Qu'est-ce qu'écrire ?

Écrire est une notion complexe qui renvoie à une multitude de pratiques tant au niveau culturel que social.

Le dictionnaire fournit ainsi un nombre important de synonymes ; écrire, c’est fixer une trace, consigner, communiquer, orthographier, annoncer, exposer, correspondre, noter, …

De façon plus synthétique, on peut dire qu’écrire, c’est :

- Fixer le temps,

- Construire des repères,

- S’exprimer,

- Communiquer.

Une notion étant également définie par son contraire, on s’accorde à dire qu’écrire ce n’est pas :

- Faire des exercices d’écriture,

- Faire des lignes,

- Compléter des feuilles d’exercices.

Au-delà de ces éléments constitutifs d’une définition de l’écrit, on peut encore dire qu’écrire est une activité faisant appel à l’utilisation simultanée de savoirs sur la langue exigeant des compétences variées au niveau de :

- La gestion de l’interaction : point de vue pragmatique (contextualiser le projet d’écriture et choisir une stratégie discursive).

- La gestion de l’objet du discours : point de vue sémantique (analyser et créer le référent)

- La gestion de l’objet texte : point de vue morphosyntaxique (structurer le texte, en assurer la progression et la continuité, rédiger des phrases).

- La relecture (évaluer)

- La réécriture (mettre au point et finaliser)

Comme l’écrit Eric Espéret : “ De façon rapide, on peut dire que produire un texte revient à transcrire, sous une forme linéaire, une (ou des) représentation(s) mentale(s) non-linéaire(s). Cela requiert d’organiser séquentiellement des parties de ces représentations. Le scripteur doit ainsi récupérer et organiser des suites d’informations (planifier), les “ traduire ” linéairement à l’aide des moyens linguistiques dont il dispose (mettre en texte) et réviser sa production (orthographe, syntaxe, pertinence par rapport au but communicatif, etc...). Ces opérations mettent en jeu différents niveaux de traitement, correspondant par exemple à différents empans de contenu . [1]

Pour compléter cette tentative de définition de l’écriture, Claude Favier indique : “ Tout le monde peut s’accorder sur le fait que, recopier n’est pas écrire. Nous concevons que l’acte d’écriture doit comporter de l’individuel et, nous cherchons dans les écrits des traces d’émancipation comme autant de preuves d’authenticité. Ce que l’écrivain produit comporte du nouveau, de l’original donc du précieux .  ” [2]

Enfin, c’est peut-être Monique Desq qui à travers, cette poésie donne la définition la plus dense de ce qu’est écrire :[3]

ÉCRIRE

Pour de rire

Écrire pour de vrai

Écrire pour dire

Hésiter

Essayer

Se risquer

S’éblouir

Effacer

Rayer

Échouer

Souffrir

Se reprendre

Entreprendre

Suspendre

Partir

Recommencer

Avancer

Jouir

Écrire

Il fallait vous le demander

Il fallait y croire pour s’exécuter

Écrire pour agir

C’est fait :

CONTINUONS !

Au travers ces différents éléments liés à l’écriture, nous pouvons nous apercevoir que c’est une notion complexe, impliquant de multiples compétences et qui laisse entrevoir des enjeux importants pour l’école.

 

[1] ESPERET E (1995) Processus cognitifs mis en jeu dans la production écrite in Repères n° 11. Page 29 à 45. I.N.R.P.

[2] FAVIER C. (1996) Du Processus d’écrit in Les actes de Lecture la revue de l’A.F.L. N° 56 page 74

[3] DESQ M. (1999) Ecrire in La rencontre éducative : aller plus loin dans le respect de l’autre … que le droit à la différence page 18

 

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