RESOLUTION DU PARLEMENT EUROPEEN A PROPOS DU FORUM MONDIAL POUR L’EDUCATION (résolution B5-355/00/COMP)

 

 

Le parlement européen :

A.     Considérant la conférence sur l’instruction pour tous qui s’est tenue à Jomtien en 1990 ; dans laquelle les gouvernements se sont engagés à fournir un accès à l’instruction pour tous d’ici 2000, la révision quinquennale de la conférence sur l’instruction  d’Amman en 1995, ainsi que le sommet mondial pour le développement social de Copenhague en 1995, dans lequel les gouvernements ont renvoyé à 2005 l’objectif de l’égalité des sexes et celui de l’instruction élémentaire universelle à 2015

B.     Considérant la déclaration universelle des droits de l’homme et la Convention sur le droit des enfants, toutes les deux juridiquement liées et qui obligent les gouvernements à fournir un enseignement gratuit

C.     Considérant que la réalisation des objectifs internationaux de développement de l’instruction est une condition sine qua non pour atteindre les objectifs relatifs à la santé et diminuer le nombre de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté avant 2015.

D.     Considérant que l’alphabétisation et l’instruction représentent les fondements de la démocratie et d’un bon gouvernement, et que sans l’accès à un enseignant de qualité, une société démocratique ne peut prospérer.

E.      Considérant le Forum mondial sur l’éducation qui se tiendra à Dakar du 26 au 28 Avril 2000

F.      Considérant que 125 millions d’enfants ne sont pas scolarisés et que 880 millions d’adultes sont analphabètes.

G.     Considérant que les 2/3 des enfants non scolarisés sont des fillettes.

H.     Considérant que l’instruction est un droit humain fondamental et que les gouvernements doivent l’assurer

I.        Considérant que les programmes d’aide communautaires et les états membres de l’UE constituent le principal groupe de donateurs.

J.       Considérant que les donateurs ne destinent en moyenne que 2% des dépenses officielles d’assistance au développement de l’instruction élémentaire, un montant bien inférieur à ce qui serait nécessaire pour financer l’instruction pour tous.

K.    Considérant que la nouvelle convention CP-UE définit un rôle clair pour la société civile dans les processus de développement nationaux  de développement

 

  1.       Invite la commission à garantir qu’elle sera représentée au plus haut niveau politique au Forum mondial de l’éducation de Dakar pour qu’ainsi ces engagements en faveur de l’enseignement élémentaire aillent de pair avec son engagement dans la volonté de conférer une priorité majeure à l’instruction élémentaire dans les pays en voie de développement.

  2.       Invite la commission et les états membres à garantir que leur aide en faveur de l’instruction élémentaire sera suffisante pour assurer que nul pays en voie de développement qui se sera employé à atteindre son objectif d’instruction pour tous, ne pourra y parvenir par manque de fonds.

  Ceci implique que la dotation du bilan 2001 pour le secteur élémentaire devra être au moins doublé.

3.     Invite la commission et les états membres à encourager les pays en voie de développement présents au Forum mondial pour l’instruction, à consacrer une grande part de leur budget national à l’instruction élémentaire et à  répartir de façon équitable le budget destiné à l’enseignement.

4.     Invite la Commission et les états membres présents à Dakar à soutenir l’élaboration des plans nationaux pour l’instruction qui incluent des dispositifs clairs et s’engagent à une consultation régulière de la société civile.

5.    Invite la Commission à coordonner efficacement l’aide bilatérale des états membres avec les politiques pour l’éducation,  garantissant ainsi que les pays en voie de développement ne gaspillent pas de précieuses ressources en répondant aux exigences des donateurs.

6.    Invite la Commission et les états membres à accomplir des efforts particuliers pour assurer que la différence entre les sexes sur le plan de l’instruction soit surmontée d’ici à 2005.

7.      Exhorte la commission à respecter son engagement auprès du Parlement européen de présenter une communication sur les droits des enfants incluant une section :  politique de développement centrée sur l’enfant.

8.      Invite les états membres à concéder une généreuse remise de dettes aux pays ayant consenti des efforts importants pour financer l’instruction pour tous.

9.      Invite le FMI et la banque mondiale à assurer que leur politique ne mettra pas en  danger l’égalité et la responsabilité dans le domaine de l’éducation.

Les politiques du FMI et de la Banque mondiale ne doivent absolument pas empêcher les gouvernements d’atteindre les objectifs internationaux de développement.

10.  Invite l’UNESCO à travailler avec les pays en voie de développement et les différents donateurs pour élaborer des objectifs qualitatifs efficaces dans des secteurs tels que la formation des enseignants, l’élaboration des programmes et l’égalité des sexes.

11. Charge sa présidente de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, aux parlementaires des états membres , à l’UNESCO, au PNUD, à la FNUAD, à l’UNICEF, au FMI et à la Banque mondiale.

Dix ans après Jomtien, où s’est tenue la dernière Conférence mondiale sur l’éducation pour tous, il se révèle plus que jamais nécessaire de procéder à une évaluation exhaustive de ce qui a été réalisé dans le monde en matière d’éducation, en évaluant scrupuleusement les innovations et les processus de modernisation de l’enseignement d‘un côté et les bouleversements économiques de l’autre, des phénomènes qui ont parfois agit à contre sens posant une sérieuse hypothèque sur les résultats obtenus.