la coopération

EDUCATION A LA CITOYENNETE

Florence Saint-Luc 20 mai 98

L'éducation à la citoyenneté semble poursuivre 3 objectifs :
1/ la prévention de la violence et de l'incivilité
2/ l'éducation à la démocratie
3/ la lutte contre le totalitarisme

1/ la prévention de la violence et de l'incivilité

Cette éducation doit permettre d'apprendre :
- à respecter les règles : éducation à la responsabilité
- à respecter les autres : éducation à la solidarité, à la coopération
* savoir écouter les autres
* savoir gérer les conflits
* savoir s'enrichir des différences
* savoir gérer l'hétérogénéité
Pour répondre à ces objectifs, il paraît essentiel de développer la capacité des individus à élaborer des lois pour répondre aux besoins, aux problèmes posés par les conflits, d'envisager les sanctions pour prévoir l'application des règles.
Gérer l'hétérogénéité, c'est savoir prendre en compte l'individu, mais aussi les minorités. l'individu ou le groupe détenteur de projets ressentira comme une violence l'impossibilité de s'exprimer, et il répondra par la violence, l'agressivité. Respecter l'individu, c'est aussi accepter qu'il ait son rythme de progression, ses points forts, ses lacunes, et proposer un programme d'apprentissage personnalisé qui prenne en compte ces aspects.
Apprendre à respecter les autres, c'est :
- savoir écouter les autres
- s'enrichir des différences
Au-delà de l'écoute, il faut laisser la possibilité de s'exprimer par la parole bien sûr, mais aussi par la possibilité de réaliser des projets.
Cette possibilité d'expression et de réalisation permet une meilleure connaissance mutuelle. l'individu ou le groupe se sentant pris en compte apaisera la tension que peut provoquer une éventuelle censure.
- savoir gérer les conflits:
Là aussi, il y a prise en compte de l'expression. Mais au-delà, l'écoute doit être suivie d'actes. Après l'élaboration des règles de vie, il faut prévoir les sanctions. La possibilité de créer de nouvelles règles ou de nouvelles sanctions doit, être laissée, car une certaine souplesse est nécessaire afin de s'adapter à tout type de situations.
De nombreux conflits peuvent se régler de la sorte sans violence physique. Le rôle de l'enseignant est le même que celui de l'état. Une certaine "autorité" est nécessaire afin de limiter la violence. La participation des individus à l'élaboration des lois et des sanctions entraîne un plus grand respect de celles-ci.
Au sein de l'école, il peut y avoir des règles de vie par classes, entrant dans le cadre du règlement intérieur de l'école. On peut appliquer le principe de subsidiarité : on ne règle à la têt e que ce qui ne peut se régler à la base.
Le conseil de coopérative : certains conflits se règlent en conseil, entre enfants, sans faire appel à l'enseignant. Certains nécessitent l'arbitrage de l'adulte. Les plus graves peuvent être présentés au directeur , en conseil des maîtres.
La dimension participative : Associer les enfants, les parents à la gestion des finances e à la prise de décision implique les individus et a pour conséquence un meilleur respect du matériel. Donner la possibilité d'avoir des projets, de les gérer, de coopérer sur des "oeuvres", d'élaborer des lois, développe le sens des responsabilités et l'esprit de solidarité ; cette mobilité développe le respect mutuel.
La transparence : l'explicitation des lois permet la transparence, condition nécessaire à la démocratie.



2/ éducation à la démocratie

 

a/ La connaissance des lois et des institutions
Connaître les lois et les institutions démocratiques est important pour impliquer les futurs citoyens dans leurs devoirs civiques. Sensibiliser les individus au fonctionnement démocratique se fait par une pratique démocratique, mais aussi par la découverte des institutions de notre pays, même si celle-ci n'est pas exhaustive. .

b/ la connaissance des droits et des devoirs
L'enfant doit connaître les droits de l'homme, mais aussi ses droits. Cependant, il est nécessaire aussi de le sensibiliser à ses devoirs, lui donner des responsabilités importantes, lui apprendre à en rendre compte également. Cette connaissance visera à accroître le respect des personnes, du matériel individuel et collectif.

c/ La délégation de pouvoirs

Dans les établissements où les délégués de classe, les délégués parents n'ont pas de pouvoir réel, où ils ne sont pas associés à la gestion et aux décisions, il n'y a pas d'implication réelle. S'il n'y a pas d'enjeu, il y aura un désintérêt lors de l'élection car la participation aux réunions ne devient que de la figuration.
Par ailleurs, toute délégation de pouvoirs suppose un contrôle. Celui qui représente une communauté, un groupe, se doit de rendre compte des initiatives qu'il a prises ou du mandat qui lui a été donné.
Le mode d'élection, le scrutin ont des conséquences très importantes sur le vote lui-même.

 

3/ lutte contre le totalitarisme

Une bonne éducation civique doit permettre à l'individu de savoir évaluer la prise de risques face à un pouvoir fasciste. Fait-on des individus soumis ou capables de résister à un pouvoir totalitaire ? L'exemple de la Résistance est à ce titre intéressant. De Gaulle a employé Papon, car il savait qu'il était zélé, et capable d'exécuter tout ce qui lui était demandé...
Savoir résister au totalitarisme, c'est savoir créer, s'organiser, mais aussi rechercher l'information, la critiquer, la communiquer. L'enseignement ne doit pas être encyclopédique. Il faut apprendre à aller chercher l'information.
Cela suppose la connaissance, l'utilisation, la capacité de recherche, et la production de documents, et donc un travail sur les médias et les nouvelles technologies de communication :
- livres
- journaux
- télé
- informatique
- vidéo
- internet ....
Démystifier les moyens de communication et se les approprier, former les citoyens de demain, créatifs, adaptables aux évolutions technologiques , et capables de prendre des initiatives et de gérer des projets coopératifs en régulant les conflits, voilà un enjeu de taille pour l'école d'aujourd'hui...

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