la coopération

INVENTER UNE ECOLE «FREINET » : C’EST POSSIBLE !

Et pourtant, la tâche paraît insurmontable : Démarrer une école Freinet dans une "grosse" structure, avec seize jeunes instits, novices en Pédagogie Freinet (et pas particulièrement motivés au départ), dans un quartier réputé difficile… ça casse les représentations d'une pédagogie " ringarde " associée à la ruralité et c'est un défi que Véronique Decker et l'équipe de Marie Curie ont bien l'intention de relever.


Le quartier Karl Marx…et tout est dit !

« Marie Curie, c'est le nom de l'école élémentaire du groupe scolaire Karl Marx. Notre secteur scolaire, c'est le quartier Karl Marx, une erreur architecturale sur dalle qui fait que l'école est surplombée d'un côté par le train et de l'autre par les parkings de la cité par dessus lesquels huit tours de 25 étages nous contemplent. Tous ceux qui habitent là sont venus de force. Parce qu'ils ont dû changer de pays, parce qu'ils ont été frappés par le chômage, un veuvage, parce qu'ils ont divorcé. Le projet de départ déposé au CNIRS (Conseil national de l'Innovation pour la Réussite Scolaire) n'est pas un projet collégial. Au départ, il n'y avait que moi, qui avais choisi de me faire nommer là pour voir si c'était possible de transformer une école élémentaire ordinaire en école cohérente Freinet.

Mais en fait, l'école n'est pas ordinaire, le quartier est défaillant, la ville elle-même est en déclin, les élèves et les parents n'ont pas choisi d'y vivre et le vivent mal. Les enseignants, presque tous arrivés en même temps que moi, pleins de bonne volonté, étaient réduits à faire front aux difficultés de tous bords qui nous assaillaient.

 

Une formation accélérée pour répondre aux urgences

Il était plus qu'urgent d'apaiser la violence, décisif de mettre en oeuvre un fonctionnement différencié qui permette à tous les élèves de progresser. Bref, lorsque j'ai parlé de Freinet, ce n'était pas l'enthousiasme, mais il n'y avait pas de refus non plus : simplement pour la plupart, mes collègues ne savaient pas de quoi il s'agissait. Tous ceux qui l'ont voulu ont pu aller une journée dans une classe d'un collègue du groupe GEPEMretour à la page d'accueil