Travail de classe
avec l’aide d’un acteur professionnel
Il y a quelques années, dans le Var, un accord de
partenariat était passé entre le Conseil Général et le café-théâtre de la Porte
d’Italie, à Toulon. Nous avons ainsi pu bénéficier gratuitement de
l'intervention d’un acteur professionnel. Trois ans de suite, ma classe a ainsi
pu écrire une pièce et la monter.
La plus grosse difficulté est le temps d’écriture de la pièce. En effet, la première moitié de l’année était consacrée à des jeux corporels de déblocage et à un travail de recherche puis d’expression écrite. Si bien que les répétitions elles-mêmes démarraient assez tard, et que nous arrivions avec difficulté à être prêts fin juin. Les thèmes abordés ont été : la révolution de 1789 (année du bicentenaire oblige), la machine à remonter le temps pour empêcher une guerre nucléaire et la guerre de Troie.
Deux des trois pièces ont été présentées à l’école.
Travail sans
intervenant et en groupes : fichier de théâtre et création
Il y a eu ensuite une période de relative "latence", avec, malgré tout, quelques tentatives d’enfants de jouer des saynètes. Cependant, ce travail répondait à une demande relativement constante. A ces périodes-là, l’activité "théâtre" était intégrée aux ateliers arts plastiques et technologies (sur ma classe seulement), une fois par semaine. Je possède un fichier de "théâtre" en classe dans lequel les enfants peuvent régulièrement puiser. L’activité danse, en autonomie, était prévue durant le deuxième créneau « ateliers » de la semaine. Le fait de posséder une salle d’atelier contiguë à la classe permettait d’organiser ces activités, relativement bruyantes, dans un local différent et proche, en autonomie. Certains sketches et danses ont pu être présentés lors des fêtes de fin d’année.
Une année, un groupe a été particulièrement créatif à l’improvisation, et une pièce s’est élaborée, sans support écrit, en s’étoffant un peu à chaque fois. Nous sommes partis de personnages typés, inventés par les enfants, mais cependant très proches de leur vécu. Deux filles de la classe dirigeaient cette activité, et impulsaient l’essentiel des idées. Lors de notre rencontre avec nos correspondants, en février, le spectacle leur a été présenté. Puis une querelle a éclaté entre les protagonistes de la création, et il n’y a pas eu d’aboutissement à ce travail.
En revanche, l’aisance de ces deux leaders leur a permis d’être recrutées pour un spectacle "Alice au pays des Merveilles" (où l'une d'entre elle jouait Alice) organisé par des professionnels et financé par la mairie de La Garde à l’occasion d'un carnaval.
Travail de groupes
sans intervenant et en ateliers décloisonnés
L’année dernière, j’ai proposé de mettre en place avec les deux autres CM1-CM2 des ateliers décloisonnés deux fois par semaines : le vendredi après-midi, de 14h à 15h, arts plastiques et technologies, le vendredi soir, de 15h30 à 16h30, théâtre et sport.
Le samedi de 10h30 à 11h30, danse et sport. Je m’occupais des activités artistiques. Peu de temps après cette proposition, l’inspecteur de ma circonscription a organisé un stage de théâtre. Nous avons eu l’occasion d’expérimenter le travail en groupe et en improvisation sur les thèmes, en tant qu’adultes. Deux entrées nous ont paru possibles : par le texte et par le thème d’improvisation.
A la suite de ce stage, j’ai mis en place des groupes avec thèmes d’improvisation. J’avais vingt-huit élèves en charge, et cinq salles à ma disposition : les locaux des CM1-CM2, et deux ateliers. Je donnais des sujets d’improvisation aux enfants, et généralement, les groupes se formaient autour, mais très souvent par affinités.
Parfois, certains groupes avaient des idées préalables et se lançaient donc sur leurs projets sans mon aide. Je passais de groupe en groupe, et le dernier quart d’heure, chaque groupe présentait son travail aux autres. L'activité tournait bien. Mais il y avait cependant un gros inconvénient. Un des instituteurs engagé dans les ateliers décloisonnés souhaitait absolument que les groupes tournent. Si bien qu’arrivés au mois d’avril, aucun groupe n’avait eu le temps d’élaborer quelque chose qui puisse être présenté en spectacle. D’autant que, à chaque fois que les enfants gagnaient de la présence grâce aux jeux théâtraux, il fallait former de nouveaux arrivants. Si bien que, au printemps, face à la demande d’un groupe motivé pour mener à terme un projet de spectacle, j’ai eu l’idée d’utiliser un livre « L’horloger de l’aube » présentait une histoire sous deux formes : récit et pièce.
Nous ne disposions que d’un maximum de dix minutes pour l’intervention. Une version raccourcie a donc été montée et présentée en public ce jour-là, devant un public de trois cents élèves, de bibliothécaires et de quelques responsables de la ville puis présentée à l’école.

Travail en ateliers décloisonnés
avec intervenants
Au mois de septembre 1999, il n’y avait plus de CM1-CM2, mais deux CM1 et deux CM2 J’ai eu l’idée de lier danse et théâtre dans un projet de comédie musicale, et je l’ai soumis à mon collègue de CM1, puis aux enfants. Tous ont paru enthousiastes. J’en ai parlé à l’intervenant musique de l'école : il devait intervenir sur l’autre CM1, mais pas le mien. Il n’a pas pu dégager de créneau pour nous, mais a accepté de travailler sur le projet indirectement, puisqu’il s’agissait d’ateliers décloisonnés sur les deux classes. Étant donné la proximité de l’an 2000, l’idée de présenter mille ans de culture en sept tableaux historiques a été retenue.
Si le projet, vu son ampleur, comprend une partie utilisation de textes existants (fabliau du Moyen-Age, extrait du "Bourgeois Gentilhomme", il comprend aussi une importante part de création : danses, scènes représentant les violations actuelles des Droits de l’Homme - tableaux du XX ème siècle (danses et théâtre).
Cependant, l’effectif de vingt-huit
élèves étant trop lourd à gérer demande une organisation particulière. Afin de
proposer également l’entrée « travail du corps, du geste, et improvisation »,
j’ai demandé à une animatrice du centre de Loisirs d’intervenir en parallèle
avec moi, sur la dernière heure du vendredi. Les groupes travaillent en
alternance, une semaine sur deux.
Acquisitions
Il a fallu lancer un important travail de recherches historiques. Pour pouvoir situer le contexte de chaque tableau, et écrire des scènes en rapport avec la réalité de l’époque concernée. Pour l’ « éducation civique », cela suppose l’étude des Droits de l’Homme (l’explication de texte et le vocabulaire sont nécessaires à la compréhension), et corollairement, des Droits de l’Enfant.
Ce projet a mobilisé expression écrite, travail corporel (danse), musique, arts plastiques ...
Cinq à six heures par semaine sont donc mobilisées, sans compter les temps de recherche documentaire à la BCD ou à la maison. Cependant, il suscite beaucoup d’enthousiasme , une implication plus ou moins grande de tous les enfants des deux classes. Nous sommes loin d’en voir le bout, mais la démarche de réalisation présente à elle seule beaucoup d’intérêt.
Florence Saint-Luc
Nous avons fait une sortie à
Tarascon pour visiter le château et prendre des photos. Nous l'avons représenté
sur une affiche car c'est celui qui représente le mieux la Bastille.
