PRATIQUE
DE COMPTE-RENDU
Flash-back
Jusqu'à présent, les comptes-rendus d'activités, soit à l'extérieur (visites,
manifestations sportives ou festives), soit menés de façon interne (témoignages
dans la classe, festivités) se déroulaient sous une forme généralement
collective après un premier jet individuel. Cela était assez long et ne
mobilisait qu'un petit nombre d'enfants. Tenant compte de ces inconvénients et
du fait que le nombre d'écrits augmentait nettement dans ma classe, j'ai mis au
point peu à peu une "méthode" pour pratiquer le compte-rendu tout en
rendant celui-ci plus dynamique. Par ailleurs, la présence permanente d'un
ordinateur dans la classe avec une PAO (Publication assistée par ordinateur)
alliée à l'emploi de !a photocopieuse a ouvert des possibilités insoupçonnées
jusqu'alors.
Une pratique
rigoureuse
Cela commence toujours par un travail collectif écrit, qui est produit soit au moment de l'action (prise de notes) soit après l'action (après retour oral collectif parfois). L'ensemble des contributions est recueilli et mis sous forme de dossier portant un nom. On y insère également les documents recueillis dans le cadre de l'action. Un groupe se charge de relier le dossier et, muni de stylos surligneurs, repasse sur tout ce qui lui paraît important en évitant les redondances.
Il tape alors au "kilomètre" tout ce qui a été surligné puis l'imprime. Un groupe de lecture comprenant ce premier groupe est constitué puis le texte est photocopié à raison d'un exemplaire par enfant.
Chacun, à la maison, à l'aide de son dictionnaire, d'un adulte, retravaille le texte et propose des améliorations. Au cours d'une séance où le maître est présent ainsi que chaque enfant du groupe, nous rediscutons de toutes ces propositions qui peuvent être d'ordre :
-syntaxique
-orthographique
-typologique
-lexicales...
Le petit groupe de départ est alors renvoyé à une ré écriture partielle du
texte. Il peut être amené à rechercher des informations dans des documents,
compléter celles-ci par la relecture des notes. Le texte est de nouveau
imprimé, photocopié. Il est parfois lu à l'ensemble de la classe ce qui permet
une relance de la réflexion. Les allers-retours s'effectuent tant que le groupe
n'est pas las et avant la parution du journal. Le plus souvent c'est le groupe
de relecture qui donne son " Bon à tirer ", n'ayant plus de reproches
à faire au texte.
Intérêt pédagogique
Les enfants progressent donc par une pratique active du conflit socio-cognitif. Ils acquièrent une technique proche du style journalistique: accumulations de données, tris, réorganisation de celles-ci en vue de leur présentation, organisation spatiale du texte. L'organisation en petit groupe permet une grande richesse dans l'échange en vue d'arriver à un produit final.
La part du maître
Matériellement
et afin de ne pas lasser les enfants et ne pas bloquer l'accès à l'ordinateur,
je prends souvent en charge les corrections matérielles. J'évite par ailleurs
que le toilettage du texte aille au-delà de la première correction de manière à
ce que les petites erreurs de surface (microstructures) ne viennent brouiller
la mise au point du texte sur un plan global (macrostructure).
Une
production socialisée
De cette façon, nous avons pu faire paraître dans notre journal des articles consacrés à :
-des voyages
-des pays présentés par un adulte
-un jeu pour découvrir la bibliothèque
-un spectacle théâtral
-des visites de musées ou d'exposition.
Vous trouverez ci après un exemple.
Genèse
Au cours d'un conseil de coopérative, un enfant soumet à la classe son projet
de rencontrer le maire. Après accord sur le principe, il est décidé de confier
à un enfant le soin de lui écrire une lettre. Celle-ci devra subir plusieurs
séries de critiques avant de recevoir l'approbation du conseil.
Le maire nous répond favorablement. Il s'ensuit un échange téléphonique afin de
mettre au point la sortie.
Préparation
Un groupe se constitue et bâtit un questionnaire.
Celui-ci sera :
-lu à la classe,
-amélioré et enrichi coopérativement,
-présenté sous forme de paragraphes.
Par correction et pour permettre au maire de préparer les réponses, il lui sera envoyé.
Action
Le maire nous reçoit dans la salle du conseil pendant plus d'une heure. Il est
assisté de son secrétaire de mairie et du chef des services techniques. Le
correspondant de la presse locale est présent à la demande de la mairie. Les
enfants prennent des notes.
Compte- rendu
Au retour, un deuxième groupe se met en place pour rédiger le compte-rendu de la visite. Il surligne tous les passages qui retiennent son attention dans les notes puis les copie au "kilomètre" sur l'ordinateur. . Cette première mouture est tirée puis photocopiée. Le groupe (plus des volontaires) :
-procède à des corrections: orthographe, ponctuation
-élimine des écrits incompréhensibles, des répétitions, des espaces superflus
-complète certaines phrases
-se réfère à l'article de presse pour complément d'informations
-propose un " chapeau ".
Après corrections, tirage et photocopies, le groupe se met au travail. Il apporte des précisions nécessaires à une bonne compréhension.
Il relit l'ensemble des notes et ajoute des éléments oubliés lors de la première frappe. Il supprime les redondances et des éléments incompréhensibles. Il " colle " des éléments proches par le sens. Le travail se poursuit sous la même forme. Un titre s'avérant nécessaire, on s'inspire de celui de l'article de presse. Un travail se fait autour de la mise en paragraphes avec le choix d'un titre pour chacun. Le " chapeau " est complété. Des compléments de sens sont apportés.
La présentation du texte s'améliore. Des déplacements sont encore exécutés. Devant l'incompréhension de certains mots par une enfant, il est procédé à une recherche dans plusieurs dictionnaires de matière à élaborer nos définitions. On aurait pu poursuivre ce travail encore plus avant mais un journal doit paraître...