L'éducation à la citoyenneté semble poursuivre
3 objectifs :
1/ la prévention de la violence et de l'incivilité
2/ l'éducation à la démocratie
3/ la lutte contre le totalitarisme
Cette éducation doit permettre d'apprendre :
- à respecter les règles : éducation à
la responsabilité
- à respecter les autres : éducation à la
solidarité, à la coopération
* savoir écouter les autres
* savoir gérer les conflits
* savoir s'enrichir des différences
* savoir gérer l'hétérogénéité
Pour répondre à ces objectifs, il paraît essentiel
de développer la capacité des individus à
élaborer des lois pour répondre aux besoins, aux
problèmes posés par les conflits, d'envisager les
sanctions pour prévoir l'application des règles.
Gérer l'hétérogénéité,
c'est savoir prendre en compte l'individu, mais aussi les minorités.
l'individu ou le groupe détenteur de projets ressentira
comme une violence l'impossibilité de s'exprimer, et il
répondra par la violence, l'agressivité. Respecter
l'individu, c'est aussi accepter qu'il ait son rythme de progression,
ses points forts, ses lacunes, et proposer un programme d'apprentissage
personnalisé qui prenne en compte ces aspects.
Apprendre à respecter les autres, c'est :
- savoir écouter les autres
- s'enrichir des différences
Au-delà de l'écoute, il faut laisser la possibilité
de s'exprimer par la parole bien sûr, mais aussi par la
possibilité de réaliser des projets.
Cette possibilité d'expression et de réalisation
permet une meilleure connaissance mutuelle. l'individu ou le groupe
se sentant pris en compte apaisera la tension que peut provoquer
une éventuelle censure.
- savoir gérer les conflits:
Là aussi, il y a prise en compte de l'expression. Mais
au-delà, l'écoute doit être suivie d'actes.
Après l'élaboration des règles de vie, il
faut prévoir les sanctions. La possibilité de créer
de nouvelles règles ou de nouvelles sanctions doit, être
laissée, car une certaine souplesse est nécessaire
afin de s'adapter à tout type de situations.
De nombreux conflits peuvent se régler de la sorte sans
violence physique. Le rôle de l'enseignant est le même
que celui de l'état. Une certaine "autorité"
est nécessaire afin de limiter la violence. La participation
des individus à l'élaboration des lois et des sanctions
entraîne un plus grand respect de celles-ci.
Au sein de l'école, il peut y avoir des règles de
vie par classes, entrant dans le cadre du règlement intérieur
de l'école. On peut appliquer le principe de subsidiarité
: on ne règle à la têt e que ce qui ne peut
se régler à la base.
Le conseil de coopérative : certains conflits se règlent
en conseil, entre enfants, sans faire appel à l'enseignant.
Certains nécessitent l'arbitrage de l'adulte. Les plus
graves peuvent être présentés au directeur
, en conseil des maîtres.
La dimension participative : Associer les enfants, les parents
à la gestion des finances e à la prise de décision
implique les individus et a pour conséquence un meilleur
respect du matériel. Donner la possibilité d'avoir
des projets, de les gérer, de coopérer sur des "oeuvres",
d'élaborer des lois, développe le sens des responsabilités
et l'esprit de solidarité ; cette mobilité développe
le respect mutuel.
La transparence : l'explicitation des lois permet la transparence,
condition nécessaire à la démocratie.
a/ La connaissance des lois et des institutions
Connaître les lois et les institutions démocratiques
est important pour impliquer les futurs citoyens dans leurs devoirs
civiques. Sensibiliser les individus au fonctionnement démocratique
se fait par une pratique démocratique, mais aussi par la
découverte des institutions de notre pays, même si
celle-ci n'est pas exhaustive. .
b/ la connaissance des droits et des devoirs
L'enfant doit connaître les droits de l'homme, mais aussi
ses droits. Cependant, il est nécessaire aussi de le sensibiliser
à ses devoirs, lui donner des responsabilités importantes,
lui apprendre à en rendre compte également. Cette
connaissance visera à accroître le respect des personnes,
du matériel individuel et collectif.
c/ La délégation de pouvoirs
Dans les établissements où les délégués
de classe, les délégués parents n'ont pas
de pouvoir réel, où ils ne sont pas associés
à la gestion et aux décisions, il n'y a pas d'implication
réelle. S'il n'y a pas d'enjeu, il y aura un désintérêt
lors de l'élection car la participation aux réunions
ne devient que de la figuration.
Par ailleurs, toute délégation de pouvoirs suppose
un contrôle. Celui qui représente une communauté,
un groupe, se doit de rendre compte des initiatives qu'il a prises
ou du mandat qui lui a été donné.
Le mode d'élection, le scrutin ont des conséquences
très importantes sur le vote lui-même.
Une bonne éducation civique doit permettre à
l'individu de savoir évaluer la prise de risques face à
un pouvoir fasciste. Fait-on des individus soumis ou capables
de résister à un pouvoir totalitaire ? L'exemple
de la Résistance est à ce titre intéressant.
De Gaulle a employé Papon, car il savait qu'il était
zélé, et capable d'exécuter tout ce qui lui
était demandé...
Savoir résister au totalitarisme, c'est savoir créer,
s'organiser, mais aussi rechercher l'information, la critiquer,
la communiquer. L'enseignement ne doit pas être encyclopédique.
Il faut apprendre à aller chercher l'information.
Cela suppose la connaissance, l'utilisation, la capacité
de recherche, et la production de documents, et donc un travail
sur les médias et les nouvelles technologies de communication
:
- livres
- journaux
- télé
- informatique
- vidéo
- internet ....
Démystifier les moyens de communication et se les approprier,
former les citoyens de demain, créatifs, adaptables aux
évolutions technologiques , et capables de prendre des
initiatives et de gérer des projets coopératifs
en régulant les conflits, voilà un enjeu de taille
pour l'école d'aujourd'hui...