L'EXPRESSION ECRITE EN CM

Quand?

Pendant plusieurs années, l'expression écrite dans ma classe n’avait pas de créneau horaire particulier: elle faisait partie du temps de travail personnel. Le contrat pour le plan de travail était de produire un texte par quinzaine. Ayant constaté que certains, peu: ou pas intéressés par ce domaine, ne produisaient pas de textes, ou bien bâclaient le travail, j'ai souhaité dégager du temps. J'ai donc instauré un créneau d'une heure et quart à une heure et demie par semaine. La production s'est alors considérablement améliorée en quantité et en qualité.

 

Comment?
Longtemps, les textes libres étaient présentés oralement et les textes élus étaient placés dans le journal. Mais deux aspects me gênaient:

-le choix d'un texte en rapport avec la personnalité de l'auteur et sa position dans le groupe) ...,.

-les phénomènes de mode qui privilégiaient certains types de textes au détriment d'autres de qualité égale mais de type différent: par exemple, mode de textes humoristiques au détriment de la poésie par exemple.

J'ai donc é1iminé la séance de vote, en laissant la possibilité à chacun de présenter ses textes oralement ou uniquement par écrit (pour le journal) selon son souhait.
Le journal bimestriel contenait donc au moins une production de chaque enfant de la classe: il choisissait (ou parfois je lui conseillais) ce qu'il pouvait présenter. Le temps d'expression écrite se déroulait de la manière suivante:

 

1/ Présentation orale de textes pour ceux qui le souhaitaient

2/ Organisation du travail; chacun présentait son projet: texte d'expression (poésie ou prose) lettre individuelle, poésie, compte-rendu d'expérience, recette de cuisine, règle de jeu, etc... ,
Tous ces projets étaient intégrés dans le journal de la classe (réalisé essentiellement à la PAO). Les différentes rubriques du journal multipliaient les formes d'écrit possibles: certains n'avaient pas d'idée pour écrire des textes narratifs, mais étaient inspirés par la rédaction d'un recette fantaisiste. Quelques enfants aimaient écrire des poèmes, d'autres, amateurs d expériences scientifiques, trouvaient leur plaisir à effectuer un compte-rendu ou une fiche d'expérience pour le journal. Certains pouvaient se regrouper pour écrire. Il m'arrivait de rappeler les projets lancés en conseil de coopérative: écriture d'une lettre administrative au maire, affiche pour le loto, lettre collective aux correspondants, etc... Ceux qui n'avaient pas d'idée utilisaient le classeur d' expression écrite comme déclencheur.

 

3/ Le travail sur un texte

Le travail du fond ou le travail de la forme? De manière générale, je pointais les erreurs des enfants en les surlignant. Je cherchais les fiches des fichiers orthographe qui pouvaient correspondre à ce genre de problèmes, et les notais sur le chier d'expression écrite. C'est généralement ces fiches conseillées qui étaient faites dans les parties orthographe et conjugaison du plan de travail. Au niveau collectif, j'en suis restée quelques temps au simple toilettage orthographique et syntaxique du texte: au début, c'était un travail collectif: mais c'était long et ennuyeux, et au bout d'une dizaine de minutes, l'attention était plus que flottante. J'ai ensuite essayé le texte photocopié avec une correction individuelle ou en groupes. Mais cela restait long et fastidieux. Ces derniers temps, j'avais trouvé une solution qui me semblait à peu près satisfaisante.

Lorsque je trouvais un certain type d'erreurs dans un texte, j'effectuais un premier toilettage qui ne laissait que ce type d'erreurs: par exemple la concordance des temps ou les adjectifs, etc... Le texte était alors travaillé collectivement sur ce thème et cela servait de support à une page nouvelle du classeur de français. Il m'est arrivé de tomber sur des textes d'enfants ayant de très grosses difficultés; ne pouvant comprendre le sens, à cause d'une syntaxe plus qu'incertaine ou une ponctuation absente, Je ne voyais pas comment aider l'enfant à reformuler son histoire. Le texte était alors repris par la classe avec un avec un jeu de questions-réponses, et plusieurs enfants reformulaient des phrases de manières différentes, et c'était l'auteur qui donnait son accord pour la version définitive. Des textes de ce type ont servi de support à un travail sur la ponctuation.

Au niveau de la forme, nous avons répondu à certains besoins: par exemple, quelques enfants ont dit "Je ne sais pas quoi écrire dans la lettre aux correspondants...". Cela a été le point de départ d'un travail. Après avoir analysé le contenu de certaines lettres assez longues, et cherché ensemble ce que l'on pouvait raconter d'autre, une lettre-type contenant toutes les possibilités a été rédigée et placée dans le classeur de français. Elle a ensuite très souvent servi, même si les enfants étaient loin de tout utiliser dans chaque lettre. Un travail d'enrichissement de textes à l'aide d'adjectifs a été entrepris. Nous avons eu besoin d'écrire une lettre à la mairie d'Arles pour obtenir des entrées gratuites aux musées. Cette lettre administrative a été l'objet du travail d'un groupe qui a abouti à la rédaction d'une lettre modèle que les enfants ont ensuite très souvent réutilisée.

 

Florence Saint-Luc, Classe de CM

 

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