Pourquoi changer sa pédagogie ?
Pourquoi j'ai
choisi
Si je devais résumer en un
premier mot, je mettrais en avant celui de COHÉRENCE.
Car à mon avis, on ne peut avoir deux logiques, l'une "civile" et
l'autre "professionnelle". On ne peut d'un côté, en tant qu'individu,
réclamer sa propre liberté, sa propre citoyenneté, sa propre responsabilité, en
un mot sa propre reconnaissance, et d'un autre côté la refuser aux autres,
fussent-ils des enfants.
Avec le recul, je mettrais en second le mot de POUVOIR. Ou plutôt partage du pouvoir. Celui que nous avons en classe […]. On essaie de faire votre bonheur, les enfants, (ou les jeunes, ou les lycéens, enfin bref, la jeunesse de notre pays), on s'y emploie. Malgré vous. […] C'est peut-être aussi pour ça que j'ai cherché une autre pédagogie : pour ne pas tricher sur le triangle SYSTEME, AGENTS, USAGERS... Car le partage du pouvoir est une vraie peur. Je crois même que c'est la seule vraie, dans notre métier farci d'anxiogènes. C'est dangereux, un pouvoir partagé, c'est la multiplicité des solutions. L'effritement du socle où l'on s'accroche. Toute une classe qui peut dire, contester, parce qu'elle en a le droit, c'est l'enfer pour nombre d'enseignants.
[…] J’étais un peu seul dans les pré-Pyrénées. ACTI (réseau minitel des classes Freinet) a bouleversé bien des choses dans mon univers pédagogique. Fini, le mouton à cinq pattes. Tout plein d'hurluberlus comme moi à portée de clavier, presque à portée de voix. Je n'étais plus seul, il y en avait beaucoup d'autres. Et c'est le troisième mot que je voudrais mettre en exergue : le mot de COOPERATION. Entraide, solidarité.
Finalement, voilà la réponse en trois mots : COHERENCE, partage du POUVOIR, COOPERATION.
Michel Barrios