POURQUOI ÉCRIRE ?
-pour le plaisir de l'auteur et du lecteur: distraire, surprendre, jouer avec les mots, faire jouer, inventer, faire rire
-pour soi-même : l'écrit tient lieu alors d'outil pour exorcisation
-pour formuler une demande de renseignements ou répondre à une demande particulière: lettres
-pour le plaisir de fabriquer un produit en commun: l'écriture collective
-pour lire ses écrits à un moment donné: fonction mémoire de l'écrit (poésie, présentation de livres)
-pour garder une trace: prises de notes, secrétariat du conseil de coopérative, règles de vie, liste d'achats, trésorerie, emprunt de bibliothèque
-pour apprendre, connaître
-pour présenter une recherche documentaire
-pour donner ou demander une information
-pour communiquer (s'exprimer et être lu): correspondants, journal, articles pour des revues
-pour remplir son plan de travail
-pour défendre une opinion
-pour expliquer: une expérience, une recette, un mode d'emploi, une fiche de travaux manuels
-pour prendre un rendez-vous
-pour commander du matériel
Les enjeux : pourquoi écrire ?
Écrire et lire sont deux composantes complémentaires et indissociables pour parvenir à maîtriser la langue.
Ainsi, Francis Tourigny insiste d’une part: “ sur les nécessaires interactions entre les activités orales et les activités écrites qui structurent toutes les démarches d’apprentissage en classe et qui servent toutes deux à construire des compétences langagières nécessaires à la réussite scolaire ” et, d’autre part, “ sur les interactions permanentes entre la lecture et l’écriture, l’une et l’autre se renforçant, se complétant, avec la mise en place d’écrire pour lire ou de lire pour écrire. ”[1]
La maîtrise de l’écriture pose donc de façon plus globale la question de la maîtrise du langage.
Au niveau des textes officiels, c’est sans doute le document sur la maîtrise de la langue à l’école qui insiste le plus sur l’importance d’écrire : “ L’accès à la langue écrite est aujourd’hui prioritairement un accès à la production de textes. Cet objectif doit être considéré par tous les enseignants des cycles II et III comme la grande affaire de l’école ”.[2]
Sans être repris avec autant de force que dans ce document, les programmes de 1995 montrent bien les enjeux qui sont liés à la maîtrise de la langue : “ La maîtrise de la langue conditionne toute la réussite scolaire et constitue le fondement de l’insertion sociale et de la liberté de réflexion ”.
La responsabilité du maître dans ces apprentissages, apparaît clairement : “ Ces enjeux essentiels, tant pour l’institution que pour chaque élève, requièrent de la part des enseignants une vigilance toute particulière à la diversité des rythmes et des modes d’acquisition, à la construction progressive de l’autonomie. ”[3]
De même Jean Yves Rocheix indique : “ Le langage ne sert pas à exprimer la pensée, il sert à former la pensée. Le langage une fois construit comme objet de pensée, devient outil de pensée. C’est le langage qui construit notre manière d’appréhender le réel. ”[4]
Dans le même sens Roland Goigoud précise : “ Le langage est trop souvent réduit à sa seule fonction de communication. Or le langage est également un instrument de représentation du monde et des relations entre objets, il est un instrument de pensée et un outil pour apprendre. ”[5]
Au travers de la maîtrise du langage c’est donc le rapport au monde qui est ici engagé. À travers et grâce au langage, l’individu va donc pouvoir agir sur le monde dans lequel il évolue. Il va pouvoir le questionner, le comprendre, mais aussi le transformer, le modifier et ainsi être acteur de son devenir.
L’écriture qui permet d’accéder aux savoirs, qui offre à chacun des instruments de la liberté de penser et d’agir relève bien d’une mission fondamentale de l’école.
Une fois bien mesurés les enjeux liés à l’écriture se pose de façon plus cruciale la question de la méthodologie. Quels moyens mettre en œuvre, quelles démarches adopter, quels outils utiliser pour aider effectivement les enfants à mieux écrire.
[1]TURIGNY F.
Apprentissage et enseignement de la production de textes écrits. D.I.F. A.C.T.
I.N.R.P.
[2]LA MAITRISE DE LA
LANGUE À L’ÉCOLE (1992) page 46
[3] PROGRAMMES DE L’ÉCOLE
PRIMAIRE (1995) page 43
4]ROCHEIX J.Y.
Intervention au cours du stage éducatif organisé par le S.N.U. I.P.P. 7 et 8
octobre 1999
[5] GOIGOUX R.
Intervention au colloque pédagogique organisé par le S.N.U. I.P.P. 28 janvier
1998