Comment changer ma pratique ?

Les fondements théoriques de la pédagogie Freinet

 

 

Glossaire *

* Art enfantin - création

Cette expression, vulgarisée par Elise Freinet, s’inscrit dans le processus du tâtonnement expérimental et de la méthode naturelle où l’enfant est sujet et auteur de son devenir. Il ne peut naître que dans un climat de confiance et de liberté, dans des structures aidantes (milieu riche, matériaux, ateliers, coopération, libre choix des activités, …)

Valorisée par la bienveillance du maître, la présentation au groupe, la critique ouverte et positive, cette expression artistique peut atteindre une portée culturelle indéniable.

 

* Auto-organisation - Autogestion pédagogique

Système dans lequel les « enseignés » prennent en charge leur propre formation et la vie du groupe qu’ils constituent. Le groupe décide des techniques, des formes de travail, du rythme, élabore et applique un programme d’activités, institue ses lois et règle ses conflits. Le maître renonce à détenir seul le pouvoir de décision, mais demeure un élément fondamental du groupe-classe.

 

* Bibliothèque de travail (B.T) – voir aussi BTJ, BT 2, BT son

Créé en 1932, par Célestin Freinet pour proposer une brochure destinée au travail libre des enfants, au sein de leur classe coopérative. L’enfant doit pouvoir s’informer et avoir à sa disposition des documents qu’il puisse lire, comprendre et assimiler.  Document réalisé par les enfants, les jeunes des classes à partir  de leurs travaux et recherches.

Des évolutions, des adaptations ont vécu au fil du temps : BTJ pour le premier degré, BT2 pour le lycée, J Magazine pour la maternelle et cycle 2…

 

* Brevet

Technique utilisée pour rompre avec les examens et autres moyens de contrôle. On y trouve la non hiérarchisation des connaissances « intellectuelles » et « manuelles » ; la recherche constante pour amener l’enfant à une réussite ; le recours à des activités réelles qui ne sont pas spéciales au milieu scolaire ; l’appel à la créativité ; le contrôle du travail exécuté par la communauté scolaire organisée en coopérative.

 

* Conférence (appelée aussi  « exposé »)

Il s’agit de l’aboutissement de recherches sur un sujet d’étude choisi. Celle-ci est présentée à la classe. Elle implique des apprentissages multiples ; par l’engagement qu’elle impose, par la prise en considération des intérêts réels des enfants, pour développer la curiosité du monde. Elle s’inscrit dans la construction sociale de la classe par les échanges qu’elle provoque.

 

* Conseil

Institution de base de la classe coopérative évoluant vers l’autogestion. Les enfants y établissent leurs lois, règlent les conflits, examinent les propositions concernant les activités et les relations au sein du groupe. Ils peuvent y mettre au point leur plan de travail pour la semaine, discuter de leurs réalisations. …

 

* Coopération

Il s’agit d’un grands fondements de la pédagogie Freinet. La pédagogie coopérative repose sur trois composantes indissociables :

La confiance : relations entre membres de la communauté pour en faire des associés égaux ;

La responsabilité : à assumer vis-à-vis du groupe et de soi-même par le respect de la loi ;

Formation humaine et civique : vers un comportement d’individus libres et responsables.

 

* Coopérative scolaire

Les coopératives scolaires sont des sociétés d’élèves, gérées par eux avec le concours des maîtres, en vue d’activités communes. B. Profit crée les premières coopératives scolaires. Encouragé par les I.O en 1923, se constitue l’Office Central de la Coopération à l’Ecole (OCCE). Inspirées par un idéal de progrès humain, elles ont pour but l’éducation morale, civique et intellectuelle des coopérateurs, par la gestion de la société et le travail de ses membres.

 

* Correspondance scolaire

Née quand Freinet, ayant introduit le texte libre dans sa classe, sentit le besoin d’élargir le champ de ses expériences en échangeant les travaux de ses élèves avec ceux réalisés dans d’autres classes (1924). Elle repose sur la réciprocité dans l’échange et le respect du contrat librement déterminé. Elle peut être individuelle, ou/et collective. Ces échanges peuvent être très divers : lettres, journaux scolaires, dessins, enquêtes, colis, mutimédia….

 

* Création, recherche mathématique – calcul vivant

Le terme « Mathématique Vivante » est le successeur naturel du "Calcul Vivant".

Les recherches libres menées individuellement par les enfants ou/et collectivement, sont relatives à la vie des enfants selon leurs apports personnels ou les  évènements vécus dans la classe. L’enfant emprunte les pistes désirées en fonction des intérêts, des connaissances, de leur propre prospective. On construit sa propre mathématique, on acquiert une vision mathématique du monde qui nous entoure.

 

* Dessin libre

Mettre tous les moyens pour développer l’instinct qui pousse les enfants à dessiner. Pas de conseil à leur donner, pas de critique à leur faire, si ce n’est des remarques sur de gros défauts d’observation. Il  fut préconisé de cette manière par les Instructions Officielles de 1923.

 

* Entretien (appelé parfois « quoi de neuf ? »)

Il se pratique couramment comme « rassemblement du matin » ; c’est un temps initial, inscrit à l’emploi du temps, où les enfants s’expriment librement devant l’ensemble de la classe ; on parlera de moment d’expression-communication, de lieu de parole. …

Le  terme « quoi de neuf ? » est issu de la pédagogie institutionnelle. (T.F.P.I.)

 

* Etude du milieu

Moyen d’instruction et d’éducation mais aussi finalité de l’éducation. En effet, maîtriser les milieux grâce à leur connaissance, à leur étude, c’est accroître son pouvoir sur le réel sensible et sur les réalités économiques. C’est se construire en tant que sujet de connaissances des phénomènes, édifier sa propre autonomie par une toujours plus grande emprise sur le monde.

 

* Fichier auto-correctif

Il est destiné au travail individualisé et permet à chaque enfant d’avancer à son rythme en lui donnant son autonomie dans le choix du travail, dans sa réalisation et dans sa correction. Premier fichier créé par C. Freinet en 1931 (fichier de calcul)

L e fichier de travail coopératif (FTC) est un ensemble de fiches proposant aux enfants : des expériences, des réalisations, des pistes de recherche scientifique ; des activités manuelles diverses, des constructions ; des pistes de création, de recherches en mathématiques, français, musique, … ; des conseils et des documents pour l’étude du milieu.

 

* ICEM. - Institut Coopératif de l’École Moderne (Association 1901)

Créé par Célestin Freinet en 1947, rassemble des enseignants, praticiens et chercheurs, dans des actions de formation initiale et continue, de recherche pédagogique, de production d’outils et de documents. Reconnu d’utilité publique par Jeunesse et Sport en 1991, et agréé par le Ministère de l’Education Nationale comme organisme de formation en 1995. L’ICEM est organisé en groupes départementaux et chantiers/secteurs de travail.       

 

* Individualisation, personnalisation de l’enseignement

Mode d’enseignement fondé sur la prise en considération que les enfants sous tous différents, qu’ils présentent des caractéristiques propres. L’apprentissage individualisé met l’accent sur le diagnostic personnel et l’extension des éléments d’autodidaxie. Chaque enfant se voit assigner, en fonction de ses besoins et de ses aptitudes, un programme d’études composé de travaux, dont il s’acquittera tantôt seul, tantôt en groupe ; avec des moyens d’autocontrôle.

Personnaliser un enseignement, c’est tenir compte de l’individu, de ses capacités, de ses structures mentales, de ses intérêts et motivations, de ses besoins.

Mais « le travail individualisé n’a de sens que s’il est intégré à la vie sociale coopérative. » (C.Freinet)

 

 

* Journal scolaire

Lancé en France par Freinet en 1926, c’est un outil de libre expression composé de textes libres, de compte-rendus, de témoignages de la vie de la classe. Il est édité coopérativement et réalisé par différents procédés d’impression. Outil d’information, support de création, véhicule de pensée, initiation à l’opinion, véritable auxiliaire de l’ouverture de l’école. … Il peut prendre diverses formes : mural, multimédia, …

 

* Libre expression, libre activité

Il n’y a pas de but déclaré à cette pratique de l’expression non encadrée, non dirigée, non conditionnée. De nombreuses acquisitions n’en sont pas moins présentes, car on ne multiplie pas les expériences sans qu’il en reste des traces ; mais elles sont plus diffuses, plus étendues, plus complexes. C’est sans aucun doute les lancer à la conquête d’eux-mêmes.

 

* Livrets programmés

Ils permettent aux enfants de travailler individuellement sur des situations mathématiques courantes, en respectant au maximum les divers modes de raisonnement.

Ils sont programmés, ce qui permet aux enfants d’interpréter et de résoudre une situation complexe : rôle de la trace dans le tâtonnement expérimental permettant l’apprentissage. 

Ils sont autocorrectfs : l’enfant y trouve soit une aide pour continuer son travail, soit la réponse, avec le ou les raisonnements qui permettent d’arriver à cette réponse.

 

* Matérialisme scolaire

Il est à la base de la production d’outils, tels l’imprimerie, le fichier scolaire, les bibliothèques de travail, … Il conditionne les activités par la recherche d’un milieu scolaire adapté : recherche de structures, techniques, outils, matériaux permettant les apprentissages. 

 

* Méthode naturelle

Un des principes fondamentaux de la pédagogie Freinet. Les apprentissages, se construisent selon une démarche naturelle, conforme à l'humain. La pédagogie doit adapter ses pratiques pour qu'elles soient à la convenance de la nature de l'enfant et de certaines nécessités

La nature ne s'oppose pas  la culture : la nature développe le potentiel de la culture.

 

* Part du maître

Cette expression apparaît sous la plume d’Elise Freinet qui assure dans la revue « L’Educateur » une rubrique axée sur la part du maître et la part de l’enfant

Contrairement à quelques idées reçues qui voudrait que la pédagogie Freinet soit une pédagogie du laisser-faire, il est souligné par cette expression que le maître a à assumer sa part, celle d’un adulte doté d’un statut différent de celui de l’enfant et responsable de l’organisation du milieu de vie et du travail des enfants à l’école

 

* P.E.M.F. - Publications de l’Ecole Moderne Française

Elles publient, entre autres, les divers outils (fichiers, livrets, documentaires…) et revues de la pédagogie Freinet ; elles publient également d’autres outils.

 

* Plan de travail

Cet outil a été vulgarisé en France par Célestin Freinet et largement utilisé lors de séances de travail individualisé. Il peut être hebdomaire,individuel et/ou collectif.

Le plan de travail individuel permet aux enfants d’auto-organiser leurs activités (prévision, suivi, bilan).

Le plan de travail collectif constitue l’emploi du temps de la classe. Il fixe les apprentissages individuels, collectifs, les diverses activités, le conseil …

 

* Responsabilités (appelées parfois « métiers )

Les enfants apprennent à assumer la responsabilité de leurs actes (responsabilité morale), ils peuvent également apprendre à « prendre des responsabilités » (responsabilités sociales) devant les autres. C’est une charge assumée qui renvoie à des capacités de décision.

 

* Tâtonnement expérimental

Tout individu, placé dans un milieu matériel et humain favorable, cherche à connaître par tâtonnement, c’est-à-dire par essais, analyse, hypothèse, vérification individuelle et collective. Ainsi, il construit, intègre son savoir par les voies qui lui sont propres. Il intègre les notions de plaisir et de réussite, en tant que facteurs laissant une trace profonde, en se basant sur la non-dissociation de l’affectif et de l’intellectuel, dans l’apprentissage et le développement global de l’être.

L’acte réussi laisse dans notre comportement vital une trace plus ou moins nette selon l’importance de l’expérience et la perméabilité de notre nature sensible. Cette expérience réussie tend à se reproduire pour se transformer en règle de vie.

 

* Texte libre

L’enfant  écrit ce qu'il veut, quand il veut, sous la forme qu'il veut.  Ce morceau de vie, cette expression directe de la pensée intime de l’enfant, du jeune peuvent être explicités,.affinés au cours d'échanges critiques, de confrontations. Toute intervention s’inscrit dans la sensibilité et la vérité du texte. Il ne porte tous ses fruits par la correspondance, le journal scolaire, …qui ajoutent à cette technique de construction vivante de la langue une dimension sociale et humaine.

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