LE TRAVAIL EN GROUPE

 

J'ai commencé en maternelle grande section : il y avait tous les jours des moments d'ateliers. Puis j'ai mis en place le Conseil de coopérative. Le « Quoi de Neuf ? » et le Conseil font naître et permettent de gérer des projets individuels ou de groupe.

Les avantages

Les enfants ne se lanceraient pas seuls dans la réalisation de certains projets. Ils peuvent prendre leur place au sein du groupe et retrouvent une image positive d'eux-mêmes et de l'école.

La confrontation des points de vue enrichit les positions mutuelles et résout certains problèmes. Le nombre d'interactions lors de travaux de groupes ou de situation d'entraide va augmenter le nombre de relations duelles.  Le modèle d'un pair est souvent plus accessible que celui de l'enseignant.

Et l'enseignant libéré du groupe est disponible pour entrer en relation privilégiée avec certains enfants.

Les inconvénients

Si les enfants n'adhèrent pas au projet, le groupe peut devenir bruyant ou incontrôlable : c’est peut-être l'expression d'un refus qui se manifeste par du chahut.

Si le groupe a une mauvaise dynamique, ou si deux leaders s'affrontent, la production peut être nulle ou l'activité du groupe très perturbée par les conflits.

Ceux qui restent en marge ont du mal à trouver des personnes avec qui travailler ; parfois aussi, lorsqu'ils n'arrivent pas à trouver leur place pendant le travail, ils finissent par s'amuser...

Les projets du groupe peuvent parfois s'éloigner notablement des programmes officiels.

Il faut aussi se méfier d'une éventuelle dérive "collectiviste" : le groupe fonctionne d'autant mieux que ses membres auront choisi ou accepté d'y participer. Le groupe ne doit pas être la négation de l'individu.

Le rôle de l’enseignant

L'enseignant garde un pouvoir de veto lorsque les projets proposés ne permettent pas de rester dans le cadre des instructions officielles.

Il lui faut aussi réfléchir à la composition du groupe : il peut y avoir des problèmes de leadership. Face à des problèmes relationnels, la part du maître est déterminante. Son statut lui confère la possibilité de régler certains différends en effectuant un arbitrage, en prenant des décisions au nom du groupe, ou en proposant d'autres pistes pour éviter les tensions.

Hétérogénéité ou homogénéité ? Recherche-t-on des niveaux différents pour faire jouer l'entraide ou des niveaux proches pour répondre à un même besoin ? En fait, dans le cas du groupe de besoin, c'est généralement l'adulte qui assure la connaissance, le pouvoir, qui reste la référence. Pour la formation de groupes hétérogènes pour mettre en oeuvre la relation d'entraide, l'adulte permet aux enfants de s'associer en fonction de leurs affinités; autrement, les conflits paralyseraient les apprentissages au sein du groupe. Ces groupes-là fonctionnent de manière autonome, mais en instaurant un contrôle à l'issue du travail. On ne peut donner l'autonomie à un groupe s'il ne lui est pas demandé de rendre des comptes ensuite.

Il lui faut écouter les élèves : cela permet de donner des impulsions créatrices à certains groupes, et de valoriser des individus, permettant ainsi leur épanouissement. Par exemple, au « Quoi de Neuf ? », une enfant présente des travaux en peinture sur soie et l'autre parle de ses plongées. Il est proposé à la classe un atelier de peinture sur soie. Le Conseil décide l'achat du matériel nécessaire. L’enseignant demande à l'élève passionnée de plongée de faire un dessin sur ce thème. L'idée est mise en oeuvre et éveille l'enthousiasme de tous. Elle devient un panneau coopératif, une oeuvre commune.

L'adulte intervient en allant d'un groupe à l'autre : cette présence est rassurante. S'il y a des blocages, il intervient à un niveau didactique (aide sur un problème, proposition pour enrichir le projet, petites corrections, ...) et à un niveau relationnel (gestion des éventuels conflits, observation des enfants non intégrés pour recadrage éventuel dans les activités).  

Le retour au groupe, sous forme de bilan ou de présentation est très important. L'adulte en assure la régulation. Il protège les individus confrontés à la critique du groupe-classe. Cette critique est importante, et permet une amélioration du projet, mais il faut s'assurer qu'elle soit respectueuse de l'individu. On ne remet pas en cause une personne, mais une production. Les enfants vont ainsi peu à peu souligner ce qui est positif, pointer les éventuels défauts, proposer des pistes possibles pour perfectionner la production.

 L’adulte aide à la gestion du projet pour qu'il aboutisse : si l'enthousiasme d'un groupe peut être grand au départ, la démobilisation peut être rapide si les élèves s'aperçoivent qu'ils ont travaillé pour rien.

 

Le travail en groupe coopératif permet la prise en compte de l'individu, de ses projets, de son rythme propre, sa socialisation, et la mise en place de stratégies d'apprentissages diversifiées. .


Florence Saint-Luc

 

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