Individualisation du travail

 

 

LE PLAN DE TRAVAIL

C’est quoi ?

C'est une simple feuille de papier sur laquelle chaque élève organise ses apprentissages à son rythme: les prévoit (outil prévisionnel), les suivre et en faire le point (outil de bilan). Cela équivaut à un contrat de travail pour une durée donnée: l'enfant apprendra à organiser son travail, à se structurer dans le temps (sa capacité de travail en un temps donné),  à tendre vers l'autonomie, à s'évaluer, avec ou sans l’aide du maître.

 

Quand ?

Le « plan de travail » peut être rempli toutes les semaines ou tous les quinze jours. Au début de l'année, le maître peut aider l'enfant à remplir son plan de travail à le compléter au cours de la semaine chaque fois qu'un travail est fait et corrigé.

 

Où ?

Le « plan de travail » sera collé dans le cahier de travail personnel en début de période (1 ou 2 semaines) ; pour ce faire une partie de l'emploi du temps est consacrée à son élaboration et à son bilan.

 

Evaluation

Le « plan de travail » est vérifié en fin de contrat : il peut y avoir un système de points ou de couleurs pour évaluer les apprentissages.

Il est fait en fonction des travaux possibles dans la classe et de la liste organisée des apprentissages et des brevets ou évaluations à réussir qui est affichée en classe (tableaux synthétiques, plans de travail collectif).

La mise en commun permet d'organiser une partie de l'emploi du temps de la classe prévisions de leçons collectives, exposés, sorties : c’est l’élaboration du plan de travail collectif.

 

 Patrick Aslanian

 

 

Dans la classe de Michel Migliaccio

 

Plan de travail en français et mathématique : utilisé sur 2 semaines - en réalité 8 jours. Une séance par jour de travail individuel de 1 heure, quelquefois plus ou moins. pas de séance le samedi.

C'est un moment de libre accès aux savoirs. L'enfant élabore son propre projet de travail. L’autonomie va avec un contrat et des règles. Il y a d'abord   un contrat indicatif, puis ils élaborent leur propre contrat. La feuille change tous les 15 jours, alors que d’autres ne changent pas de feuille tant que le contrat n’est pas terminé.

Les activités sont très variées parce qu’il y a une somme d’outils très importante. Avec 30 élèves, c’est possible, mais usant. Avec 28 élèves, je suis très sollicité, et par moment, je mets une pancarte « occupé » deux ou trois minutes pour récupérer. Il y a des réseaux d’entraide, mais je suis très pris quand même. Il y a un planning métallique avec des petites étiquettes pour demander de l’aide au maître ; ils sont appelés 1 par 1. Il y a aussi des plannings pour la correction. Quelquefois, j’anime des groupes de besoin, quand il se fait sentir fortement, par exemple sur les additions à virgules. J’ai une classe très hétérogène.

En bas du plan, ils écrivent leurs remarques, ce qu’ils n’ont pas atteint, et ils écrivent le nombre de travaux réalisés. Je ramasse les cahiers tous les 15 jours. Cette année, à 28, je n’ai pas réussi à le faire tout le temps. Tous les soirs, j’ai une heure de correction: préparation de tests, textes. Les fiches, par contre, sont auto-correctives. Je corrige leurs textes libres. Ils ont d’autres projets sur le deuxième plan, le plan de travail personnel.

J’ai un cahier unique en classe : le cahier de classe. C’est un petit cahier.

Il y a une case réseau d’aides en français et en math. Les enfants qui aident se notent dans cette case. Ceux qui sont aidés se notent dans la case de la matière choisie.

Les enfants choisissent l’enfant qui aide : en général, c’est quelqu’un qui est en avance. Il y a des enfants qui refusent d’aider. Certains ne sont pas forcément en avance, mais aiment aider.

Je leur demande d’aider : pas sur le test, mais seulement sur la fiche.

Il y en a qui sont aidés par les pairs, mais échouent ; ils viennent ensuite demander de l’aide au maître.

Sur 2 semaines, le nombre de travaux varie de 6 à 25. Je fais un bilan trimestriel ; il y a une case "plan de travail ", et j’apprécie de très satisfaisant à très insuffisant.

Le deuxième plan de travail est personnel.

Je ne veux pas pénaliser les enfants lents en français et en maths par rapport aux activités d’éveil. Sur les 3/4 de temps où j’ai les enfants en charge, j’utilise ce plan de travail pour les exposés, les projets personnels, le théâtre, la BCD, les ateliers de constructions technologiques, les échecs, la correspondance ( cependant, ils peuvent écrire aussi en temps de travail personnel). En travail individuel, personne ne dit "Je ne sais pas quoi faire". Par contre, en temps de projets personnels, il y en a qui ne savent pas comment s’occuper. Peut-être leur est-il difficile de choisir face au vide.

Une de mes élèves est en train de réaliser un livre. Un autre lit. A ces moments-là, il y a peu d’élèves dans la classe. Ceux qui restent ont des activités très calmes. J’aimerais avoir deux périodes de ce type par semaine, mais pour l’instant, je continue à faire de l’histoire - géographie collectivement.

Je l’ai fait seul, mais avec les intervenants, c’est beaucoup plus facile.

C’est aussi plus facile s’il y a multiplicité des locaux. C’est à ce moment qu’ils assument leurs responsabilités. Je fais les ateliers arts plastiques une fois par semaine, soit avec les parents, soit en échange de service, soit dans le cadre d’un Projet d’Action Educative.

Il y a quelques enfants accompagnateurs et médiateurs.

Le président de ma classe est la sagesse personnifiée : il est reconnu par tous.

Il y a un temps de retour à la classe : ils présentent l’ensemble de leurs travaux.

Ils sont obligés d’avoir une activité. Il y a des périodes où je leur ai demandé d’écrire chacun sur feuille leur projet personnel.

Le deuxième plan de travail est venu quelques années après le premier.

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