Tableau des responsabilités
Tous les ans, en début d'année,
se pose le problème de la répartition des tâches. Soit le maître décide seul
d'en confier une à tel ou tel enfant, soit il doit être en mesure de proposer
des outils permettant aux enfants de se responsabiliser sans que souffle le
vent de l'injustice.
J'utilise pour ma part une roue constituée de deux cercles concentriques
assemblés avec une attache parisienne. En principe, celui du milieu est mobile,
l'autre étant fixé à un support (mur,…). Les deux sont divisés en autant de
parts que d'enfants : beau travail de géométrie pour les plus grands ! Sur
celui du centre, les enfants sont invités à marquer leur nom. Cette année, j'ai
donné aux enfants une étiquette pour qu'ils l'inscrivent à l'endroit et à
l'envers, puis ils l'ont collée.
Sur le cercle de l'extérieur, nous inscrivons au fur et à mesure des besoins les responsabilités, après discussion. Chaque lundi, au moment de la préparation du plan de travail, nous tournons d'un cran la roue interne et chaque enfant se trouve alors investi d'une nouvelle responsabilité, qu'il note alors sur son plan de travail. Là encore, cela permet de discuter des deux sens de rotation possibles.
Avantages
Ce système est très facile à mettre en place et il est peu onéreux. Il permet de responsabiliser rapidement la plupart des enfants. Il est très souple puisque toute nouvelle responsabilité peut être rapidement intégrée, quitte à en faire disparaître certaines ou à en regrouper d'autres. Il facilite donc le tâtonnement expérimental en matière de gestion d'un groupe. Il permet la discussion coopérative et donne à la classe les moyens de gérer un certain nombre de problèmes. Il est intéressant que les enfants sur une année goûtent à un maximum de tâches, en particulier celles qui sont dévalorisées comme le ménage ou le rangement. Pour beaucoup d'enfants, et en particulier les petits, la notion de semaine n'est pas très claire : le changement de responsabilité ponctue celui de la semaine.
Inconvénients
Certains enfants ne sont pas prêts à assumer certaines responsabilités, comme par exemple la présidence du conseil de coopérative. Il y a lieu de bien discuter de l'opportunité des responsabilités choisies pour figurer sur la roue ; certaines méritent un apprentissage. Une semaine, c'est un peu court pour le réaliser. Là encore, la discussion s'impose.
Christian Montcriol
La ronde des métiers ou un moyen de responsabiliser
l'enfant
Le refus des relations
infantilisantes passe par la mise en place des métiers. Le but est de gérer et
d'organiser la vie de la classe collectivement et coopérativement. Au départ, quatre
à cinq étiquettes métiers figuraient sur le mur. Les élèves volontaires
choisissaient à tour de rôle un métier et collaient leur étiquette prénom sous
l'étiquette métier. Ces métiers ont évolué par leur nombre et surtout par leur
fonction et leur utilité dans le groupe classe.
En voici quelques-uns : responsable tableau, cahier matériel, bibliothèque,
facteur, date, classeurs/fichiers, secrétaire, président,
lumière/porte/fenêtres…
Mais le phénomène bousculade refait surface et me voilà vite débordé par tant d'initiative et d'enthousiasme de la part des enfants. Comment faire ?
La solution passe alors par la construction d'un outil qu'une collègue de l'ICEM 54 nous a présenté. C'est une roue en carton avec des étiquettes-métiers au centre et des étiquettes-prénoms autour. Toutes les semaines, la roue tourne d'un cran : les enfants et les métiers font la ronde sans se bousculer et se disputer. Chacun attend son tour patiemment sachant qu'il viendra !
Antoine Cicolella
Droits de la classe
Depuis la visite dans notre classe de Lucie Côté, institutrice québécoise, j'ai institutionnalisé le fait d'avoir des droits dans la classe. Ceux-ci sont inscrits sur une feuille A4 visible de tous. Comme l'ensemble de nos outils, il est évolutif : on peut ajouter, amender, retrancher des droits en fonction des problèmes surgis et au vu de l'expérience des droits.
Les droits pour l'instant portent sur la cour de récréation (jouer dans la cabane, faire de la musique, faire l'arbre droit (appui tendu renversé contre le mur), dans la classe (changer de place, jouer à l'ordinateur, être responsable, utiliser les fichiers). C'est au cours des conseils de coopérative et généralement lors de conflits qu'il apparaît la nécessité d'inventer, modifier, préciser un droit. Il apparaît nécessaire d'en délimiter clairement les conditions de son exercice : espace, temps, fréquence, personnes concernées...
Avantages
Il me semble important de faire apparaître aux enfants que tout droit doit être
acquis et qu'il correspond à la fois à un besoin et à un engagement de le
respecter. Je pense que dans nos classes, nous avons tendance à aller au devant
des besoins des enfants et que nous leur octroyons des droits qu'ils n'ont pas
désirés et dont ils ne se sentent pas redevables. Attention à ne pas mettre la
charrue avant les bœufs ! Lorsqu'un enfant n'a pas respecté les règles de vie
de la classe : on ne peut supprimer un droit mais on peut en limiter la portée.
Le panneau constitue un document de référence en matière de droit et permet à
l'occasion de préciser des points peu clairs. Il permet de réguler des conflits
sans tomber dans l'arbitraire. Il est facile à mettre en place. Il permet le
tâtonnement en matière d'éducation civique.
Christian Montcriol