Les fondements théoriques de la pédagogie Freinet
REPÈRES HISTORIQUES
Célestin Freinet 1896 - 1966
Après la première guerre mondiale, nombreux sont les enseignants
pacifistes marqués dans leur chair et dans leur conscience. Syndicalistes
révolutionnaires regroupés dans
Leurs regards se tournent vers les grands anciens (Rabelais, Rousseau,
Pestalozzi...) et vers les expériences d’avant 1914 comme celles de Paul Robin
à l’orphelinat public de Cempuis dans l’Oise (Enseignement intégral), de Francisco
Ferrer et son Escuela Moderna
en Espagne (Enseignement rationaliste) et de Sébastien Faure à
Jeune instituteur, rescapé et blessé de guerre, Célestin Freinet écrit de nombreux articles dans l’École Émancipée, dans la revue communisante Clarté, et dans la revue libertaire les Humbles de son ami Maurice Wullens. Il participe à des congrès de l’Éducation Nouvelle et visite les Écoles libertaires de Hambourg en 1922, puis se rend en URSS en 1925 avec une délégation syndicale. Dans sa modeste classe rurale de Bar-sur-Loup (Alpes Maritimes) il introduit en 1924 un outil nouveau, l’imprimerie, rend compte de ses expériences et fait quelques adeptes.
En octobre 1926, il
entreprend une correspondance interscolaire régulière avec René Daniel et sa
classe de St-Philibert en Trégunc dans le Finistère,
puis lance une “Coopérative d’Entr’aide pédagogique”
avec une revue l’Imprimerie à l’École,
mettant en place un réseau des “Livres de Vie” composés et imprimés par les
écoles travaillant à l’imprimerie. Les meilleurs textes sont regroupés en avril
1927 dans une Coorevue d’enfants
En août 1927, à
l’issue du Congrès de
En octobre 1927,
sous l’impulsion de Rémy Boyau et d’instituteurs girondins est fondée
l’Enseignement laïc” qui assure prêts et vente de
films, projecteurs, caméras et même envisage la production de films pédagogiques.
En août 1928, lors
du second congrès à Paris, les activités de l’imprimerie et de la radio
fusionnent avec celles du cinéma au sein de
En octobre 1932 la
revue l’Imprimerie à l’École devient l’Éducateur Prolétarien, et
En 1935 Célestin et Elise Freinet ouvrent une école privée “prolétarienne” à Vence. Pendant le Front Populaire Freinet lance un “Front de l’Enfance” présidé par Romain Rolland, et s’adresse aux
parents pour promouvoir une méthode nouvelle d’éducation populaire. Il lance les Brochures d’Education Nouvelle Populaires (BENP).
En 1937 son école
accueille de nombreux enfants victimes de la guerre civile en Espagne. Une
école “Célestin Freinet” est ouverte à Barcelone par
Pendant la seconde guerre mondiale les activités du Mouvement
Freinet sont interrompues. Freinet est arrêté par la police de Vichy, interné
dans plusieurs camps, puis assigné en résidence dans les Hautes-Alpes. L’école
de Vence est fermée et saccagée. De nombreux adhérents de
A
Face aux calomnies lancées contre lui par le PCF Freinet et Élise quittent le Parti en 1948 après vingt-deux ans d’adhésion.
En 1949, c’est la sortie du film “l’École buissonnière” de J.P. Le Chanois, sur un scénario d’Élise Freinet, consacré au Freinet novateur et à l’affaire de St-Paul de Vence. Ce film populaire sera un succès et aura un énorme retentissement. C’est aussi l’année où paraît le livre Naissance d’une pédagogie populaire d’Elise Freinet.
De 1950 à 1954
une campagne virulente des staliniens contre Freinet tente sans succès de
déstabiliser l’ICEM et
En 1957 est créée
De nouvelles revues : Art enfantin en 1950, Techniques de vie en 1959, l’Educateur second degré en 1963, et bien d’autres... vont voir le jour.
En 1964 l’école Freinet est reconnue comme école expérimentale, et ses enseignants pris en charge par le ministère de l’Education Nationale. Sa renommée attire de nombreux stagiaires et visiteurs du monde entier, et s’y déroulent tous les étés des rencontres appelées “journées de Vence”, avec la participation de personnalités et de chercheurs du monde de l’éducation.
L’itinéraire de Freinet se poursuit jusqu’à sa disparition à 70 ans en 1966, sous le signe des méthodes naturelles et du tâtonnement expérimental, mais aussi des combats avec son Mouvement sur les conditions de travail (vingt-cinq élèves par classe dès 1953 !) et la défense de l’enfance et... de la paix.
Elise Freinet continue leur œuvre et assure la gestion de l’école jusqu’à son décès en 1981. Leur fille Madeleine Bens-Freinet l’assume jusqu’en 1991, date à laquelle l’école Freinet, rachetée par l’État, devient école publique d’État et fait désormais partie du patrimoine, avec de sérieuses garanties de reconnaissance de l’œuvre de Célestin et Elise Freinet.
Le Mouvement Freinet continue son
chemin, et L’ICEM adopte en 1968
Après 1981,
illusions et désillusions, déclin du militantisme associatif entraînent des
difficultés dans le Mouvement. En 1986
Aujourd’hui les classes coopératives de l’Ecole Moderne fonctionnent toujours avec les techniques de l’expression libre et du journal scolaire, de la correspondance interscolaire et des réseaux, avec l’apport des techniques modernes que sont l’informatique et l’internet, le fax, la vidéo...
Comme à ses origines, un même espoir en la liberté de l’enfant et en l’Homme anime les enseignants de l’ICEM, convaincus que la pédagogie de Freinet, vivante et généreuse, est porteuse d’une éducation populaire synonyme d’espoir et de modernité pour le 21ème siècle.
Texte tiré des écrits des
« Amis de Freinet » Henri Portier et Claude Guihaumé