir de ce qu'ils vont découvrir sur place. Ils
craignent qu'un projet précis, élaboré à l'avance, soit faussé lors de l'arrivée sur
le lieu de séjour.
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