Appel en faveur des établissements
scolaires innovants coopératifs
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| Le préambule | |
| Fiche pour signatures |
Appel
en faveur des établissements scolaires innovants coopératifs
Dans toute la
France, des équipes travaillent à mettre en uvre des établissements scolaires
innovants coopératifs. Quelques établissements fonctionnent déjà comme, par
exemple, pour les collèges-lycées, à Bordeaux, Brest, Hérouville-Saint-Clair, Le Mans,
Oléron, Paris, Saint-Martin-Valmeroux, Saint-Nazaire et, pour
le primaire, comme à Saint-Ouen-lAumône ou
dans le cadre du réseau des équipes pédagogiques
ICEM-pédagogie Freinet. Dautres restent, bien quà des stades très
divers délaboration, toujours en projet : à Oléron
(17), Trégor, Saint-Brieuc (22), Rennes (35), Grenoble (38), Aizenay, Nantes (44),
Miramont-de-Guyenne (47), Lorient, Vannes (56), Lyon, Oullins (69), Paris (75), Orange
(84), Aizenay (85), Châtellerault (86), Longjumeau (91), Montrouge (92) et
Garges-lès-Gonesse (95)[1].
Linnovation à
caractère coopératif au sein du système éducatif apparaît plus que jamais nécessaire
mais, il semble que, depuis les dernières élections législatives, elle ait été
reléguée. Ces équipes souhaitent donc que les instances de lÉducation Nationale
(Ministère, Rectorats, Inspections Académiques, syndicats) sengagent à la
promouvoir. Elles souhaitent aussi que lopinion publique, les responsables
politiques et syndicaux se mobilisent en sa faveur.
Les propositions
de ces équipes reposent sur la volonté dassurer lintégration et de
développer la responsabilité, lautonomie et lesprit critique. Ces valeurs
sont fondatrices dune société de justice, libre et
fraternelle. La concrétisation de ces valeurs passe par la coopération entre
élèves, enseignants et parents, et des méthodes dapprentissages où lélève
est acteur de sa formation.
Cette pratique ne
peut être mise en uvre à cause de lorganisation du système actuel.
Un autre modèle décole
existe qui propose dindispensables innovations sur les plans pédagogiques et institutionnels tout en conservant les
dotations horaires actuelles. Il est impératif de pouvoir lexpérimenter et le
diffuser.
Ce modèle,
donnant loccasion dune véritable liaison entre la recherche universitaire
et les pratiques
pédagogiques, constitue une des voies inexplorées de réforme.
Nous sommes
attachés à une école valorisant chacun comme bâtissant son futur pour y devenir une
personne autonome et responsable.
Nous proposons
pour cela :
- lapprentissage,
dans létablissement, de la vie collective et sociale.
- lapprentissage
des savoirs, personnel à chaque élève, et ce, dans un cadre coopératif.
Cela signifie une
pédagogie active mettant en uvre :
- une éducation
favorisant et reliant entre elles toutes les approches (artistique, linguistique,
littéraire, manuelle, philosophique, scientifique, sportive, technique).
- la construction
des connaissances dans le cadre de projets collectifs et individuels.
- le tâtonnement
expérimental.
- une construction
de la citoyenneté par la mise en place dune coopération créative.
- lévaluation
formative, la co-formation, lauto-évaluation.
Cela suppose :
- un aménagement
des niveaux pour dissocier classes dâge et classes dapprentissage ; un
enseignement permettant un parcours personnel à chaque élève dans le cadre des
programmes officiels.
- la constitution
déquipes denseignant-e-s, éducateur/trice-s, parents, chercheur/euse-s
réunis autour dun projet cohérent au sein dune école, dun
établissement.
- lancrage
de lécole dans son environnement social et culturel et son ouverture au monde.
Pour
vivre en cohérence au sein dun service public de qualité, pour y réussir ces
projets coopératifs, certaines conditions sont nécessaires :
§
Ladhésion
préalable des enseignant-e-s au projet pédagogique et la participation au mouvement
respectant les critères du barème.
§
La
co-responsabilité de léquipe éducative dans le fonctionnement de létablissement.
§
Un lieu
spécifique par établissement, à taille raisonnable et, de préférence, dans un cadre
architectural adapté.
§
Des équipes
fonctionnant en réseau.
Nous revendiquons,
pour ces projets, le droit dexister et dêtre considérés comme constituants
du Service Public dEducation, au même titre que tous les projets décole ou détablissement.
Ces équipes
coopératives se donnent, entre autres buts, la diffusion de leurs pratiques et
fonctionnements.
À cet effet,
elles assurent le strict respect de la mixité sociale lors de linscription des
élèves. Simultanément, elles veulent que leurs parents aient pu librement adhérer au
projet. Pour cela, elles déterminent, avec linstitution, des critères de
recrutement spécifique sur une aire sinscrivant dans la carte scolaire.
Elles demandent
également des budgets équivalents à ceux des autres établissements.
Elles sont, par
essence, en situation de recherche et, de ce fait, constituent des lieux permanents de
co-formation pour chacun de leurs membres.
Par ailleurs, ces
équipes doivent pouvoir être des lieux daccueil négocié pour la recherche et
pour la formation initiale ou continue dans le cadre des plans de formation. Pour cela,
elles doivent pouvoir bénéficier du statut de formateur collectif associé.
Lévaluation
du projet, inscrite dans le temps, est nécessaire et doit faire lobjet dun
contrat entre les acteurs du projet et linstitution. Cette évaluation concertée
intègre les productions écrites de léquipe, ses recherches, ses travaux avec les
partenaires, mouvements pédagogiques et universitaires. Ses résultats seront diffusés.
Nous souhaitons
que les instances paritaires de lEducation Nationale (Ministère, Rectorats,
Inspections académiques et syndicats) se penchent sur :
- la résolution
de la contradiction actuelle entre la répartition rigide de la dotation horaire centrée
sur lidée de gestion et la constitution déquipes centrée sur la
coopération.
- la
pérennisation des projets sur des bases contractuelles.
- la liaison
effective entre tous les niveaux de la hiérarchie scolaire et les collectivités
territoriales concernées.
Ceci permettra de
concevoir des procédures communes, officielles, reconnues de tous.
Nous
postulons que ces pratiques éducatives peuvent participer efficacement à la lutte contre
les violences et les exclusions et nous nous étonnons de lignorance des instances
éducatives à leur égard.
Cest
pourquoi nous en appelons aux parents, aux professionnels
de
léducation et à tous ceux que ces questions passionnent.
Nous
comptons sur leur mobilisation pour obtenir lindispensable prise de conscience
[1] Nous ne pouvons, dans cette introduction, détailler davantage, faute de place.