INTERNET SUR LES BANCS DE L'ECOLE PRIMAIRE
Fièrement campé sur une rive escarpée
de la vallée de l'Aveyron, Piquecos, bourg très
fruitier du Bas-Quercy, compte aujourd'hui 308 habitants. On peut,
de la table d'orientation, apercevoir les Pyrénées
à 120 km de là. Fondé 120 ans avant J.C.,
il se souvient avoir abrité en son château un Richelieu
venu diriger le siège de Montauban, une douzaine de Km
plus au sud. Mais ce qui défraie ces jours-ci davantage
la chronique sont plutôt l'école et son instituteur,
plus connus sous l'identité eMail de pique-cos@ac-toulouse.fr
ou, sur le Web, http ://www.ac-toulouse.fr/piquecos 2 (Ecole Publique
- 82130 Piquecos - Tél/Fax 63 3180 55)
Donnant sur une petite place tranquille, la Mairie Ecole, bâtie
en 1875, est agréablement rénovée. Yvan Castagne,
le maire, très favorable aux initiatives du maître,
lui laisse libre accès aux locaux municipaux, coin photocopie
compris. Pour 20 000 F il a, en liaison avec la Coopérative
Scolaire, contri-bué à équiper l'école
d'un ordinateur permettent d'exploiter aussi bien la messagerie
électronique que le World Wide Web. L'ensemble est installé
dans une petite pièce carrée séparant la
classe de la cantine.
Pierre Valade accepte fort aimablement de présenter sa
classe. Quand j'y pénètre les enfants sont en récréation
et Nathanaël, élève du Cours Moyen 2, seul
dans le petit local voisin, charge sur le site Web la charade
de la semaine que le maître validera et basculera par la
suite. A l'écran, l'éditeur de texte "HTML"
fait précéder les voyelles, dont les accents seront
restitués au lecteur, d'une "écriture invisible",
hiéroglyphe discret qui, à la frappe, ne perturbe
en aucune façon le jeune qui s'y est parfaitement habitué.
"Tous les jours, explique-t-il, on relève la boite
aux lettres électroni-que et on donne les noms des gagnants,
on commence à avoir des habi-tués. "
" Ils passent à tour de rôle leurs récréations
à mettre le serveur à jour, précisera Pierre
Valade. C'est qu'ils sont très motivés de voir que
leurs travaux ne restent pas dans un tiroir et sont consultés
par des gens extérieurs à l'école. Même
si certains sont plus accrocheurs que d'autres, ils s 'entraident,
ceux qui savent utiliser le langage HTML l'expliquent aux autres
et tout le monde progresse à son rythme. "
L'hébergement des pages du journal de l'école est
assuré par le serveur du Rectorat, dont la mission à
la communication et aux nouvelles technologies se montre particulièrement
favorable à l'expérience, pour un coût téléphonique
mensuel d'environ 100 F. Elément déterminant de
cette aventure entamée seulement en Octobre dernier, est
le fait qu'avant de prendre ce poste Pierre Valade ait été
durant trois ans technico-com-mercial chez APPLE.
Sa classe de Cours Moyen, à laquelle il consacre, on s'en
doute, beaucoup de temps, compte 23 élèves et fait
partie d'un regroupement pédagogique desservi par ramassage
avec les écoles de Puyconet et L'Honor-de-Cos.
Elle bénéficie en outre d'une structure de bassin
d'école. La for-mule, née en Tarn et Garonne, permet
entre autres choses aux enfants d'être transportés
chaque semaine une demi-journée dans la vallée,
à l'ancienne école de Loubejac où ils peuvent
profiter d'une médiathèque de 4 000 ouvrages, d'un
labo photo équipé pour la numérisation et
d'un ate-lier informatique doté d'un réseau de six
ordinateurs Mac.
Ils y peuvent saisir au traitement de texte et mettre en page
les articles de la semaine pour leur journal papier "LE TUMULUS"
ainsi que pour sa version électronique et son espace annexe
ou "LIVRE D'OR" qui recueille les appréciations
des visiteurs.
Mais, pour mieux connaître la genèse de cette affaire,
quoi de mieux que d'en lire sous la plume de Cécile et
Géraldine du CM2, le récit dans LE TUMULUS de Janvier
?
" Il y a environ un mois nous étions allés
rendre visite à l'école de BIOULE : nous voulions
savoir en effet comment ils utilisaient INTER-NET, eux qui le
pratiquent depuis trois ans déjà.
"Pour I'instant, ils n 'utilisent que la messagerie car ils
ont un modem trop lent. Dès qu'ils en auront acquis un
plus rapide, nous pour-rons échanger des pages sur "la
toile" (Terme repris du québécois pour désigner
le World Wide Web (toile d'araignée mondiale))
LE COURRIER ELECTRONIQUE
L'école-château de Bioule, à une vingtaine
de km à l'Est de PIQUECOS, est surmontée d'un clocher
en brique rose. Elle abrite une fresque médiévale
classée et propose une oubliette d'époque en parfait
état !
La classe de CE2-CM de Claire Bergagnini fonctionne en Pédagogie
FREINET (Ecole Publique - 82800 Bioule - Tél 63 30 80 51
Fax: 63 30 85 55 -euromontauban@citi2.fr)
et pratique le courrier électronique sur le 36 14 EDUCAZUR.
Elle est de plus reliée au Net via EUROSESAME.
Les élèves se souviennent avoir par exemple réalisé,
relayés par une classe-interprète du collège
Lanoë Lambert de Nantes, l'interview d'un technicien de la
NASA.
Et surtout de l'incident survenu avec des correspondants Norvé-giens
qui avaient un jour sèchement mis un terme aux échanges:
"Nous ne voulons plus vous écrire parce que vous êtes
français et que votre gouvernement fait des essais nucléaires.
"
"On nous aurait giflé que ce n'eut pas été
pire !" se souvient la mai-
Dés lors les enfants ont suivi attentivement les informations
sur le sujet qui a indirectement rebondi quand, dans la classe,
un élève a écrit un plaidoyer pour la protection
des pigeons alors qu'un autre racontait une battue à laquelle
il avait participé.
Ils en ont discuté en classe pour conclure que ce n'était
pas une rai-son pour ne plus se parler. Ils ont écrit aux
Norvégiens pour le leur raconter.
Ceux-ci viennent d'annoncer qu'ils acceptaient de correspondre
à nouveau et allaient envoyer un colis pour s'excuser...
PROXIMATIQUE
Les "PAROLES DU CHATEAU" de Bioule, font donc écho
au "TUMULUS" de Piquecos qui conte ainsi la visite en
retour :
"Nous étions en train de poser des questions aux Québécoises
quand l'école de Bioule est arrivée. Le matin même,
ils nous auraient envoyé un fax avec des questions pour
Catherine et Linda. Chaque table a pris en charge des élèves
de Bioule et nous avons visité l 'école et la mairie...
Nos deux classes mélangées: un premier groupe est
allé voir le point de vue et la salle des fêtes de
Piquecos.; pendant ce temps, I'autre groupe utilisait Internet
sur l'ordinateur. Puis nous avons inversé ... "
Les relations avaient commencé début Novembre de
façon fort con-ventionnelle :
from: bioule@citi2.fr (Euro-Montauban) Subject: charade To : pvalade@planete
.net
Date: 10 Nov 1995 Cc : eurosesame@citi2.fr. Mime-version: 1.0
Bonjour les copains de Piquecos.
Nous avons bien reçu vos messages. Nous n avons pas trouve
de réponses aux charades de Blois. Aux vôtres il
nous manque la 2 ème de Pierre, Jean et Aurore.
1ère: Marathon 3eme: Orange 4eme: Couloir 5eme: Boulanger
6ème : Bebe
A demain après-midi. Baptiste et les CE2 CM de Bioule
Car la télématique bien conçue favorise les
rencontres : les Québé-coises interviewées
pour TUMULUS étaient deux archivistes séjournant
en France. Le Directeur Adjoint de l'Alliance Française
à Canberra a été lui aussi attiré
via le Net. Son passage a enrichi le journal d'une inter-view
sur l'Alliance Française, l'Australie et les Kangourous
!
Ont été tout aussi ravis de se laisser piéger
de même cette année, ce principal d'un collège
de Colombie Britannique "en immersion Fran-çaise"
ou cet élève de Polytechnique et son camarade de
l'école des Ponts, entrés en contact via la charade
journalière et venus parler de leurs étu-des...
Tout comme cette américaine encore attendue ainsi que ces
jour-nalistes de "Libé", du B.O.E.N. (B.O. N°10
du 7 Mars 96), ...
A l'élève de l'Ecole des Ponts et Chaussées,
un enfant de l'Ecole de Bioule - où un pont de brique rose
plonge un superbe pilier central dans les eaux de l'Aveyron -
demanda par fax comment il était bien possible de concevoir
un pont dépourvu de pile !
Le tableau de l'école de Piquecos se couvrit ainsi ce matin-là
d'une demi douzaine de croquis qui, recopiés et faxés
par deux secrétaires, se retrouvèrent après
midi sur le tableau de la classe de Bioule, en atten-dant d'enrichir
les pages du TUMULUS et des PAROLES DU CHATEAU
Partir d'un réseau international pour correspondre avec
une école distante de 20 km pourrait certes faire sourire
si dans trop de classes encore rien ne semblait susceptible de
faire prendre conscience de l'existence de possibles interlocuteurs
ne serait-ce que derrière la cloi-son !
RALLYE MATHEMATIQUE
On semble l'avoir fort bien senti à Piquecos ainsi qu'en témoigne une autre initiative, au sein du Bassin d'écoles et dans le cadre de l'étude
dirigée mais autour du fax cette fois. Outil dont les
pédagos FREINET ont déjà exploré les
possibilités coopératives (par exemple les possibilités
documentaires autour, entre autres, du service "Les enfants
renseignent les enfants" de l'école d'Aizenay ou du
CDDP de Vendée, ou bien cette formule du journal télécopié
échangé chaque jour entre 3 ou 4 classes de même
niveau au sein du réseau international "TéléCOOPicem"
qui valut à l'I.C.E.M. Ie premier prix 91 des Professionnels
de l'Education. cf "Réseaux Télématiques
Freinet" in Bulletins N°62 et 63 Juin et Sept. 01)
Tous les Mardi entre 15 et 16 heures les jeunes de Piquecos en
vivent plutôt, avec les classes voisines de Puycornet et
Villemade ainsi que deux autres de Lamothe-Capdeville, les possibilités
compétitives !
Chaque classe, responsable à son tour d'une séance,
imagine trois problèmes de difficultés croissantes
avec un coefficient de 3, 5 ou 10 points. Si on répond
faux on a deux points en moins, juste on les totalise. Si on ne
répond pas rien ne se passe m'explique une gamine. L'école
ani-matrice de la semaine corrige et classe.
"- On est les derniers !" m'informe un garçon.
On sent qu'il y a là quelque chose qui se digère
mal, demeure coincé et se remâche.... A sui-vre ...
D'autant que plusieurs pratiquent déjà le rugby
... et qu'il semble qu'il y aille de l'Honor-de-Cos !
Les enfants ayant bien entendu installé sur le site une
série de pages sur le Stade Toulousain et le Sporting Club
de l'Honor-de-Cos. Au point qu'en Angleterre on les a même
signalés une fois comme site officiel du stade Toulousain
!
ENCOURAGEMENTS ET OUVERTURES
Heureusement que sur le "Livre d'or" pleuvent par
ailleurs félici-tations et encouragements, bien sûr
repris dans LE TUMULUS: "J'adore vos pages ! ..." leur
écrit Yona Webb, professeur dans l'Ohio, "Juste un
mot: bravo ! Vous pouvez être fiers de ce travail bien fait
..." leur dit Dean Detrich professeur dans le Michigan. Félicitations
aussi de la chambre de commerce de l'Oise ou de Microsoft France
qui se met à leur disposition. Sans compter des représentants
du CNES ou de l'Alliance Française. Jusqu'au Président
du "sou des écoles" !
Même l'Inspecteur de Nice ou le Recteur de Besançon
qui s'y met-tent. A quand les rapports pédagogiques on
line ?
Un message approbatif d'Alain Vin de l'Observatoire de Haute
Provence a même déclenché des échanges:
il leur a envoyé un court exposé sur la dynamique
des étoiles et de toutes récentes photos de la comète
"Yakutake" absorbée par Jupiter.
D'où des recherches pour créer des montages vidéo
sur les planè-tes, à l'aide en particulier du Dictionnaire
Hachette Multimédia sur CD ROM ...
Et, bien sûr, un article sur la comète dans LE TUMULUS
!
Quant aux possibilités pédagogiques des télé
messageries inter-classes, elle ont, depuis plus d'une dizaine
d'années déjà, été également
mises en évidence en France sur les réseaux de 1'I.C.E.M.
(renseignement ou ouverture de boîte adulte ou classe: Michel
Girin - Le Barquet -42430 Chausseterre Tél: 77 65 0012
Fax: 77 6514 54; michel.girin@freinet.interpc.fr) L'ouverture
sur l'international y serait cependant restée timide si
elle ne s'était trou-vée relayée par des
canaux plus classiques (échanges postaux divers) ou plus
modernes (télécopie par exemple)
Il n'en demeure pas moins que cette dimension internationale est
beaucoup plus dynamisée par le Net. A Piquecos comme à
Bioule s'y voient ainsi menés plusieurs projets, répartis
le matin en réunion de coopé en autant de groupes
de deux, trois ou quatre jeunes que d'intérêts manifestés.
LES RESEAUX DE CLASSES
Réunissant plus de 80 écoles dans le monde (Bruneï,
Taïwan, Nou-velle Zélande, Chili, Portugal, USA, Canada,
France, Italie, Pays Bas) le réseau "CLASSE GLOBALE
DE FRANCAIS" incite à la découverte géo-graphique,
à l'étude de son environnement pour mieux le décrire
aux autres classes et, bien sûr, à l'utilisation
du français.
Dans cette "classe virtuelle" et selon une procédure
assez anglo--saxonne, les centres d'intérêts ne naissent
pas de messages d'individus ou de classes comme dans les réseaux
FREINET, mais s'organisent autour de centres d'intérêt
assez traditionnels fixés par les animateurs. Premier trimestre:
on se présente; école, environnement, ensei-gnant(s)...
Second trimestre: les saisons, les fêtes, etc.
Le réseau "ECOLE APPELLE ECOLE" propose lui,
sous l'égide du Ministère de l'Environnement Italien
et de "WWF Italie", des jumelages de travail en français
avec des écoles Italiennes. Toute la classe, qui par ailleurs
bénéficie d'une initiation à l'Italien, participe
ainsi à des travaux sur l'environnement (études
sur les populations, les sources d'énergie, l'élimination
des déchets ...) et y développe ses capacités
d'analyse au travers d'activités scientifiques et mathématiques.
L'école constitue aussi, bien sûr, SON PROPRE RESEAU
à partir de correspondances plus classiques: échanges
de textes, points de vue sur tel ou tel événement
(essais nucléaires par exemple...), poèmes, cha-rades,
etc.
Avec l'école de Bioule, bien sûr, mais aussi d'autres
écoles françai-ses, américaines et, de plus
en plus, québécoises.
La correspondance avec la "FRENCH AMERICAN SCHOOL" par
exemple, a démarré à partir d'une demande
du CE2 d'une école Fran-çaise de Denver.
Comme tout enseignant utilisant la télé messagerie
avec sa classe y est un jour contraint, Pierre Valade est amené
à opérer un tri préalable afin que ses jeunes
ne se trouvent pas submergés. Il éliminera ainsi
cer-tains messages émanant d'élèves nettement
plus âgés, portant par exemple sur le cinéma
ou autre sujet n'interpellant pas assez directement les intérêts
ou le vécu des siens.
ECHANGES EN DIRECT
Même s'ils ne constituent pas non plus une nouveauté
ils conser-vent tout leur attrait. Quatre élèves
de HULL près d'Ottawa ont ainsi proposé une demi-heure
d'échange en direct.
"Si vous êtes intéressés, écrivaient-ils,
par ce "CHATT" en direct, vous tapez un message, nous
le voyons sur notre écran et nous répondons.
"En informatique, nous avons aussi un projet: une maquette
de robots pour enfouir les déchets nucléaires ...
"
Prise immédiate de conscience de la réalité
des décalages horaires lorsqu'ils leur ont demandé
une connexion à 14h30, pour pouvoir être eux-mêmes
présents à 8h30. De même quand ils ont parlé
d'une tempéra-ture de moins 35 degrés et de 80 cm
de neige autour d'eux...
A noter en tous cas cette fréquente mention des Québécois
à la demande desquels les écoles françaises
répondraient assez mal. L'en-gouement pour la télématique,
s'il est intervenu plus tôt en France grâce au Minitel,
n'est semble-t-il plus comparable à celui aujourd'hui de
nos cousins.
"En Novembre, raconte Pierre Valade, un Canadien nous a écrit
que sa compagne était "paumée" dans notre
région et nous a demandé de la contacter; on l 'a
invitée à I 'école. On a préparé
les questions sur elle, son pays, son travail dont on peut lire
à présent les réponses sur le site... "
Nombre de nos écoles faut-il dire, et non parmi les moins
avancées au plan communication inter scolaire, se satisfont
encore fort bien d'un standard "vidéotex" plus
évident et meilleur marché au niveau de l'équi-pement.
Outil qui, même dépassé techniquement et beaucoup
moins médiatisé aujourd'hui, n'en donne pas moins
une possibilité de liaison via le minitel avec nettement
plus de parents d'élèves.
Autant de classes moins directement disponibles pour nos amis
du Québec qui n'en comptent pas moins sur ces "maudits
français" pour les aider à desserrer un peu
sur le Net l'emprise anglo-saxonne. Et qui ten-tent de les allécher
avec des propositions aussi pédagogiquement goûteu-ses
que "Village Prologue".
ET BASE DE DONNEES
"Village Prologue" est une vaste base de données
sur un village et sa population au 19ème siècle.
Au travers de diverses activités; lecture d'un journal,
jeux de rôle, consultation des données sur les habitants
du village et à l'aide d'une carte géographique
en représentant le territoire, les classes consultantes
sont invitées à créer leurs propres activités.
Cela va du récit à l'étude statistique en
passant par la généalogie et l'histoire.
Par exemple: nommer les enfants de Nathalie Lavoie, qui sont les
enfants qui vont à l'école de Prologue ? Qu'est-il
arrivé de tragique à Clairette Duplessis ? Construire
un arbre généalogique ou bien raconter, en atelier
d'écriture collective, les aventures de Jos Montferrand.
Bien qu'ayant trouvé la piste extrêmement riche,
Pierre Valade s'est vu obligé de l'abandonner faute de
temps et de disponibilité de sa classe.
D'autres sites n'en sont pas moins visités comme le serveur
Mômes du CNAM.
A la question: "- Quelle proportion du temps scolaire consacrez--vous
à Piquecos aux activités autour de la télématique
?", il m'a par ailleurs répondu: "- Disons la
valeur d 'une journée par semaine". Ses élè-ves,
quant à eux: "- On y travaille l'après-midi".
LE JOURNAL ELECTRONIQUE
Qu'il s'agisse du journal télématique sur serveur d'école ou du journal hébergé par serveur extérieur, les "Freinetiques" fervents de télématique connaissent bien la formule pour l'avoir largement expéri-mentée ces dix dernières années.
RICHESSE DES ILLUSTRATIONS
Mais le WEB apporte, tout au moins techniquement et de par
son audience internationale, un réel progrès. Surtout
quand, comme à Pique-cos, les enfants peuvent disposer
d'une caméra pour photo numérisée APPLE QUICK
TAKE, mise à leur disposition par le maître et un
de ses collègues qui l'ont acquis en commun.
Non seulement les enfants peuvent tirer eux mêmes de magnifi-ques
clichés couleurs mais ils savent les transposer sur le
WEB après les avoir au besoin retouchés !
C'est ainsi qu'on peut admirer sur la version électronique
du TUMULUS la photo de la semaine - une magnifique paire de chevaux
de labour -, celle de l'élève de la semaine avec
indication de son prénom, son âge, de ce qu'il n'aime
et n'aime pas ou encore celle de la cantinière au--dessus
du menu du jour: taboulé, rôti de porc, fromage et
banane le 912/96.
Menus qui font saliver aux quatre coins du monde d'où on
leur écrit avoir bien envie d'être à leur
place !
La classe venait à part ça de décider du
choix d'un petit personnage destiné à devenir une
sorte de logo ou de mascotte pour l'Ecole et à per-sonnaliser
son journal. Icône sur laquelle aussi le consultant pourrait
"cliquer" pour opérer ses choix.
RUEDA, dessinateur et par ailleurs instituteur à Montauban,
leur avait soumis six maquettes de personnages: ils me les montrèrent
ainsi que celle de leur choix: un certain Raoul à tête
de grenouille pourvue d'antennes.
Dessiné ensuite en diverses positions regroupées
sur une page à la disposition de consultants qui pourraient
éventuellement les récupérer pour leur propre
usage ...
MULTIPLICATION DES CENTRES D'INTERET
A part les mises à jour quotidiennes et hebdomadaires,
une mise à jour majeure du site est effectuée en
même temps qu'est édité un nou-veau numéro
du journal papier, c'est à dire quatre fois par an.
On peut ainsi trouver bien des choses encore sur la toile, outre
la présentation de la classe, avec photo couleur bien sûr,
de l'Ecole, du Regroupement Pédagogique, du Bassin d'écoles,
outre des extraits du journal papier, outre "la charade du
jour ": "nous avons aimé lire", "nous
avons aimé voir"; comptes-rendus de lectures ou de
visites; "expérimentation en LV', présentation
de texte ou dessin; "le sport du mois", présentation
avec photo.
Et, bien sûr "le coin des contes et poésies".
Où on peut même voir, chose impossible en normes
vidéotex, la reproduction de splendides calli-grammes créés
par les enfants.
SUIVI STATISTIQUE
Nouveauté aussi que la trace journalière et mensuelle
des consul-tations de leur journal, regroupée par origine
et par pays d'appel. Ainsi on pouvait repérer en Décembre
une moyenne journalière de 189 fichiers
transmis, correspondant statistiquement à près d'une
centaine de consul-tations quotidiennes.
Dont, pour le mois, outre 1235 transferts non identifiés,
3 310 en France, 440 aux Etats Unis, 169 au Canada, 41 au Luxembourg,
37 en Allemagne, 16 en Grande Bretagne, 14 en Australie, 8 au
Brésil, 6 en Russie, etc.
Ce qui permet à Pierre Valade par exploitation de ces statistiques
d'amener tout naturellement ses élèves au calcul
de pourcentages, de moyennes, au tracé de graphiques et
diagrammes ainsi qu'aux opérations sur les nombres décimaux
...
DEFENSE DE L'ECRIT - LIRE
Est-il besoin après pareil tour d'horizon d'en souligner
la dimen-sion ? Les jeunes eux-mêmes l'ont parfaitement
saisie. Comme cette élève achevant le dépouillement
d'un courrier de dix pages confié par le maître pour
avis et compte rendu à la classe:
"Travailler sur Internet ne nous empêche pas de lire...
Ni d'écrire... Ni de réfléchir non plus !"
Deux de ses camarades étaient d'ailleurs en train de se
pencher sur le règlement et les grilles d'entraînement
au concours annuel interclasses de mots croisés de la ville
d'IS sur TILLE. Les collègues proches du Mou-vement FREINET
qui l'avaient lancé ayant décidé, après
le réseau Fax, de se lancer cette année sur Internet...
Lorsque je demandai par ailleurs si la classe conservait des traces
papier de son travail sur écran, on me montra deux énormes
classeurs où, sous pochettes plastiques, maître et
élèves rangeaient les copies laser.
"VIRTUEL: ATTENTION, DANGER !" tel était pourtant
le titre du petit recueil de six nouvelles de Science Fiction
15 que Pierre s'était procuré en une douzaine d'exemplaires.
A lire par le CM2 et, à raison au moins de deux nouvelles
par le CM1, pour préparer la venue de leur auteur, Christian
Grenier. Lui-même ancien enseignant et attendu à
la médiathèque de Loubejac dans le cadre de la semaine
de la lecture.
EN ATTENDANT LE MULTIMEDIA
Treize filles et dix garçons donc, donnant - cause ou
effet ? - une impression de curiosité et de disponibilité,
de sérieux et de vitalité, fort sympathiques pour
tout dire ...
Les croyez-vous d'ailleurs partis pour s'arrêter en si bon
chemin ?
A l'occasion de leur visite à leurs correspondants de St
Sylvain d'Anjou, ils ont tenu à réaliser avec une
exploitation multimédia de leurs découvertes communes
16
Equipés d'un camescope et d'un magnétophone, ils
se sont faits autant chasseurs d'images et de sons que commentateurs
de leurs expé-riences et de leurs rencontres.
"Six jours en Anjou au pays de l 'ardoise et du tuffeau"
est le titre de leur CD-ROM qui présente les châteaux
de Saumur et du Plessis Bourré, Christine Lauzier, vétérinaire
écrivain, les abeilles, le moulin à cavier, les
caves à champignons et à mousseux, le musée
des blindés, l'aquarium des poissons de Loire, l'abbaye
royale et le cloître de Fontevraud...
Et lors de la fête de fin d'année ils l'ont présenté
en même temps que leur journal que le WEB. Un peu avant
deux pièces de théâtre sur la place du village
car il ne faut surtout pas pour autant négliger les autres
formes d'expression...
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