Et
pourtant, la tâche paraît insurmontable : Démarrer
une école Freinet dans une "grosse" structure,
avec seize jeunes instits, novices en Pédagogie Freinet
(et pas particulièrement motivés au départ),
dans un quartier réputé difficile
ça
casse les représentations d'une pédagogie "
ringarde " associée à la ruralité et
c'est un défi que Véronique Decker et l'équipe
de Marie Curie ont bien l'intention de relever.
« Marie
Curie, c'est le nom de l'école élémentaire
du groupe scolaire Karl Marx. Notre secteur scolaire, c'est le
quartier Karl Marx, une erreur architecturale sur dalle qui fait
que l'école est surplombée d'un côté
par le train et de l'autre par les parkings de la cité
par dessus lesquels huit tours de 25 étages nous contemplent.
Tous ceux qui habitent là sont venus de force. Parce qu'ils
ont dû changer de pays, parce qu'ils ont été
frappés par le chômage, un veuvage, parce qu'ils
ont divorcé. Le projet de départ déposé
au CNIRS (Conseil national de l'Innovation pour
Mais en fait, l'école n'est pas ordinaire, le quartier est défaillant, la ville elle-même est en déclin, les élèves et les parents n'ont pas choisi d'y vivre et le vivent mal. Les enseignants, presque tous arrivés en même temps que moi, pleins de bonne volonté, étaient réduits à faire front aux difficultés de tous bords qui nous assaillaient.
Il était plus qu'urgent d'apaiser la violence, décisif de mettre en oeuvre un fonctionnement différencié qui permette à tous les élèves de progresser. Bref, lorsque j'ai parlé de Freinet, ce n'était pas l'enthousiasme, mais il n'y avait pas de refus non plus : simplement pour la plupart, mes collègues ne savaient pas de quoi il s'agissait. Tous ceux qui l'ont voulu ont pu aller une journée dans une classe d'un collègue du groupe GEPEMretour à la page d'accueil