Interrogations autour de  l’expression écrite

GD 83 1993

 

Comment se comporter par rapport à un texte scatologique ou diffamatoire? Doit-on censurer ou pas?

Lorsqu'on écrit pour communiquer, on doit respecter des règles de communication communes aux interlocuteurs : peut-on transgresser le code commun?

L'écrit est un code qui n'est réservé qu'à une classe privilégiée. Doit-on permettre aux enfants d'accéder à ce code ou leur laisser l'oral?

Doit-on encore corriger des textes libres pour faire de la grammaire, de la conjugaison, de l'orthographe? Est-ce utile en primaire? Il nous paraît possible de « puiser dans le texte sans l'épuiser" !

Peut-on triturer le texte d'un enfant ? L'expression disséquée peut faire souffrir celui qui l’a produite et il est parfois difficile de voir ses erreurs comptabilisées par les copains!

Comnent permettre aux enfants une entrée en secondaire par rapport aux attentes des profs en matière d'expression écrite?

Corriger permet l'apprentissage de la langue écrite mais doit-on mettre en place des outils scolastiques?

Des dangers :

L'abus du saucissonnage : nécessité de tout cloisonner, tout organiser ( pour les maîtres ) ; or celui-ci est différent de la complexité. Amenons les enfants à l'analyse plutôt que de le faire à leur place...

Risque dans l'évaluation : grilles trop détaillées des classifications ; il faut trouver un moyen terme entre '1aisser-aller" et " tout classer" .

Un écrit n'étant pas un discours oral, tout texte n'est pas fait pour être lu systématiquement!

Une nouvelle didactique (scolastique!) est proposée par un courant : l écriture créative personnelle disparaissant totalement dans des projets d'écriture collective complètement artificiels.

 

Privilégier l'objectif aux dépens de la situation initiale : pédagogie du modèle.

Privilégier les objectifs didactiques (nomenclature) alors que les problèmes sont du domaine du "mental" : difficulté d'être juge et critique de son texte pour l'auteur. Mieux vaudrait maîtriser les mécanismes mentaux de l'acquisition de la langue et apprendre à apprendre à se servir de sa machine cérébrale.

Si évaluer, c'est mesurer un écart, comment mesurer celui-ci entre deux productions écrites?

Expression écrite et étude de la langue:

Le maître doit définir clairement ses objectifs face à la production d'écrit:

-est-ce un outil pédagogique : support grammatical, orthographique, syntaxique ?

-pour l'enfant, le texte sera-t-il lu ou non? Si oui, quelle sera la réponse de l'enfant : acceptera-t-il de le voir lu?

 

La mise au point d'un texte peut donner lieu à un travail très intéressant sur la langue.

Exemples: l'écriture d'une recette permet d’aborder les différentes manières de l'écrire: tutoiement/ vouvoiement, infinitif, impératif, indicatif.

La production d'une B.D. peut être reliée à l'étude de son langage en lecture : vignettes, bulles, maquettage...

Pour le travail du français, nous pensons que l'expression écrite ne doit pas être le seul point de départ : nous devons proposer d'autres écrits ainsi que différents niveaux de lecture.

 

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